Agglomération chalonnaise

Le refuge de la SPA doit vivre, c’est un service public !

Appel aux secours des dirigeants de la SPA entendu par deux élus du Chalonnais, Marie Mercier, sénatrice de Saône-et-Loire et Vincent Bergeret, maire de Châtenoy-le-Royal et Conseiller départemental.

Récemment un membre de la Société Protectrice des Animaux, Dominique Sparhubert, du refuge Ernest Lhenry de Châtenoy-le-Royal, adressait une lettre ouverte aux élus du Chalonnais, et ce dans nos colonnes ( rubrique Opinion du 22 février 2019), les invitant à faire perdurer l’activité du refuge. Face à cette interpellation deux de ces élus ont tenu à réagir rapidement et à mettre en avant leurs points de vue sur le devenir du refuge Châtenoyen.

Une réaction qui n’est pas surprenante de la part de la Sénatrice Marie Mercier, mais aussi du maire de Châtenoy le Royal, Vincent Bergeret. Tous deux sont venus, ce samedi 23 février 2019, à la rencontre de la présidente de l’association, Martine Herve-Tardy et de la vice-présidente, Rachel Jaillet.

Des dépenses incompressibles

Le contexte est connu, le refuge de la SPA est en difficultés financières latentes liés à différents facteurs, parmi lesquels :
- l’arrêt des contrats aidés qui impactent désormais la masse salariale composée de six salariés en CDI ( 4 pour le travail sur le terrain et 2 pour l’administration), sachant que la SPA est fonctionnelle 7/7 jours.
- l’application d’une Convention Collective Nationale au même titre que les entreprise de Vente et des Services des animaux familiers, ce qui peut être surprenant pour une telle association.
- la SPA, association Loi 1901, reconnue d’utilité publique, est donc considérée comme une entreprise à part entière et se doit de ce fait la garantie d’une mutuelle à son personnel.
la gestion des animaux est de plus en plus importante au regard des abandons ou des reproductions sauvages, entrainant des frais supplémentaires, dont des frais vétérinaires ( 50% du cout d’exploitation en 2017). Deux chiffres interpellent en dépenses au regard le bilan 2017 (2018 est en cours) : les salaires et charges sociales pour 279138 € et les frais d’exploitation pour 108 816 €. On voit ainsi l’importance du budget.

Un manque de recettes évident

La contrepartie Recettes est loin d’amortir ces dépenses puisque là aussi deux chiffres interpellent : les recettes d’exploitation pour 261 329 € et les produits exceptionnels ( legs et dons) pour 25 844 €.
Dans les recettes d’exploitation, des contrats fourrière sont passés avec les 185 communes que couvre le Refuge Ernest Lhenry de Châtenoy-le-Royal et son rapport est de 116 956 € ( chiffre 2017).
En 2018 il semblerait que certaines communes n’aient pas encore régularisé leur participation et la direction de la SPA lance un appel urgent. Cette participation est calculée sur la base d’un tarif applicable annuellement. En 2017 il aurait été de 0,50 centimes par habitant.
Par ailleurs une subvention est versée par des collectivités locales dont le Conseil Départemental (7000 €) alors que la compétence est désormais assurée par le Conseil Régional lequel n’a absolument rien fait jusqu’à présent. La aussi une explication est demandée.

La réaction des deux élus châtenoyens

Pour Marie Mercier, sénatrice et Vincent Bergeret, maire et Conseiller Départemental, cette situation est incompréhensible. Nommément désignés dans la lettre ouverte ils ont tenu à réagir immédiatement et faire part de leurs réflexions en apportant leur soutien au refuge :
« La SPA est un service public qui s’appuie sur la responsabilité de bénévoles et qui est traitée comme une entreprise. Il n’est pas normal que des dons reçus soient gérés sur le plan national. Il serait bien de revoir le fondement de la SPA sur le plan national pour les dons comme pour la gestion.
Les contrats fourrière, comme les subventions, sont payés en finalité par le contribuable et sur le refuge de Châtenoy-le-Royal ils représentent 47% des recettes. C’est énorme comme soutien à une association et il est absolument anormal que la Région ne respecte pas sa compétence.
Il faut aider la SPA à survivre et à vivre et ne pas hésiter à faire des dons directement au refuge. Il faut interpeller les maires qui n’ont pas encore réglé la redevance fourrière et surtout comprendre que le refuge est un lieu de bien-être pour l’animal souvent abandonné. Tout cela à un coût pour le refuge et la collectivité. C’est pour cela que nous avons voulu réagir rapidement et soutenir le refuge.» ont souligné unanimement les deux élus.

Se responsabiliser avec un animal

Il est vrai que le refuge de la SPA est le lieu ou l’animal, souvent abandonné, peut retrouver un maitre. mais en amont ne faut-il pas se poser la question des causes de cet abandon. Soit parce que le petit chaton ou chiot, mignon et adorable, a été adopté pour faire plaisir « au petit » pour lui faire une peluche vivante, sans penser qu’un jour cette peluche sera adulte ( comme le petit) et cherchera à vivre sa vie (comme le petit) au milieu de son univers d’humains, mais pas pour finir dans un espace clos de la SPA.
Lieu de refuge aussi pour l’animal dangereux, parce que sa race est ainsi faite et que parfois l’homme n’a pas su le contenir et conserver son aspect féroce. Conséquence l’animal finit ses jours au refuge. C’est ainsi que notre Société prend à nouveau en charge «  un errant » qui sera un jour euthanasié en ayant couté à la SPA des frais d’alimentation, de vétérinaires tout en occupant une place dans une refuge débordant.
Visiblement la visite responsable des deux élus du Chalonnais leur a permis, une nouvelle fois, de prendre conscience de la nécessite de sauvegarder ce refuge, mais il appartient à la collectivité des habitants des 185 communes de sentir mobilisé, tout comme la Région, avec plus de générosité et de civisme au regard des animaux dit « de compagnie » ou de confort.

JC Reynaud

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche