Chalon sur Saône

Ambiance de dingue au concert d'un Boulevard des Airs céleste

Une lame de fond a tout emporté sur son passage jeudi soir en la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône, ceci « par la faute » du groupe survitaminé Boulevard des Airs obnubilé par l’idée-force consistant à disperser à tire-larigot les flonflons d’une bacchanale belle à ravir…

Un climat festif à souhait

C’était le »Bruxelles Tour »dans toute sa splendeur qui s’est accordé quelques instants de villégiature dans la cité de Niépce, attendu de pied ferme par 1200 adorateurs en quête d’émotions rayonnantes. Nul besoin de round d’observation pour que chacun prenne ses points de repère, tout le monde a foncé à bride abattue vers des contrées luxuriantes sans crier gare. Tout naturellement, le dernier album en date, « Bruxelles » (sorti en 2015), succédant aux deux autres (« Les Appareuses trompences » en 2013, « Paris-Buenos Aires » en 2011), a constitué la pierre angulaire du concert. A noter que le fait maison n’est pas un vain mot, Jean-Noël et Florent Dasque, Sylvain Duthu étant les auteurs-compositeurs, de même que les producteurs, de l’intégralité des albums !Avec les titres Bruxelles, Emmène-moi, figures de proue d’un ensemble où ont également jailli Ce gamin-là, Lo Vamos a Intentar, Mentira, etc. interprétés tantôt en français, tantôt en espagnol, par des chanteurs bondissants et intenables, c’est à d’incessantes démonstrations hautes en couleur et tonitruantes que le public chalonnais, lui aussi prompt à joindre le geste à la parole avec les bras levés et en dansant, a pu se mettre dans la pupille et le conduit auditif. Cielo Ciego, le titre qui a déposé en 2011 le groupe né en 2004 sur les rails de la notoriété, n’est bien sûr pas resté en rade. De toute façon, la partie était gagnée d’avance, tant il y avait du répondant des deux côtés. Sur scène les neuf larrons : Jean-Noël Dasque (guitare), Sylvain Duthu (chant), Florent Dasque (chant, guitare), Laurent Garnier (basse), Jean-Baptiste Labe (trombone), Mélissa Doya (chant, saxophone), Ernst Carree (batterie), Pierre-Emmanuel Aurousset (trompette), et Jérémie Plante (piano) ont avancé groupés pour faire leur ce magnifique kaléidoscope formé d’un agglomérat de chanson française, électro, rock, accents fanfaresques…Une multitude de produits finis déclinant une identité à géométrie variable avec des cuivres particulièrement opérants. Et l’ultime titre –J’m’excuse pas- devait être interprété a cappella dans la fosse au milieu d’un public assis pour la circonstance, un public touché au cœur puis instigateur du ban bourguignon en guise d’au revoir. Car la tournée de Boulevard des Airs passera non loin de Chalon le 26 avril 2017, puisque Lyon et sa Halle Tony Garnier leur ouvriront leurs portes. A bon entendeur…Le feu pouvait maintenant couver sous la cendre…

 

Aude Henneville en première partie

 

Celle dont le père spirituel se nomme Francis Cabrel, et qui a fini en 2012, pour la 1ère saison de The Voice, finaliste, avait la redoutable mission de se trouver aux avant-postes d’une soirée qui promettait d’être chaude. Sans se départir de son calme olympien, l’auteur-compositeur-interprète Aude Henneville, a su se montrer à son avantage une demi-heure durant. Sa voix grave, son registre folk et pop, auront conféré à des extraits de son premier album A part ça tout va bien, dans les bacs depuis 2015, quelque chose de palpable et un goût de revenez-y. A suivre…

                                                                                              Michel Poiriault

                                                                                              poiriault.michel@wanadoo.fr

 

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