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"Le Monde selon Marie", à lire avec un regard multidirectionnel

Fin et palpitant compromis se frayant un passage entre les piliers historique, religieux, ésotérique, uchronique, fantastique et romantique, le roman de G.F. Spencer, cet auteur belge fixé dans le Loiret en 2001, balaie très large. Par l’entremise de Marie, fil rouge, la connaissance vole au secours de l’intemporalité pour ne citer que ces seuls exemples, et cela donne un livre kaléidoscopique, ainsi qu’à géométrie variable. L’été tombera à point nommé pour que devenir un fort en thème ne soit pas un gros mot. Interview pour info-chalon.com

Pourriez-vous circonscrire les fondements de votre ouvrage « Le Monde selon Marie » ?

 

« J’ai coutume d’entamer ma présentation par « Ce récit est le fruit d’un hasard pour le moins heureux », je trouve cette épitaphe tellement juste dans son double sens que je n’imagine même pas en changer, mais lisez plutôt : 

Tandis que je m’affairais à étudier la vie de Marie (La Sainte Vierge), je fis la découverte étonnante qu’au moins trois personnes célèbres ayant porté ce prénom au cours de l’Histoire se trouvaient avoir un point commun : nous ignorons les circonstances de leur mort et leurs dates de naissance et de décès restent inconnues à ce jour. De plus, ces trois êtres hors du temps, personnifiés par Sainte-Marie, La Malinche (1) et Marie Laveau (2) ont toutes trois servi d’intermédiaires entre les humains et des divinités, et ce dans un but de pacification de notre planète.

Après mûre réflexion, il me parut évident que ces points communs ne pouvaient s’expliquer que d’une seule et simple façon : ces trois personnes n’en furent en vérité qu’une seule, Marie, ce personnage messianique à qui fut attribuée cette mission de paix.

Une vie s’étendant sur 20 siècles est longue à raconter, me direz-vous. Raison pour laquelle je me suis fixé un objectif de quatre tomes pour mener à bien cette tâche. Je dois vous avouer que Marie m’aide beaucoup au fil de l’écriture, à un point tel que j’ai eu maintes fois l’impression qu’elle s’amuse à rédiger certains paragraphes à mon insu. Ne cherchez pas trop à comprendre, seule une lecture attentive vous permettra de saisir ces instants. 

Quatrième de couverture du premier tome : 

« …Vous vous imaginez ? Anéantir le mal de cette planète ? Nous pourrions tous vivre en harmonie. Regarder nos enfants grandir et leur vraie nature s’épanouir. Une religion basée sur l’amour et la paix ne serait-elle pas la meilleure qui soit... ? » (Marie Nitaïnos)

1863 – Mexique

Interpellé par les services de renseignements, Ivan Chtov, un écrivain russe, se retrouve malgré lui sur le continent américain. 

Blessé au cours du siège de Puebla, il est sauvé par Marie.

Sur fond d’un périlleux voyage initiatique à travers l’Amérique du Nord où s’entremêlent romance, espionnage, anciennes légendes et religions, Ivan va découvrir les étranges pouvoirs de sa compagne.

Fruit de quatre années de documentation et de voyages, ce récit uchronique de G.F. Spencer est un échantillon de ce que fut l’Amérique du Nord du XIXe siècle du point de vue de ses croyances chrétiennes, indiennes et vaudou. 

 

(1) La Malinche : (Malinella ou Marie en nahuatl, langue des aztèques) fut la compagne et l’interprète d’Hernan Cortès au XVIe siècle lors de ses négociations avec l’empereur Moctezuma II.

(2) Marie Laveau : fut la grande prêtresse vaudou de La Nouvelle-Orléans au XIXe siècle. 

 

 

Visez-vous un lectorat particulier ?

 

« À qui dois-je adresser ces mots ? Question cruciale que je me suis posée très tôt. La réponse coule pourtant de source. Si ce livre doit transmettre un message d’espoir, il était essentiel qu’il reste accessible à nos enfants. J’ai donc choisi de l’écrire en sélectionnant un vocabulaire compréhensible par tous, à partir de 13-14 ans. Je ne vous apprendrai cependant rien en vous disant que ce sujet peut avoir plusieurs niveaux de lecture. Certains passages où j’ai retranscrit les pensées d’Ivan tenant plus de l’essai philosophique que du roman. Des questionnements existentiels sont présents, sans pour autant alourdir, du moins je l’espère. Étrangement, ce sont les lectrices qui à ce jour l’apprécient le plus. La personnalité d’Ivan y serait-elle pour quelque chose ? Mystère… À noter malgré tout que 80% au moins des lecteurs sont des lectrices… »

 

 

 

Cet univers fictionnel délivre-t-il des messages, subliminaux ou non ?

 

« Définitivement oui, mais j’insiste, aucune propagande à caractère religieux ou politique. Il est important de souligner que cette époque du XIXe siècle est caractérisée par des confrontations entre confessions indiennes, chrétiennes, vaudou, aztèques et bien d’autres encore bien moins connues en nos contrées. Je pense notamment aux Atlantes de Thélos ainsi qu’à la naissance des « saints du dernier jour », plus familièrement connus sous l’appellation « Les mormons ». 

Le message en filigrane reste l’amour de notre terre, de notre espèce et de la beauté de ses convictions. Marie, pour avoir vécu si longtemps a été confrontée à toutes sortes de divinités, faisant d’elle une synthèse de l’état des croyances d’Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle.

À ce jour, quelques retours de lecture ont déjà été publiés, que vous pourrez du reste retrouver sur ma page https://www.gfspencer.fr/temoignages. Si ce sujet vous intéresse, n’hésitez pas à aller à la pêche de ces messages subliminaux ou non, qui transparaissent dans chacun de ces témoignages. »

 

 

Musique, poésies, paroles de chanson et de légendes ont accompagné vos mouvements un demi-siècle durant. Vous attendiez-vous à la rédaction d’un livre ?

 

« Franchement non. Je me voyais jouer de la musique toute ma vie et ne m’attendais pas à changer de cap à 50 ans. Les circonstances ont fait qu’il en fut ainsi. Notre groupe « Hobo » de swing/blues/jazz s’est vu amputé d’un de ses membres en 2014. Nous avons tenté l’aventure d’une comédie musicale ensuite, élaborée à partir de notre album « Bamboo Town ». Hélas, nos petits moyens ne nous ont pas permis d’aller au bout de cette expérience et la séparation définitive fut actée en 2015. Un script de 80 pages avait cependant été composé, dont je me suis servi pour écrire mon premier roman : Hobo Johnson, bouclé en 2016 mais jamais édité. En effet, la nécessité de présenter l’origine de mes personnages me poussa à rédiger ce premier tome ainsi qu’un second en cours. La musique est bien sûr présente dans ce récit, comment aurait-il pu en être autrement ? »

 

 

Quel est le propre d’un roman d’après vous ?

 

« Romancer signifie pour moi raconter une belle histoire. «  Utopiste »  de nature, écrire me permet de créer des mondes où les idéaux prennent vie, et où les gens y croient encore. Une échappatoire en somme, qui est peu à peu devenue vitale. Ne pas écrire me semble impossible aujourd’hui. Je tiens cependant à préciser que l’écriture fut présente depuis mon adolescence où je composais des poèmes en classe quand le cours ne me motivait pas suffisamment. Des bribes alexandrines se retrouvent d’ailleurs dans mes récits, comme quoi si c’est inscrit dans nos gènes, il est impossible de s’en défaire. Ma période musicale ensuite me permit d’écrire la plupart des paroles de nos morceaux, mais je m’éloigne du sujet.. ».

 

 

Qu’émane-t-il de l’écriture ?

 

« Au risque de me répéter, c’est une échappatoire vers un monde moins compliqué, plus serein, vers un univers résolument utopique au sein duquel des êtres très différents peuvent s’aimer. Je suis fan des contes, je m’amuse souvent à écrire de courtes histoires, « Les Légendes de G.F. Spencer » comme le disent mes deux fils de 14 et 16 ans. Vous pourrez si vous le désirez les trouver sur cette page : https://www.gfspencer.fr/legendes

Il existe pourtant un autre aspect auquel je m’attendais moins quand j’ai entamé cette aventure qu’est la rédaction d’un roman. J’ai découvert que les réseaux sociaux ont bien une raison d’exister. J’y ai rencontré des « amis » virtuels, qui peu à peu sont devenus plus réels. L’existence des groupes de discussion est une véritable bénédiction pour les auteurs. On peut y faire part de ses soucis d’écriture, poser des questions techniques de construction de phrase ou de vocabulaire, ou même d’orthographe, il y aura toujours quelqu’un qui aura été confronté à votre problème avant vous. Autre avantage : rien n’est plus pratique que ces « forums » pour mettre en avant nos oeuvres, les faire connaître et rencontrer des bêta-lecteurs et des chroniqueurs. J’ai aussi compris que les auteurs ne sont plus recherchés au hasard des lourdes enveloppes de tapuscrits qui transitent dans les couloirs des maisons d’édition pendant des mois avant éventuellement de se retrouver au chevet d’un membre d’un comité de lecture, pour les plus chanceux ! Non, les ME ont compris que le vivier est aujourd’hui ailleurs, sur les réseaux sociaux, avec l’avantage de pouvoir profiter de l’énergie des chroniqueurs qui font ça pour le plaisir et qui réalisent à moindres frais le pré-triage des futurs best-sellers potentiels. J’écris ces mots en connaissance de cause, car c’est de cette façon que j’ai eu le bonheur de me faire connaître aux Éditions Rod. »

 

 

Il y aura une suite avec Swann, la fille de Marie. Où en êtes-vous ?

 

« La suite est en cours d’écriture, j’en suis à page 160, donc à environ 50-60 %. J’espère terminer le premier jet pour cet été, et entamer les corrections début septembre. »

 

 

Vous êtes-vous irrémédiablement engagé dans un processus évolutif qui consiste à donner naissance à livre sur livre ?

 

« Ce serait bien sûr mon rêve. Je me suis fixé pour objectif de déjà réussir à boucler ces quatre tomes, ce qui n’est déjà pas mal, je trouve pour quelqu’un qui exerce un autre métier. »

 

 

Pourquoi G.F. Spencer, ce nom de substitution artistique ?

 

« La raison principale est liée à mon métier de technico-commercial. J’ai désiré dès le début séparer mes activités professionnelles de celles d’auteur. Le choix d’un pseudonyme était donc judicieux. Aujourd’hui, je suis moins catégorique. Tous mes contacts connaissent mon vrai nom et je ne m’en cache plus. D’ailleurs, il figure désormais au verso du premier tome.

Le choix de ce pseudo a été motivé pendant l’écriture d’Hobo Johnson, Spencer étant le nom de famille d’origine d’un des premiers musiciens de blues, Robert Johnson. »

 

 

Comment se procurer « Le Monde selon Marie » ?

 

« Pour ce qui est de la distribution de ce roman, ce sont les Éditions Rod via Pollen distribution et Ced CEDIF diffusion qui s’en occupent. Ce qui signifie que mes ouvrages peuvent être commandés à peu près n’importe où, que ce soit chez votre libraire favori, à la FNAC, chez Cultura ou dans une grande surface. Sur internet, vous le trouverez aux adresses suivantes :

 

https://www.amazon.fr/Monde-Selon-Marie-Ivan/dp/B07KM2RL7L/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&keywords=Le+Monde+Selon+Marie&qid=1560372531&s=gateway&sr=8-1

https://livre.fnac.com/a13077609/Le-monde-selon-Marie-Tome-1-Ivan-G-F-Spencer#omnsearchpos=2

https://www.decitre.fr/livres/le-monde-selon-marie-tome-1-ivan-9791093467849.html

https://www.culture.leclerc/livre-u/litterature-u/romans-historiques-terroir-recits-de-voyage-u/romans-historiques-u/le-monde-selon-marie-9791093467849-pr

 

Sinon, tous ces liens se retrouvent sur ma page internethttps://www.gfspencer.fr

                               

                                                          Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                          poiriault.michel@wanadoo.fr

 

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