Chalon sur Saône

Le dossier de l'angioplastie à Chalon sur Saône ? "Ce sont les conséquences de décennies de politique sanitaire" déplorent les syndicats

Gros intérêt pour cette séance politico-syndicale ce mardi après-midi dans la salle des commissions de l'hôpital William Morey. Un certain nombre de candidats aux législatives sur les 3e, 4e et 5e circonscriptions de Saône et Loire ont répondu favorablement aux sollicitations syndicales FO et CGT.

Santé publique et aménagement territorial ont été au centre des doléances syndicales avec la ferme envie de dépasser le seul spectre de l'angioplastie. "Une conséquence de décennies de politique sanitaire en France" ont dénoncé en choeur Hervé Maillot -CGT  et Catherine Pillon -FO. 

Raphaël Gauvin, candidat pour une majorité présidentielle autour d'Emmanuel Macron, a tenu à préciser que "la décision autour de l'angioplastie à Chalon sur Saône est suspendue. J'ai eu un entretien à Paris avec le 1er Ministre sur le sujet et comptez sur moi pour en faire ma priorité si je suis élu". Une précision qui a ouvert le chant des interventions politiques à tour de rôle. 

Nathalie Vermorel, candidate pour le PCF sur la 5e circonscription, a sans doute apporté l'une des réponses les plus travaillées sur le dossier, déplorant "la gestion en concurrence des établissements de santé" et demandant à ce que l'interpellation des élus locaux, des maires, des collectivités, et des populations sur le dossier de l'angioplastie soit menée. "C'est l'inefficacité des politiques menées depuis plus de 25 ans qui est démontrée dans ce dossier, la tarification à l'activité et l'adaptation en fonction des recettes est un non sens pour le patient. La vraie question à poser est de savoir qui a besoin de quoi et où. Il faut que les gens travaillent ensemble et l'Etat doit assurer le refinancement des établissements hospitaliers car il faut bien comprendre que le déficit est lié au financement qu'on a jamais eu". 

Christophe Sirugue (PS) - "L'urgence du dossier de l'angioplastie, c'est là tout l'enjeu. Contrairement à ce que j'entends, je ne le découvre pas aujourd'hui. L'activité fragile à Mâcon fait que le centre hospitalier de Mâcon a tout intérêt à ne pas valider l'angioplastie à Chalon sur Saône.Il faut franchir les barrières administratives des régions dans ce dossier avec des rapprochements entre Mâcon, Villefranche sur Saône et surtout Bourg en Bresse, et inscrire l'angioplastie chalonnaise dans le schéma 2 de l'organisation médicale". A l'adresse des candidats prônant la suppression de fonctionnaires, bien évidemment Gilles Platret et Raphaël Gauvain, Christophe Sirugue s'est voulu plus incisif, "ceux qui vendent la baisse des fonctionnaires, comment peuvent-ils être autour de la table. On a besoin d'agents dans les hôpitaux !".

Cécile Untermaier (PS) a rappelé "l'importance de la défense des territoires ruraux" sur le dossier de l'angioplastie avec le risque qui pèse sur l'ensemble de la Saône et Loire de voir une spécialité fondamentale dans les soins disparaître. 

Gilles Platret (LR-UDI)  a souligné "la somme de travail mené pour la reconnaissance d'un besoin et nous faisons ici un acte politique collectif en faveur de l'angioplastie. L'ARS n'a pas pris sa responsabilité dans ce dossier. C'est un vrai rapport de force à mener alors que cela gène nos voisins". Une analyse validée par Charles Landre, candidat LR-UDI sur la 3e circonscription de Saôe et Loire qui a tenu à rappeler le malheureux épisode de l'Hôtel Dieu au Creusot avant de rejoindre également Christophe Sirugue sur la nécessité de dépasser les clivages géographies régionaux sur l'organisation de santé.

Mettre fin à l'HPST

Les organisations syndicales ont demandé l'abrogation de loi HPST du précédent gouvernement et de mettre fin à la mascarade de la commission qui a invalidé la volonté de l'angioplastie à Chalon sur Saône. "Il n'est pas question pour nous de déshabiller Mâcon ou Dijon au profit de Chalon sur Saône. On appelle au respect pur et simple du patient."

Alain Chaillot, délégué CGT a déploré quand à lui "que le financier prenne le dessus. C'est la même logique qui préside, quelque soit le gouvernement". 

Sur la question de la fusion des établissements de santé Chalon sur Saône-Montceau les Mines, Christophe Sirugue s'est voulà là aussi très pragmatique, "il n'est pas question pour moi de jouer un établissement contre un autre. La dette de Montceau avoisine les 24 millions d'euros. Toutes les hypothèses de rapprochement entre les établissements ne passera que par un plan d'apurement de la dette sinon ce sera un échec garanti. Si on doit aller un jour plus loin, ca ne se fera que par un débat avec tous les éléments et sous certaines conditions". 

Laurent Guillaumé

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