Chalon dans la rue

info-chalon.com a rencontré Gilles Platret, Maire de Chalon-sur-Saône, à propos du festival 'Chalon dans la Rue'

L'interview

Que représente pour vous 'Chalon dans la Rue' ?

Notre ville est dotée d'une vraie vitalité culturelle portée par les associations (Lapéniche, L'Arrosoir...) et par de grands acteurs culturels (L'Espace des Arts, Le Conservatoire du Grand Chalon). Néanmoins Chalon dans la Rue constitue le temps fort culturel de l'année où la vie et la vitalité de notre ville sont visibles au national et à l'international. C'est un temps d'échanges autour d'une joie qui se partage dans les rues. J'ai connu les toutes premières éditions de ce festival, on m'a même rappelé, l'autre jour, que j'y avais joué. En effet, en deuxième année "théâtre" à Pontus de Tyard, nous avions, avec quelques camarades, créé une petite compagnie "Les nettoyeurs d'air". C'était du OFF, bien entendu (rires). Chalon dans la Rue fait partie de l'ADN de la ville, c'est incontestable. Ancré, comme je viens de le dire, dans l'identité chalonnaise, il est aujourd'hui incontournable. C'est aussi une vitrine pour la ville elle-même car en plus du centre-ville et de l'Ile-Saint-Laurent, le festival investit tous les quartiers : Saint-Cosme, les Prés-Saint-Jean, les Aubépins et Bellevue. Les batteurs de pavés y ont réuni jeudi, avec leur spectacle Les trois mousquetaires, plus de 1000 personnes. Et puis, j'ai la vision de ces troupes, place de la Cathédrale par exemple, de tous ces festivaliers réunis là, entourés des maisons à colombages... C'est aussi une vitrine fabuleuse pour le tourisme.

Quel est votre meilleur souvenir ?

Une troupe qui s'était installée place de l'Hôtel de Ville. Leur spectacle, très aérien, "Place des anges" était d'une poésie extraordinaire. Tous les spectateurs se souviennent de cette incroyable envolée de plumes qui a laissé ses traces sur la ville durant plusieurs jours. Mais il y a aussi le plaisir de croiser une troupe inattendue. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a les musts dans le IN mais il y a aussi le spectacle OFF que l'on découvre au détour d'une rue et qui va nous laisser un souvenir impérissable - tous ces petits souvenirs liés à la surprise sont aussi la marque de fabrique de ce festival.

Entre retombées économiques et certains habitants qui se sentent pris en otages, ce festival divise les chalonnais. Comment l'expliquer ?

C'est normal que lorsque l'on accueille entre 220 000 à 250 000 personnes sur cinq jours cela crée des perturbations pour la population locale. Je crois sincèrement que ceux qui profitent du festival sont infiniment plus nombreux que ceux qui le subissent. Les équipes des services de la ville sont hyper réactives. Je veux souligner et saluer le travail accompli par les services propreté urbaine. Je pense qu'aujourd'hui Chalon dans la Rue n'est plus un sujet de division, les chalonnais y sont très attachés. La ville est là pour réduire au maximum les nuisances et les points de crispation. Tout bien considéré, les retours négatifs sont peu nombreux.

En termes de retombées économiques, que peut-on précisément quantifier ?

On va faire appel, l'année prochaine, à un Cabinet d' Études pour évaluer les vraies retombées financières. On sait, d'ores et déjà, que les hôtels sont pleins, pas seulement à Chalon-sur-Saône mais dans la grande région chalonnaise également. Les bars, quant à eux, nous disent que Chalon dans la Rue constitue un 13ème mois. En plus du projet culturel et artistique, ce festival génère donc du chiffre d'affaires. Cette volonté de point d'accroche économique était à l'origine du festival. Certes, la ville investit beaucoup d'argent sur les Arts de la Rue : 1 013 000 euros mais les retombées sont aussi très importantes sur l'économie locale. On veut démontrer que la ville est bénéficiaire mais que le territoire l'est aussi ainsi que le département. Il y a les retombées immédiates mais aussi celles à plus long terme car les médias présents lors de ce festival installent l'image de la ville dans le paysage national et international.

Ces derniers temps, beaucoup de chalonnais ont été inquiets à propos de l'avenir de Chalon dans la Rue. Était-ce compréhensible ?

Oui, cette inquiétude était compréhensible car il y a eu beaucoup de choses coup sur coup. Tout d'abord, nous avons dû imposer une réduction budgétaire. La ville de Chalon participe à hauteur de 57 % du budget total des Arts de la Rue. C'est le seul CNAREP* de France qui voit une ville supporter une charge si importante. La Ville est donc le premier financeur. On en est fier, même si cela crée des contraintes fortes. Nous avons demandé des efforts très importants aux services, aux associations, au CNAR*. Le festival a réduit sa voilure dès 2015, tout en tenant son rang. Le public est présent et toujours aussi enthousiaste. Et puis, il y a eu l'inquiétude liée à la succession de Pedro Garcia qui a fait valoir ses droits à la retraite. On aurait dû avoir une nouvelle direction fin 2016 mais la première procédure de recrutement ayant été déclarée infructueuse, cela nous a retardés de quelques mois. La nouvelle codirection n'a été déclarée que fin mai. Je veux rendre hommage à la direction du CNAREP qui a assuré la transition. Côté finances, les choses sont stabilisées. Les partenaires reconduisent à la même hauteur leur participation, tout comme la ville de Chalon, 1 013 000 euros donc. Les équilibres budgétaires stabilisés, il faut travailler à la suite, maintenir les musts du festival, évoluer vers de nouvelles formes d'expressions culturelles, maintenir ce qui fait Chalon dans la Rue, mais ne pas se fossiliser. Il n'y a plus de sujets d'inquiétude. Nous avons trop besoin du festival.

Un petit mot sur la toute nouvelle codirection de L'Abattoir/CNAREP ? 

Il y a une vraie confiance ; le projet de Bruno Alvergnat et de Pierre Duforeau nous a séduits. On revient à un binôme comme c'était le cas au tout début de l'aventure Chalon dans la Rue avec Pierre et Quentin. Les nouveaux codirecteurs ont des parcours qui se complètent, c'est une force pour ce festival. Bruno et Pierre sont les hommes de la situation !

*Les CNARS (Centre National des Arts de la Rue) sont devenus CNAREP (Centre National des Arts de la Rue et de l'Espace Public)

SBR

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