Chalon sur Saône

A Chalon, une cérémonie de commémoration de la disparition de Charles de Gaulle très solennelle

Désormais invoquées par des représentants de presque tout le spectre politique, à l’issue de ce que Gilles Platret a qualifié de « métamorphose que l’éloignement du temps ne peut expliquer », les mânes du général de Gaulle ont inspiré hier au maire de Chalon un discours pour le moins ciselé.

Pour certains, le 9 novembre est l’anniversaire d’un évènement heureux, celui de la chute du mur de Berlin. Pour d’autres, c’est l’anniversaire de la disparition d’un homme d’Etat, peut-être le dernier de son espèce : Charles de Gaulle.

Alors que d’aucuns se rendent à Colombey-les-Deux-Eglises ce jour-là, accomplissant ainsi une sorte de pèlerinage, il en est d’autres, la plupart de ceux pour qui le souvenir du Général reste vif, qui, s’ils ne font pas le voyage jusqu’aux portes de la Boisserie, n’en ont pas moins une pensée émue, à l’instar de la soixantaine de personnes qui, ce jeudi soir à Chalon, ont commémoré devant le Monument aux morts situé Quai Gambetta, le jour où Charles de Gaulle s’en est allé. Une cérémonie pour le moins solennelle. D’autant plus solennelle qu’elle s’est déroulée en présence du sous-préfet et du maire de Chalon-sur-Saône.

A la suite  d’un discours pour le moins ciselé*, au travers duquel Gilles Platret a rendu un hommage appuyé à celui qui fut tour à tour l’Homme du 18 Juin en même temps que l’homme à abattre pour nombre de ses adversaires, des gerbes de fleurs ont été déposées aux pieds du Monument aux morts, avant que ne retentissent les premières mesures de l’hymne nationale, que Charles de Gaulle avait pour habitude de chanter à pleins poumons.

Samuel Bon

 

*Discours de Gilles Platret

"A quoi tient que, partout en France, dans cette froide journée du 9 novembre, des femmes et des hommes vont, comme nous le faisons, se recueillir devant leurs monuments aux Morts pour commémorer le grand départ du général de Gaulle ? 

Comme se fait-il que, tant d’années après sa disparition, Charles de Gaulle a passé une à une toutes les barrières de l’adversité, au point de se poser en ultime référence sur tout le spectre politique français, même chez ceux qui, de son vivant, l’aurait bien préféré déjà mort ? 

Il y a là une métamorphose que l’éloignement du temps seul ne peut expliquer. Sans doute, avec les mois et les années, le goût amer des querelles se dissipe, les larmes sèchent, les colères s’apaisent. 

Et voici qu’on retient d’abord tous les bienfaits que le général de Gaulle a prodigués au pays.

C’est l’alerte donnée sur les dangers de l’Entre-deux-Guerres.

C’est la Résistance personnifiée à l’heure où s’écroulait la Nation.

C’est la paix civile préservée quand la question algérienne manquait de peu d’entraîner le pays tout entier dans la ruine.

C’est le nom et le renom de la France réaffirmés dans le monde. 

Mais, malgré tout cela, par-dessus tout cela, il y a encore autre chose. 

Il y a ce regard que nous portons toutes et tous sur une époque qui nous arrache parfois à ce que nous sentons au plus profond de nous comme une forme d’ennuyeuse banalité dans la marche contemporaine de la Nation. 

Il y a cette ardeur que nous empruntons à de Gaulle pour nous convaincre que l’œuvre nationale qu’il a entretenue et, à maints égards, initiée, n’est pas éteinte car elle n’a pas vocation à s’achever jamais. 

Il y a ce sentiment que le glaive de la France ne demande qu’à être retrempé dans le grand souvenir du grand chef d’un grand peuple. 

Voici pourquoi de Gaulle appartient plus que jamais à la France tout entière. Sans doute chaque Français l’apprécie-t-il à sa façon. C’est bien naturel, même si je veux croire, même si je sais que celles et ceux d’entre nous qui sont rassemblés ce soir payent sans rechigner au Général le tribut de reconnaissance qui lui est dû. 

Chassons nos doutes, fortifions nos espoirs et écoutons de Gaulle, qui achevait ainsi son magnifique ouvrage sur La France et son Armée : 

Pauvre peuple, qui de siècle en siècle porte, sans fléchir jamais, le plus lourd fardeau de douleurs. Vieux peuple, auquel l’expérience n’a point arraché ses vices, mais que redresse sans cesse la sève des espoirs nouveaux. Peuple fort, qui, s’il s’étourdit à caresser des chimères, est invincible dès qu’il a su prendre sur lui de les chasser. Ah ! grand peuple, fait pour l’exemple, l’entreprise, le combat, toujours en vedette de l’Histoire, qu’il soit tyran, victime ou champion, et dont le génie, tour à tour négligent ou bien terrible, se reflète fidèlement au miroir de son armée.

 Ces mots ne sont pas écrits pour 1938.

Ils ne sont pas davantage écrits pour 2017.

Ils sont écrits pour demain.

Aussi loin que l’Histoire projettera les lendemains français.

 

Vive la République !

Vve Chalon !

Vive la France !"

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