Chalon dans la rue

CHALON DANS LA RUE 2017 : éjaculation artistique presque précoce dans la cour de l’école primaire Vivant Denon

C’est arrivé dans une école de la République, un lieu où l’on prépare encore les jeunes générations à connaître accepter le monde dans lequel ils vont devoir s’insérer, plutôt que de le changer… Un moment d’une rare intensité, qu'il faut expérimenter.

C’était dans la cour de l’école du centre, aussi connue sous le nom d’école primaire Vivant Denon. Par hasard. Votre serviteur d’info-chalon.com était en train de faire une pause bien méritée, un café à la main quand, du bordel ambiant, a jailli une éjaculation artistique presque précoce : celle des Furieuses. Cela a commencé par une main allant et venant sur une guitare électrique produisant un riff lancinant, accompagné d’échappées de notes aigues. Puis elles sont montées sur scène. Qui ça ? Les deux « furieuses ». Elles se sont mises à raconter une histoire, plus exactement la fin d’une histoire : celle de l’humanité, celle de femmes et d’hommes qui, ayant oublié que les ressources dont elle se goinfrait étaient en nombre fini, se sont littéralement entredévorés pour survivre, pour ne plus être au final que 273 sur le globe.

« Bouffer, avant d’être bouffé ». C’est à peu près l’unique horizon des survivants. Pourtant, par-delà l’instinct de survie le plus basique, ce qu’il reste de raison chez certains, du moins chez une femme, semble ne pas vouloir abdiquer. Elle s’en ouvre à une autre qui, pessimiste sur la nature humaine et les chances d’un « pacte » social permettant à tous ceux qui restent de ne pas avoir le choix entre « être bouffés » ou « bouffer les autres », lui porte la contradiction. Très vite, un clivage qu’on pourrait appeler idéologique naît de cette confrontation : d’un côté, à gauche de la scène, le camp de ceux qui croient qu’il est possible de fonder une organisation politico-sociale pacifiée et juste à défaut d’être harmonieuse ; de l’autre, à droite de la scène, le camp de ceux enclins à établir un régime autoritaire pour retarder la disparition totale de l’espèce, en sachant pertinemment que c’est foutu.  

L’ensemble dure moins de trente minutes. Si l’on ne reste pas sur sa faim une fois le spectacle terminé, on aurait presque aimé que ça dure plus longtemps, tant la musique en toile de fond et les textes, lyriques*, sont beaux, vous embarquent sans vous demander votre avis, vous rendent visibles les virtualités de ce que Thomas Hobbes appelait dans Le Léviathan « la guerre  de tous contre tous ». Une guerre qui, depuis le retour en grâce des vieilles lunes libérales, après la parenthèse de l’après Seconde Guerre mondiale, semble…réactivée. Pour le pire, qui demeure, à écouter Les Furieuses, encore à venir. Une guerre de laquelle seuls les "coriaces" sortiront victorieux, mais un peu comme Pyrrhus...

Samuel Bon

*à partir du texte intitulé Les 9 coriaces, de Patrick Dubost

Infos pratiques :

Les furieuses

Lieu : école du centre (école primaire Vivant Denon) - pastille 12

Date : Dimanche 23 juillet

Horaire : 20 h 30

Durée : 30-35 mn

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