Chalon dans la rue

Chalon dans la Rue - Du local à l'expertise pointue à l'international, info-chalon.com a rencontré Bruno Alvergnat et Pierre Duforeau, les codirecteurs de l'Abattoir / CNAREP

Même si leur entrée en fonction ne s'est faite que début juillet, les codirecteurs, fins connaisseurs de ce festival qu'ils suivent depuis de très nombreuses années, ont participé aux réunions préparatoires de l'édition 2017. L'interview...

Comment vous êtes-vous rencontrés et comment est née l'envie de ce binôme ? 

Pierre : Nous nous sommes rencontrés sur le site de l'Abattoir, dans le cadre de liens professionnels tissés avec LaPéniche dont Bruno a quitté la direction récemment pour se consacrer entièrement à ses nouvelles missions.  

Bruno : Notre rencontre remonte aux années 2000. La complémentarité de nos deux parcours professionnels nous paraissait pertinente pour postuler à la direction de l'Abattoir/CNAREP. Pierre a une expertise pointue des enjeux des Arts de la Rue. Pour ma part, j'ai une bonne connaissance du tissu culturel et associatif local.

Pierre : J'avais envie de participer à un projet avec une personne ancrée sur Chalon-sur-Saône - ayant un ancrage territorial. En ce qui me concerne, je suis codirecteur à mi-temps car je poursuis mes missions auprès de KompleX Kapharnaüm.  

Bruno : Nous avons été les premiers à présenter un projet en duo, ensuite cela a fait des émules. Cette codirection permet de se questionner l'un l'autre et cette collégialité d'avoir plusieurs feed-back.

Pierre : Nous sommes dans l'échange mais pas tous les deux au même endroit, dans le sens où la répartition des missions s'est effectuée en fonction de nos compétences. Le projet, quant à lui, est entièrement porté en commun. 

Crée en 1987, le festival Chalon dans la Rue a 30 ans, qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Bruno : C'est beaucoup de responsabilités, bien entendu, car c'est un rendez-vous très attendu par le public et par la profession. L'important est de pérenniser cet événement d'envergure, complètement inscrit localement, nationalement et internationalement, qui évolue et doit évoluer vers des écritures de projets novatrices, éclairantes, car ce ne sont plus les mêmes relations à l'espace public.

Pierre : Nous avons envie d'aller aux lisières des Arts de la Rue, d'explorer le street-art, l'architecture [...], de poser la question de la ville, des modes de déplacement, du rapport au paysager, de l'espace commun, là où se créée la rencontre. Les villes sont en mutation et mènent ces réflexions, tout comme le travail artistique. En conservant ce qui fait les arts de la Rue, qui sont des endroits très fédérateurs, il faut être ouvert et explorer ces sujets pointus relevant de l'espace public. D'ailleurs, les CNARS sont devenus CNAREPS (Centre National des Arts de la Rue et de l'Espace Urbain).

Quelle est la couleur de cette édition 2017 ?

Pierre : Cette édition porte la patte de Pedro Garcia. Nadège Gauthier a assuré la coordination. C'est important de saluer ici tout le travail de l'équipe du festival. Ils ont porté cette édition et assuré la transition avec beaucoup d'énergie et de mobilisation.

Bruno : Cette année, les propositions artistiques tournent autour du questionnement de la place de l'homme dans la société. Nous sommes heureux d'accueillir un tas de propositions. On connaît le travail de toutes les compagnies ; il y a de très beaux projets dans le IN et dans le OFF.

Quels projets pour les 3 ans à venir ?

Bruno : Nous avons envie de renforcer le lien Chalon dans la Rue à l'année, faire en sorte qu'il y ait quelque chose qui se construise avec le réseau local, c'est-à-dire avec les hébergeurs, les entreprises, les associations... sorte d'archipel qui soit associé à l'année et socle de compétences ; le festival serait le temps fort, le point d'orgue. Ce travail de ressources locales autour de la création artistique me paraît important et nécessaire.

Pierre : Il s'agit également de créer des projets qui s'inscrivent dans une relation forte avec la ville, c'est-à-dire qui s'emparent de l'architecture, de l'historique, de la sociologie... d'investir tous les espaces : la Saône, le Port Nord, par exemple, tout en s'appuyant sur le site de l'Abattoir qui est un lieu vivant, un lieu de création, de résidence de compagnies nationales et internationales. J'aimerais qu'il y ait encore plus d'activités, plus d'usages afin de créer du commun. Pourquoi ne pas en faire également un lieu d'expositions photos, de graph, d'y prévoir de petits aménagements et de s'inscrire dans le quartier car Saint-Cosme est en pleine mutation. 

SBR

Pour en savoir plus : "Bruno Alvergnat et Pierre Duforeau se fixent trois objectifs, structurant un  projet d'ensemble : 

- Fonder le projet artistique et culturel sur une relation forte et renouvelée au territoire : habitants, structures, espaces.

- Pérenniser la manifestation par son évolution.

- Générer de nouveaux moyens."

Lire aussi : http://www.info-chalon.com/articles/chalon-sur-saone/2017/05/31/30509/le-suspense-sur-la-nouvelle-direction-de-l-abattoir-cnarep-de-chalon-sur-saone-prend-fin/    

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