Chalon sur Saône

Le coup de cœur de Gibert Chalon : « Ya Balad », de Bachar Mar-Khalifé

Le coup de cœur de Gibert Chalon : « Ya Balad », de Bachar Mar-Khalifé

Il n’est pas toujours évident de sélectionner LE livre, LE CD, LA bande-dessinée que, en fonction de notre budget, l’on s’autorise parfois à acquérir, ceci pour se détendre, voyager, réfléchir, rêvasser. En effet, face à une offre toujours plus pléthorique, comment faire le bon choix ? Pour vous aider, Info-Chalon et la librairie Gibert Joseph ont décidé de travailler de concert. C’est pourquoi vous trouverez désormais sur votre site d’information en ligne préféré « Le coup de cœur de Gibert », rubrique culturelle entièrement consacrée aux dernières nouveautés en matière de livres, CD, DVD.

Il n’est pas toujours évident de sélectionner LE livre, LE CD, LA bande-dessinée que, en fonction de notre budget, l’on s’autorise parfois à acquérir, ceci pour se détendre, voyager, réfléchir, rêvasser. En effet, face à une offre toujours plus pléthorique, comment faire le bon choix ? Pour vous aider, Info-Chalon et la librairie Gibert Joseph ont décidé de travailler de concert. C’est pourquoi vous trouverez désormais sur votre site d’information en ligne préféré « Le coup de cœur de Gibert », rubrique culturelle entièrement consacrée aux dernières nouveautés en matière de livres, CD, DVD.

« Quand c’est très beau et qu’on n’est pas bien sûr, c’est presque toujours Mozart… » [1]. « Presque toujours », précisait à juste titre Michel Audiard, car, parfois, il peut s’agir de quelqu’un d’autre, par exemple Bachar Mar-Khalifé, un artiste d’origine libanaise que Guillaume Perret, l’espiègle et mélomane disquaire de la librairie Gibert-Joseph de Chalon, a eu l’amitié de faire découvrir à votre serviteur d’Info-Chalon.

Bachar Mar-Khalifé 

« Ya balad » [2]. C’est le titre - que l’on pourrait traduire par « Ô pays » - du disque que Guillaume Perret a tendu sans hésitation à votre serviteur quand ce dernier lui a demandé ce qui valait le coup d’être écouté en ce moment. C’est-à-dire, pour votre serviteur, le disque d’un illustre inconnu, d’où la question qui a immédiatement fusé de sa part : « Bachar Mar-Khalifé ? C’est qui ? »

« C’est un artiste d’origine libanaise, qui vit désormais en France », « le pays ami où sa famille a trouvé refuge alors qu’il avait six ans » [3]. « Il a été récompensé du prix 4 F par Télérama. Et il mérite sa récompense…ce qui n’est pas toujours le cas… » des artistes récompensés par Télérama, a précisé Guillaume, l’œil malicieux, sinon goguenard. « Sa musique est à la fois orientale et électro. Par rapport à son dernier album, il a beaucoup travaillé la voix, dont il se sert comme un instrument ».

Une musique pour dire ce que les mots ne suffisent pas toujours à dire ?

De retour chez lui, votre serviteur s’est donc attelé à écouter ce qui avait des airs d’OMNI : objet musical non identifié. Mise en place du CD dans le compartiment idoine de la chaîne Hi-Fi. Pression sur le bouton « Play ». Volume monté à 22, puis, finalement, à 26, pour être sûr de ne rien rater, sans pour autant risquer une descente de la maréchaussée pour tapage nocturne. Ceci fait, installation dans son fauteuil, usé mais confortable.

Verdict ? Guillaume Perret ne s’y est pas trompé : la musique de ce type mérite assurément d’être écoutée. Celle-ci, qui fait la part belle au piano – Bachar Mar-Khalifé est pianiste de formation – a de toute façon une force d’attraction assez incroyable. A peine le disque lancé, vous êtes accroché : par la mélodie, par la voix. Accroché mais pas agrippé avec brutalité. En effet, l’entrée en matière est plutôt une sorte de caresse, à laquelle il est difficile, sinon impossible de résister. Il ne vous reste plus qu’à écouter, plus exactement voyager, au rythme des états d’âme que la musique déverse en vous : nostalgie, tendresse, euphorie, mélancolie, angoisse, stress, tourment. Une musique qui, comme chez Mozart, qui « adorait la voix humaine » [4] et «  était très attentif à ne jamais la couvrir avec les instruments de l’orchestre » [4], prend bien garde de ne jamais couvrir la voix de celui – ou celle – qui vous parle plus qu’elle ne chante même si, faut d'voir appris la langue dans laquelle elle s'exprime, vous ne comprenez pas ce qu’elle vous dit.

Une façon de signifier que la musique n’est pas supérieure aux hommes mais, bien plutôt, une autre forme de langage, universel, pour dire ce que les mots ne suffisent pas à dire ? Ceci, c’est sans doute à vous de… le dire.

 

S.P.A.B.

[1] Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits, Pocket, (1978) 2010, p 57

[2] Bachar Mar-Khalifé, Ya balad, 2014. Disponible en CD et vinyl.

[3] http://www.franceinter.fr/personne-bachar-mar-khalife

[4] Cécilia Bartoli, Entretien avec Philippe Sollers, Madame Figaro, 18.11.2000