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Les avocats et magistrats du TGI de Chalon bien vivants pour l’événement de la manifestation nationale « justice morte »

Ils partirent à 7 ce mercredi 11 avril au matin, mais par un prompt renfort ils se virent 7 000 en arrivant à Paris : les avocats du barreau de Chalon et leur bâtonnier y ont retrouvé des confrères et des consœurs de tous les barreaux de France, ainsi que de nombreux magistrats (ils ont pu croiser les présidents Brugère et Podevin de la cour d’appel de Dijon qui siègent aussi à la cour d’assises de Saône-et-Loire, sise au TGI de Chalon), et des greffiers.

Cette mobilisation nationale est un succès : pas question de céder à des diktats uniquement guidés par l’intérêt économique sans considération pour les personnes et pour leurs droits. Pas question de privatiser la justice, comme on a déjà privatisé à coups de sous-traitants de nombreux services publics, pas question d’aggraver encore les considérations de  « productivité » au détriment à la fois des professionnels (qui en souffrent déjà, vu les effectifs à flux tendu partout) et des justiciables, comme on le fait partout où on peut le faire (et dont témoignent bien les personnels de santé). Pas question de cesser de se parler, de dialoguer : « une mobilisation unitaire où l’on a rencontré beaucoup de barreaux de tout le pays. Les confrères se sont mobilisés et ont trouvé les moyens pour venir à ce rassemblement porter les intérêts tant de nos professions que des justiciables », témoigne en fin de journée maître Ravat-Sandre, bâtonnier du barreau de Chalon.

Un événement

Cette mobilisation nationale est un événement : toutes les professions se trouvent solidairement unies dans un regard politique qui échappe aux partis. Il n’est pas question de « droite » ou de « gauche », il est question de sauver les bases de pratiques qui ont à perdre leur sens même dès l’instant où on les déconnecte, où on les coupe, de ce qui les anime. Selon qu’on est juge, parquetier ou avocat le regard change, mais tous ces professionnels du droit sont bien conscients de la gravité à laisser « manager » leurs métiers comme on gérerait des têtes de gondole en hypermarché. On aurait tort d’y voir des pudeurs de nantis ou d’intellectuels : il s’agit bien de défendre une institution, et, avec elle, la civilisation qu’elle contribue à maintenir. "A un moment donné, les magistrats se sont rassemblés et ont remonté le cortège, témoigne une des avocates chalonnaises qui manifestait. Tout le monde les a applaudis et les gens criaient 'on vous soutient'."

« Cheminotte en robe noire »

L’idée qui subsume les différentes facettes des réformes décidées par le gouvernement, c’est qu’il faudrait arrêter de se faire croire qu’on peut se passer des gens. Se passer du juge, se passer de l’avocat, se passer du greffier. Partout où on l’a déjà fait (par exemple à pôle emploi, à la poste), on a dû réinjecter un peu de présence, via des temps partiels, des jobs pas toujours qualifiés mais qui dépannent, parce que rien ne marche sans cela. A la moindre difficulté, il faut bien trouver « quelqu’un », un interlocuteur. Voilà aussi en quoi les réformes sont décrites comme « déshumanisées », « une justice pour tous, avec tous partout » disait l’un des slogans. La justice n’est pas rentable ? Les services de néonatologie et les maternités non plus. Face à la surdité, voire au mépris, une magistrate affichant le badge du syndicat de la magistrature portait cet après-midi une pancarte « cheminotte en robe noire ». Cette mobilisation est particulière, elle porte peut-être en son sein de nouvelles unions, de nouveaux regards politiques, au sens large, celui de la "grande politique".

« On marche pour vos droits » affichait le camion du conseil national des barreaux sur les pavés de la capitale cet après-midi.

FSA

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