Chalon sur Saône

Elie Semoun en trublion, lamineur d'idées reçues, et accessoirement lanceur d'alerte !

Le fantasque et performant Elie Semoun a le don de faire d’un rien, un tout. Et le bougre ne s’en est pas privé samedi soir à Chalon-sur-Saône dans une salle Marcel-Sembat très joliment remplie, à la faveur de son one-man-show « A partager ». Mieux valait au demeurant ne pas être réac en prônant le parti pris devant l’avalanche de caricatures fleurant bon le foutage de gueule dans le pire des cas, le ressaisissement pour les tenants du lâcher prise et de la clairvoyance.

Un large éventail

Dans son spectacle le showman n’a nullement mâché ses mots durant le long défilé de portraits tous plus risibles les uns que les autres. Certes Elie égratigne à tout va, semble ne pas faire de sentiment, mais il donne une clé de lecture d’une évidence absolument folle ! A savoir ne pas se réfugier dans le premier degré. L’humoriste patenté de toute façon a cristallisé l’attention en étant en terrain conquis, pour que ce grand raout entre gens de bonne compagnie n’accouchât point d’une souris. Elie Semoun s’accapare ce qui est audible et visible dans la société afin d’en tirer la quintessence en grossissant le trait. Et ça marche à tous les coups ! Il faut dire que la satire démultipliée est tellement proche de la vérité nue qu’en tombant toute crue dans le bec des affamés elle leur fait atteindre la satiété ! Car derrière le parler cru et l’exagération la frontière est ténue avec les innombrables instantanés de la vraie vie. A y regarder de plus près, du cousu main savamment ouvragé permettant l’accès à des messages subliminaux. Comme avec cet Oussama Ben Dubois, ce néo-djihadiste qui se rendra compte que la Terre promise n’en était en définitive pas une. Passant avec une facilité dérisoire –le privilège des grands- d’un personnage à un autre, Elie entraînait systématiquement dans ses divagations son public, lequel acquiesçait par des rires guère interrompus. Au sujet de cet être infâme parti en Thaïlande quérir un « bien-être physique », « loin des regards, loin de la police. C’est des bouddhistes, alors que chez nous c’est des boudins. Je me suis fait avoir comme un con, j’ai appris qu’elle avait 15 ans, alors qu’elle m’a dit qu’elle en avait 12…Ca m’a coûté 25,00 euros, ça m’est resté en travers de la gorge ! » Il y a aussi Fabrice, le tôlier très efféminé d’un spa, trop heureux de « prendre en main » Elie Semoun en personne, Xavier cet handicapé moteur dont le quotidien ne se superpose pas à un long fleuve tranquille, Jean-Louis, l’élu d’une municipalité à la visée ultranationaliste qui envisage de »nettoyer la France des Juifs, des Arabes et des pédés. Les Français d’abord, les immigrés par-dessus bord ! Mapi, la cougar toujours en course pour des moments inoubliables, l’accident de voiture faisant de lui le seul survivant, son adolescent de fils qui était l’élève le moins motivé de l’Union européenne, un ancien du music-hall devenu une cloche, la crémation particulièrement agitée d’un défunt…les occasions ont fait les larrons.. .en foire d’une certaine manière. Le dernier mot est resté aux aficionados, témoignant leur agrément par un ban bourguignon qui en disait long sur la soirée débridée qu’ils venaient  de consommer.

 

Fan, et heureuse de l’être

Aurore, de Saint-Martin-du-Tartre, était au comble de la satisfaction. « J’ai adoré malgré les problèmes techniques. Elie a su mettre une super ambiance. Je connaissais certains personnages, mais je dois dire que c’était au-dessus de mes espérances. J’adore cet humoriste, et l’homme qu’il est. Il est très simple et humble. C’est un grand professionnel. Mon fils a pleuré de rire et de joie après cette rencontre que nous n’oublierons pas. »  

                                                                                                               Michel Poiriault

                                                                                                            poiriault.michel@wanadoo.fr

 

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche