Chalon sur Saône

Attachez votre ceinture, prenez une grande inspiration...et Jeanfi s'occupera du reste le 21 octobre

Jeanfi Janssens élève le rire à la hauteur d'un art. Cependant, il n'est point question pour lui de sombrer dans la facilité en tirant à boulets rouges sur autrui, mais bien plutôt de s'autodéranger sans l'ombre d'une hésitation. Une grande partie de sa vie professionnelle ayant été passée en qualité de steward, son premier public fut constitué de passagers aériens. Le samedi 21 octobre à 20h30 en la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône, les spectateurs auront eux les deux pieds sur terre. Et la tête ? Interview pour info-chalon.com

 

Avec « Jeanfi décolle », vous reprenez pied d’une certaine manière dans la réalité professionnelle qui était la vôtre. Simple clin d’œil ?

«Non, ce n'est pas un simple clin d'oeil, puisque le spectacle est autobiographique, et l'avion fait partie de ma vie, puisque ce sont vingt ans de carrière. J'ai remarqué que le sujet de l'avion et ses coulisses, ont intéressé et passionné les gens. J'ai mis ça en exergue avec ma vie, ma famille. »

 

Quels sketchs emportent le plus l’adhésion du public ?

« Il y a des tubes, oui. Les sketchs sont plus ou moins équivalents, mais il y en a qui pèsent plus que les autres et font rire davantage. Quand je parle de ma mère notamment et que je l'emmène en voyage ; il y a aussi la mésaventure dans un club libertin, et mon coming out. Voilà, ce sont à peu près les trois sketchs que les gens attendent. »

 

La région des Hauts-de-France d’où vous êtes natif bénéficie-t-elle d’un humour particulier ?

« Non, je pense que l'accent prête un peu plus à sourire. C'est ce qui renforce le comique de ce que je dis ainsi que les intonations, et ça fait que certaines phrases prennent tout leur sens et deviennent très rigolotes. Autrement, l'humour n'y est pas particulier, il fédère comme partout me semble-t-il. »

 

On a l’impression que tout baigne pour vous actuellement, et que vous vivez une montée en puissance ?

« Oui, tout va très vite, j'ai subi la fulgurance, ce qui m'a un peu désarçonné au début. Je me disais que ce n'était pas pas normal que ça aille si vite, qu'il y avait une facture à payer parce que je suis un peu superstitieux ! Après c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail, et il y a plein de projets effectivement. Je suis très content de tout ce qui se passe autour de moi. Les Grosses Têtes ont vraiment tout changé, et le fait d'avoir été connu par un public large a créé une grosse popularité qui fait que j'ai vu que les choses changeaient et montaient en puissance. »

 

Le samedi 21 octobre vous emmènerez les spectateurs de Chalon où bon vous semble. Quelle image avez-vous de la Bourgogne ?

« J'ai une bonne image, puisque pour moi c'est le vin ! Quand on dit Bourgogne dans mon imaginaire collectif, c'est le vin, que je servais à bord pendant très longtemps, et j'ai toujours préféré le bourgogne au bordeaux. Après, je ne connais pas Chalon, je suis content d'y venir, parce qu'il y a plein de villes que je ne connais pas. J'ai traversé le Monde entier, et je ne me suis même pas arrêté. Maintenant j'ai l'occasion de faire une tournée en France, de découvrir des endroits que je ne connaissais pas, et d'aller au devant des gens. »

 

Qui vous faisait vibrer en matière d’humour auparavant ? Et à présent ?

« Auparavant et à présent, je pense que c'est toujours la même : Muriel Robin. Elle m'a toujours inspiré et donné envie. Lorsque je la voyais sur scène quand j'étais ado, je me disais qu'elle était forte et apportait quelque chose de nouveau à l'humour français, c'était une belle sorte d'humour qui arrivait sur le marché. Parmi les nouveaux humoristes, j'aime beaucoup Vincent Dedienne, je suis allé voir Gaspard Proust, c'est très cynique, très particulier, mais si on laisse de côté ses a priori, c'est très marrant. J'aime bien Palmade, c'est la même période que Robin, en fait je suis assez humoristes d'il y a une vingtaine d'années. Il y a Florence Foresti bien sûr, qui m'a autant marqué et fait rire que l'humour de Muriel Robin ou de Palmade. Autrement il n'y a pas grand-chose d'autre. »

 

Ne vous endurcissez-vous pas à vitesse grand V du fait de l’improvisation à juguler aux Grosses Têtes ?

«Je pense que j'avais déjà certaines dispositions pour la répartie, puisque naturellement la spontanéité je l'avais. J'ai l'impression qu'Air France a façonné ça pendant des années, parce qu'il fallait avec les clients trouver parfois le bon mot au bon moment, ou savoir quoi dire sans être désarçonné face à telle ou telle situation. Je pense que ça, ça s'est beaucoup développé. Aux Grosses Têtes j'ai eu un accueil plus que chaleureux, un peu familial, on m'a un peu protégé quand je suis arrivé, mais après j'ai vite compris la mécanique du bon fonctionnement des Grosses Têtes où ça tire dans tous les sens ! Il ne faut pas être susceptible, je ne le suis pas, il faut avoir beaucoup d'autodérision, c'est une des qualités premières. Du coup, au fur et à mesure c'est un exercice qui me permet de me renforcer. Il faut vite dégainer pour prendre sa place ! »

 

L’alchimie est-elle d’une redoutable complexité ?

« L'humour, c'est très vaste, et je suis content quand on me dit que j'ai un humour populaire, car je n'ai pas un humour méchant. J'essaie de fédérer le plus de monde possible en me mettant en autodérision, et je pars du principe que si je me moque de moi-même, c'est plus facile et acceptable que de se moquer des autres. Il y a par ailleurs tellement de sortes d'humour, il en faut bien pour tout le monde, mais j'espère avoir un large éventail, car je m'attaque surtout à moi. « 

 

On dit qu’il est plus difficile de se maintenir au haut niveau que d’y parvenir. Quelle est votre position ?

« L'ascension c'est une sensation forte qui est très, très bonne. En revanche, elle crée une angoisse, car si ça monte aussi vite, comment va-t-on maintenir ça ? C'est une de mes interrogations, et je pense que par le travail, la diversification des activités, il est possible d'y arriver. C'est-à-dire que je fais un one-man-show, j'ai également des projets à la télé, je fais une chronique chez Drucker, j'ai les Grosses Têtes...Un artiste aujourd'hui doit être complet, et savoir se diversifier. Chaque domaine sert l'autre, tout est complémentaire, et après c'est la grande inconnue, parce qu'au final c'est le public qui décide. La vérité est là, il ne faut pas se perdre et être toujours en phase avec les gens et son discours. »

 

Qu’y a-t-il de calé en ce qui vous concerne pour la suite ?

« J'ai fait une tournée théâtrale, là je termine la tournée, mais le gros point d'orgue c'est le début de l'Alhambra en décembre à Paris avec les grandes salles parisiennes pendant près de quatre mois. Donc ça c'est un challenge, parce que remplir une salle parisienne plusieurs soirs par semaine c'en est un pour moi . Il y a aussi le film de Dany Boon qui s'intitule La Ch'tite famille et sortira au mois de février, dans lequel il m'a octroyé un petit rôle. C'est mon petit rôle, mais c'est lui qui me permet d'être au cinéma, et c'est très important. On me propose des télés, il y a des pièces de théâtre à l'étude, plein de choses qui arrivent, comme des chroniques dans des émissions, j'ai des projets de programmes courts, mais c'est surtout pour l'instant la fin d'année et le premier trimestre 2018 avec « Jeanfi décolle » à l'Alhambra. »

 

Les modalités pratiques

Tarif : 31,00 euros. Placement libre. Infos auprès d'A Chalon Spectacles (03.85.46.65.89, spectacles@achalon.com). Point de location : Office de tourisme du Grand Chalon (03.85.48.37.97). Réseau Tickenet : Auchan/Cora/Cultura/E. Leclerc/Virgin Megastore/Le Progrès, tickenet.fr Réseau France Billet : Fnac/Carrefour/Géant/Système U/Intermarché, fnac.com, carrefour.fr, francebillet.com

Propos recueillis par Michel Poiriault

poiriault.michel@wanadoo.fr

 

 

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