Bourgogne

Signaux défavorables au 2e trimestre 2018 en Bourgogne-Franche Comté, malgré une baisse du taux de chômage

L'emploi salarié se replie en Bourgogne-Franche-Comté au deuxième trimestre 2018 : il recule dans le privé et dans la fonction publique. L'intérim, en baisse, ne compense plus les pertes d'emplois permanents. D'autres signaux montrent une conjoncture défavorable : les demandes de permis de construire sont en baisse, la fréquentation hôtelière en léger recul ainsi que les créations d'entreprises. Seules bonnes nouvelles, le chômage diminue et les défaillances d'entreprises se maintiennent à un niveau bas selon les derniers résultats communiqués par l'INSEE.

Repli de l’emploi salarié dans le privé et le public

Au deuxième trimestre 2018, la Bourgogne-Franche-Comté compte 972 100 salariés. Après un premier trimestre stable, l’emploi salarié total se replie de 0,4 % ce trimestre dans la région, alors qu’il se stabilise au niveau national (figure 1).

Les deux composantes de l’emploi salarié évoluent dans le même sens ce trimestre en Bourgogne-Franche-Comté. Dans la fonction publique, l’emploi salarié poursuit son recul au même rythme qu’au trimestre précédent avec une perte nette de 960 emplois, soit une baisse de 0,4 %. Le privé en perd 2 460, une baisse de 0,3 % qui rompt avec la légère hausse du trimestre précédent.

Pour comparaison, au niveau national, l’emploi salarié se replie de 0,2 % dans la fonction publique mais sa progression se maintient dans le secteur privé : + 0,1 %. Parmi les régions françaises, la Bourgogne-Franche-Comté est celle qui enregistre la plus forte baisse d'emplois salariés et la seule à perdre des emplois privés.

Sur un an, l’emploi salarié reste relativement stable dans la région alors qu’ il progresse de 0,8 % en France. Ces tendances contraires sont dues tant à la baisse plus prononcée de l’emploi salarié public dans la région (- 1,1 % contre - 0,5 % en France) qu’à la moindre hausse de l’emploi salarié privé (+ 0,2 % contre + 1,2 % en France).

Le nombre de frontaliers travaillant en Suisse augmente ce trimestre de 1,9 %, repartant ainsi à la hausse après le léger repli du trimestre précédent. Au deuxième trimestre 2018, 34 800 personnes résident en Bourgogne-Franche-Comté tout en occupant un emploi en Suisse.

Recul de l'emploi dans tous les secteurs

Au deuxième trimestre 2018, le tertiaire non marchand, qui comporte surtout de l'emploi public, est le secteur le plus affecté : 1 200 salariés en moins, soit une baisse de 0,4 % .

L'emploi dans l'industrie baisse de 0,2 % soit 300 salariés. La fabrication de matériels de transports est l'activité la plus touchée. L'industrie agro-alimentaire résiste mieux et stabilise ses effectifs.

L'emploi dans le tertiaire marchand hors intérim se replie de 0,1 % avec des évolutions hétérogènes selon les activités. Le commerce, les services aux ménages et les services aux entreprises perdent des emplois. À l'inverse, les autres activités gagnent des emplois en particulier l'hébergement-restauration et le transport.

Dans la construction, l’emploi salarié se replie de 0,1 %, à l'inverse de la France où les effectifs augmentent de 0,4 %.

Le repli de l'intérim s'accentue

Le recours au travail intérimaire poursuit sa baisse dans la région, - 2,5 % ce trimestre après un recul de 0,7 % au précédent. Ce recul est moins marqué en France, - 0,4%. Sur un an toutefois, l’intérim porte la majorité des créations nettes d’emplois dans la région, et sa progression, + 6,1 %, est proche du niveau national

L’emploi se stabilise dans le Doubs et en Haute-Saône et baisse dans les autres départements

Au deuxième trimestre 2018, l’emploi salarié se maintient dans deux départements : le Doubs et la Haute-Saône, qui sont aussi les seuls où le recours à l’intérim progresse (respectivement + 0,7 % et + 1 %). Dans le Doubs, la forte baisse dans l’industrie est compensée par la hausse dans la plupart des autres secteurs, en particulier les services marchands hors intérim. En Haute-Saône, les baisses d’emploi dans les services non marchands et le commerce sont compensées par la croissance de l’emploi dans les autres secteurs, notamment dans la construction.

Dans tous les autres départements, l’emploi salarié se replie. Cette baisse est plus prononcée en Saône-et-Loire et dans le Jura, où le moindre recours à l’ intérim s’ ajoute au repli de l’ emploi salarié dans les services non marchands.

D’ un département à l’ autre, les évolutions par secteur sont hétérogènes. Ainsi, alors que l’emploi salarié dans l’industrie diminue de 0,7 % dans le Doubs, il progresse de 0,3 % dans le Territoire de Belfort et de 0,2 % en Côte d’Or et en Haute-Saône.

Le taux de chômage diminue

En Bourgogne-Franche-Comté, le taux de chômage diminue, comme en France, de 0,1 point au deuxième trimestre 2018. Il demeure nettement plus bas dans la région qu'au niveau national, 7,7 % contre 9,1% (figure 4). La Bourgogne-Franche-Comté est au troisième rang des régions les moins touchées par le chômage, à égalité avec Auvergne-Rhône-Alpes et derrière les Pays de la Loire et la Bretagne.

Le Jura est le département de Bourgogne-Franche-Comté où le taux de chômage est le plus faible, 6,4 %. À l'inverse, c'est dans le Territoire de Belfort qu'il est le plus élevé, 9,1 %. C'est d'ailleurs le seul département de la région où le chômage augmente ce trimestre.

Sur une année, le chômage baisse dans tous les départements de la région, en particulier en Haute-Saône, dans la Nièvre et dans le Territoire de Belfort.

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Diminution des inscrits à Pôle emploi

Le nombre d’inscrits à Pôle emploi recule pour le troisième trimestre consécutif dans la région. La Bourgogne-Franche-Comté compte ainsi 215 420 demandeurs d’emploi de catégorie A, B ou C au deuxième trimestre 2018, soit 0,4 % de moins qu’au trimestre précédent. Cette tendance est plus favorable qu'en France, où le nombre de demandeurs est en légère augmentation, + 0,2 %.

Après une année de hausse continue, le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée se stabilise. Le nombre d’inscrits de 50 ans ou plus reste également stable par rapport au trimestre précédent, - 0,1 %. En revanche, les effectifs de demandeurs de moins de 25 ans augmentent de 1,1 %.

Le nombre d’inscrits à Pôle Emploi diminue dans tous les départements sauf dans le Doubs et dans l’Yonne, où il reste stable, et dans le Territoire de Belfort, où il augmente.

Moins de permis de construire et faible augmentation des mises en chantier

Le nombre de permis accordés dans la région continue de diminuer. En un an, 12 200 logements ont été autorisés à la construction en Bourgogne-Franche-Comté, soit 11% de moins qu’un an auparavant. La baisse des permis de construire est de moindre ampleur au niveau national, - 1 %.

Sur un an, le nombre d’autorisations de construire recule dans tous les départements de la région, à l’exception du Territoire de Belfort. Le nombre de permis accordés diminue particulièrement dans la Nièvre.

La baisse du nombre de permis de construire ne se traduit pas encore par une diminution des mises en chantier, bien que leur progression s’essouffle. Ainsi, le nombre de logements commencés en un an augmente de 2 % par rapport à l’année précédente, moins qu’en moyenne nationale, + 7 %.

La Haute-Saône, la Saône-et-Loire et le Doubs sont les seuls départements de la région qui enregistrent moins de mises en chantier que l’année précédente.

 Léger repli de la fréquentation hôtelière

La fréquentation hôtelière est en légère baisse par rapport à l’année précédente. Ainsi, la Bourgogne-Franche-Comté a enregistré 1 968 000 nuitées au deuxième trimestre 2018, soit 0,4 % de moins qu’un an auparavant. Le nombre d’arrivées a augmenté, mais les touristes ont en moyenne séjourné moins longtemps. Au niveau national, le nombre de nuitées augmente de 1,4 %.

Dans la région, le tourisme d’affaires recule de 5 % par rapport à l’année précédente, tandis que le tourisme d’agrément progresse de 4 %. Le nombre de nuitées françaises régresse de 3,9 %. À l’inverse, le nombre de nuitées étrangères croît de 7,9 %. Les fréquentations allemandes, belges et américaines atteignent leur plus haut niveau des cinq dernières années pour un deuxième trimestre.

 

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