Cinéma

« 120 battements par minutes » à l’Axel à Chalon : peur des amalgames ?

Etranges ressentis à la sortie de « 120 battements par minute » à l’Axel où les spectateurs ne souhaitent pas donner leur avis sur le film.

Depuis de nombreux mois, info-chalon.com fait la sortie des cinés chalonnais pour recueillir le ressenti des spectateurs sur des films de tous les genres. Et très rares sont ceux qui ne souhaitent pas donner leur avis sur ce qu’ils viennent de voir en salle. Cependant, à la sortie des projections de 120 battements par minute, les spectateurs que nous avons rencontrés ne souhaitent étrangement pas s’attarder à la porte du cinéma Axel. Et ceux qui ont accepté de nous parler n’ont pas souhaité être pris en photo. Est-ce par peur des raccourcis que pourrait faire leur entourage ? Par crainte d’être qualifiés d’homosexuels ? D’être associés à une personne atteinte du Sida ? L’homosexualité est-elle toujours à ce point tabou dans un pays où le mariage entre personnes de même sexe est autorisé par la loi ? Est-il toujours aussi difficile de parler du Sida, dont « 22% des Français pensent qu’il existe des médicaments pour [en] guérir »*, plus de trente ans après le début de l’épidémie ? Le film fait-il peur en rappelant que la maladie n’a pas disparu ? En tout cas, l’atmosphère est plus qu’inhabituelle à la sortie de l’Axel et cela interroge.

 

120 battements par minute est un très bel hommage à l’association Act up Paris et à sa difficile lutte contre cette maladie très peu connue dans les années 1980. C’est un film sur le combat et l’amour, face au monde politique et l’économie pharmaceutique. Un film engagé et émouvant qui touche au plus profond, d’une sensibilité à faire pleurer et pour lequel Robin Campillo n’a vraiment pas volé le Grand Prix du Festival de Cannes qu’il a reçu en mai dernier.

 

A la sortie d’une séance, un couple chalonnais de femmes qui vivaient à Paris dans les années 1980 nous confie que « les actions d’Act up n’étaient pas toujours relayées dans les média à l’époque ». Elles se rappellent également que « lorsque le Sida est arrivé, il était associé aux homos, aux drogués et aux prostituées » et que la maladie a parfois été qualifié de « punition de Dieu ». « Et les proviseurs ne voulaient effectivement pas installer de distributeurs de préservatifs dans leurs établissement », comme on peut le voir dans le film. Aussi, dans leurs souvenirs, c’est seulement quand on a compris que les hétérosexuels pouvaient être touchés aussi par la maladie que les choses ont commencé à bouger. « Et maintenant que les malades vivent plus longtemps, on constate une diminution de la protection », déplorent-elles. Elles ont trouvé le film « bien fait, très esthétique, avec de belles images, des émotions, sans en rajouter, et heureusement, de l’humour ».

                                                                 

Pour Dominique, Eliza, Nicole et Schanti, 120 battements par minute « retire la sonnette d’alarme » sur cette maladie qu’elles considèrent de moins en moins médiatisée. C’est un film « digne » qui rend visible « tout un pan de l’histoire ».

 

120 battements par minute est actuellement à l’affiche du cinéma Axel à Chalon. A voir au plus vite.

 

M.B.

 

120 battements par minutes

  1. Durée : 2h20

Bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19571768&cfilm=245592.html

 

Horaires à l’Axel :

http://axel.megarama.fr/FR/fiche-film-cinema/M136703/120-battements-par-minute.html

 

* Source : Le Monde Santé – mars 2017

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