Chalon sur Saône

Nordéon Chalon en cessation de paiement. La procédure de redressement judiciaire est lancée.

Le site industriel, l'un des plus anciens de Chalon sur Saône est face à une nouvelle crise. L'annonce de la situation de l'entreprise a été effectuée auprès des salariés le 24 février dernier. Les explications d'info-chalon.com.

C'est une nouvelle mauvaise passe pour Nordéon Chalon. Le site de production industrielle, l'un des plus anciens de Chalon sur Saône, né au début des années 50 avec l'implantation de Philips, est face à une période compliquée. Depuis une quinzaine de jours, la rumeur ne faisait qu'enfler. Pour info-chalon.com, Félix Zwarysczuk, directeur-général du site de Chalon sur Saône a souhaité apporter quelques éclaircissements.

"Nous sommes en cessation de paiement. La procédure de redressement judiciaire a été lancée !"

Face à nos questions, le directeur-général de Nordéon Chalon ne passe pas par quatre chemins. Celui qui avait permis le rachat par Nordéon, rattaché au groupe d'investissement néerlandais Varova, essaye de tenir la barre. "Notre investisseur ne nous suit plus. Il a décidé de ne plus mettre la main au porte-monnaie". Cela fait déjà quelques temps, que le site chalonnais est face à une situation économique relativement fragile et malgré les restructurations menées "le coût de production reste trop elevée. Le coût de revient des lampes est au-dessus de la concurrence. La masse salariale est un vrai souci face à la production allemande ou polonaise sans aller jusqu'en Chine" déplore Félix Zwarysczuk. Malgré toutes les bonnes volontés et les annonces d'investissement sur le secteur de la led qui tire vers le haut la production chalonnaise, l'entreprise est désormais face à un mur. 

"La fermeture a été évitée déjà en 2012 et même avant, Philips avait demandé à plusieurs reprises la fermeture de ce site. On s'est battu pour son maintien et on va continuer à se battre !" précise le directeur-général qui "entend actionner tous les leviers". Après la vente par Philips, un contrat sur 4 ans permettait à Nordéon de produire jusqu'à 25 millions de lampes. La fin du contrat avec Philips scellant un peu plus les choses à Chalon sur Saône. Pire pour le directeur-général, "les conditions normatives fixent l'arrêt de la production des tubes pour 2022-2024. La production des tubes sera dès lors interdite". Un mauvais coup pour l'entreprise qui aura produit 14 millions de tubes et 10 millions de leds cette année. "Le Made in France paye. On a des clients, on a développé un secteur commercial et marketing avec près d'une vingtaine de personnes mais le coût de revient reste le coût de revient". 

Le site de Chalon sur Saône dispose de 120 salariés pour Nordéon et 22 pour Marvell Glass qui produit essentiellement les leds, une technicité dont la rentabilité est avouée. 

"Aujourd'hui, la seule variable d'ajustement est celle de la masse salariale" insiste le directeur-général. "Les partenaires sociaux ont été aussitôt intégrés dans les discussions. On se bat tous les jours et nos clients nous font confiance même si le manque de liquidité peut éventuellement poser la question pour se procurer la matière première. On a juste besoin de temps pour restructurer encore davantage !"

L'indélicatesse de Philips.. et un chiffre d'affaire stable

"Il y a près d'un demi-million d'euros qui n'a pas été soldé par Philips sur une production envoyée. Les salaires de février sont en cours de régularisation, si ce n'est pas déjà fait et pris en charge les AGS (le régime des garanties de salaires). Tout le monde a été rassuré". Côté chiffre d'affaire du site industriel de Chalon sur Saône, le Directeur Général se veut là aussi rassurant, "avec 14 millions d'euros sur les tubes et 10 millions d'euros sur les leds. Notre chiffre d'affaire est stable globalement mais on a du augmenter les volumes . C'est simple d'une année sur l'autre, avec la fin du contrat avec Philips, on a perdu 12,5 millions d'euros !".

Les organisations syndicales reçues ce jeudi à Bercy

Sur l'initiative de Christophe Sirugue, Secrétaire d'Etat à l'industrie, les organisations de l'intersyndicale ont été reçues ce jeudi à Bercy. Du côté du ministère, on nous assure "qu'il n'y a pas de fermeture annoncée ni de plan de sauvegarde de l'emploi. L'actionnaire a des obligations dans un premier temps mais un processus de reprise a été lancée. Un processus d'appel d'offre a été lancé afin de trouver d'éventuels repreneurs". 

Cette annonce n'est pas du genre à venir calmer les inquiétudes sur le front du développement économique sur l'agglomération chalonnaise, avec un dossier qui sera de toute évidence à suivre de près. La procédure étant lancée, l'heure est désormais à la recherche du repreneur éventuel avec le risque de voir seulement les activités les plus rentables préservées à Chalon sur Saône et donc des conséquences fâcheuses sur le front de l'emploi. 

Laurent Guillaumé

 

 

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