Chalon sur Saône

A Chalon s/Saône, la commémoration du 99e anniversaire de l'Armistice sous la pluie

Ce samedi matin a eu lieu la cérémonie de la commémoration du 99e anniversaire de l'Armistice de 1918

Malgré la pluie les chalonnais se sont déplacés nombreux afin de commémorer le 99e anniversaire de l'Armistice de 1918. Une cérémonie qui s'est déroulée en présence de Jean-Jacques Boyer, Sous-Préfet de l'arrondissement de Chalon s/Saône, Gilles Platret, Maire de Chalon s/Saône, Madame Marie Mercier, Sénateur de Saône-et-Loire, Madame Nathalie Leblanc, Conseillère Régionale de la région Bourgogne Franche-Comté, représentant Madame Marie-Guite Dufay, Présidente du Conseil Régionale de Bourgogne Franche-Comté, Madame Amelle Chouit, Conseillère Départementale, représentant André Accary, Président du Conseil Départemental de Saône-et-Loire, Monsieur Damien Savarzeix, Procureur de la République de Chalon s/Saône, Maître Agnès Ravat-Sandre, Bâtonnière au Bareau de Chalon s/Saône et de Monsieur le Colonel Pascal Boulling, Directeur de la Base Pétrolière Interarmées, Commandant d'Armes de la Place de Chalon s/Saône. Également de Mesdames et Messieurs les élus, des représentants des Associations d'Anciens combattants, prisonniers, déportés, résistants et victimes de guerre, des porte-Drapeaux et de Mesdames et Messieurs les Officiers et sous-officiers de réserve.Présents également un détachement de la BPIA et des sapeurs-pompiers de Chalon s/Saône, représentants de la Gendarmerie? de la CRS 43, de la Croix Rouge et enfants des écoles et du Conseil des Jeunes. Lors de cette cérémonie eu lieu une remise de décorations puis la lecture du manifeste de l'Union Française des Associations de Combattants par un représentant de l'Union Nationale des Parachutistes, la lecture de l'ordre du jour du Maréchal Foch par un représentant de l'Association des Médaillés Militaires puis le discours du Maire de Chalon s/Saône et enfin pour terminer la lecture du message de Madame Florence Parly, Ministre des Armées, par Mr Jean-Jacques Boyer, sous-Préfet de l'arrondissement de Chalon s/Saône.

 

Voici le texte du message lu par Gilles Platret, Maire de Chalon s/Saône

Et nous voici, une fois encore, devant ce monument. Et nous, voici, générées mêlées, rassemblées dans le grand souvenir des mille Chalonnais morts au combat et dont j’invite les plus jeunes d’entre nous à lire les noms gravés au revers de cette pierre. Et nous voici, de plus en plus éloignés de l’horreur du conflit, du récit terrible des anciens combattants qui ne sont plus là, des larmes des veuves qui nous ont quittés, de la sourde douleur des orphelins qui sont aujourd’hui, pour les derniers d’entre eux, nos grands doyens.

Tout commande à la Grande Guerre de passer. Même son centenaire que nous célébrons depuis quatre années déjà. Tout. Et pourtant, la Grande Guerre ne passe pas. Elle demeure vivante dans nos esprits. Elle mobilise notre devoir commémoratif. Elle fait indéfectiblement partie de nous.

Aux corps constitués, impeccablement rangés sur cette esplanade. Aux Anciens Combattants qui se disent, quelles que soient les souffrances qu’ils ont eux-mêmes endurées partout où ils ont défendu l’honneur de notre drapeau, que la souffrance de cinq années de tranchées est décidément incommensurable. A la population qu’un souvenir lointain mais tenace –souvenir familial, souvenir moral, souvenir indicible– convoque chaque année, telle la première année, au pied de ce monument. A chacune et à chacun d’entre nous, la Grande Guerre continue de parler.

On ne bâtit pas l’avenir dans l’oubli du passé. Car oublier, c’est tuer une seconde fois. Nos morts méritent que nous tenions dans leur considération comme ils ont tenu dans leurs tranchées.

En réalité, le profond mystère de cette permanence qui nous habite tous gît sans doute dans les conditions mêmes de cette guerre aux millions de visages.

Car si la Première Guerre mondiale est un enchaînement de mouvements, de courses, de poussées, d’offensives, la Grande Guerre, elle, adopte d’abord le profil d’une guerre de siège, dans l’observation continue d’un ennemi immobile, dans l’enfouissement réciproque des adversaires dans leurs tranchées, dans l’extrême proximité des soldats face à face, dans la mort quotidienne, juste de l’autre côté du parapet. L’historiographie elle-même s’est faite le reflet de cette dualité, tant s’est produit, dans les études sur 14-18 un déplacement de la recherche, depuis l’angle diplomatique, militaire et stratégique, jusqu’à celui de l’humain au cœur du conflit.

Or, ce monument de pierre, érigé par les familles et la municipalité de Chalon dans l’immédiat Après-Guerre, nous ramène forcément à l’humanité de la guerre. Ou, si l’on préfère, à son inhumanité fauchant irrémédiablement l’humanité de nos soldats. Que nous évoquions la guerre par les cartes ou la guerre par les lettres, la guerre par le rapport des généraux ou la guerre par le récit des soldats –voici les deux angles que j’évoquais à l’instant–, c’est une seule et même guerre, qui conjugue souffrances quotidiennes et enjeux mondiaux. N’oublions jamais que tout ne se dilue pas dans la distance et, dans la joie que nous avons le devoir d’entretenir toujours de la réconciliation franco-allemande, gardons cette objectivité de reconnaître que la France portait en 14-18 une ambition qui la dépassait elle-même, qu’elle combattait pour une vision universelle du droit, qu’il ne s’agirait pas de passer trop vite aux oubliettes. Nous soldats ne sont pas morts pour une banale affaire de concurrence diplomatique. Ils sont morts pour défendre le sol de leur patrie attaquée. Ils sont morts comme ils avaient juré de le faire en apprenant à l’école ce sublime passage de la Marseillaise, qu’on appelle « le couplet des enfants » et qu’on ne chante hélas plus assez :

« Nous entrerons dans la carrière. Quand nos aînés n’y seront plus. Nous y trouverons leur poussière et la trace de leurs vertus. Bien moins jaloux de leur survivre que de partager leur cercueil, Nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre. »

En ces temps où l’ennemi reparaît, dans sa forme nouvelle, mais avec cette détermination commune à tous ceux qui, dans l’Histoire, s’en sont pris à la France, n’oublions jamais ces paroles. Elles ne contrarient pas l’image en noir et blanc des soldats disparus. Elles n’opposent aucun démenti à la douleur de cette famille de France recevant en 1915, comme tant d’autres en reçurent, cette lettre-testament de son fils tué en Meurthe-et-Moselle :

« Mes chers parents, Si cette lettre vous parvient, ça sera que je serai foutu. Je vous prie de ne pas trop vous chagriner. Efforcez-vous de vivre avec mon souvenir et que mon image vous soutienne jusqu’au bout. Je serai allé rejoindre un peu avant vous le pays où l’on existe qu’à l’état de souvenir. Efforcez-vous d’entretenir dans ces pensées Emile : qu’il ne m’oublie pas et je désire qu’il soit fier de moi. Mettez-le au lycée dans une classe de sciences et qu’il fonde une famille afin de conserver notre nom, notre sang et notre souvenir. Adieu, mes chers parents, soyez bénis. Je vous ai bien aimés, beaucoup, beaucoup. »

Bien au contraire, les paroles de la Marseillaise, fortifiées du souvenir de nos morts, nous font un devoir de combattre l’ennemi où qu’il soit et quel qu’il soit car ce qui est attaqué c’est, avec la France, notre Liberté. Et c’est pourquoi, tous assemblés ce matin, nous opposons à l’islamisme qui nous a déclaré la guerre le démenti de notre volonté de demeurer un peuple libre, un peuple fier, le grand peuple français !

Vive Chalon ! Vive la République ! Vive la France !

Les autorités

 

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