Chalon sur Saône

La rencontre avec deux chorégraphes, organisée dans le cadre du Festival de danse Instances, a attiré un public nombreux

La rencontre avec deux chorégraphes, organisée dans le cadre du Festival de danse Instances, a attiré un public nombreux

Autour de la question : "Quelles conditions pour la création chorégraphique en Afrique en 2017 ?", les chorégraphes DeLaVallet Bidiefono et Florent Nikiema se sont livrés sur les conditions d'exercice de leur métier et la place de la danse dans leurs pays respectifs, le Congo pour l'un et le Burkina Faso pour l'autre.

"À Brazzaville, il n'y avait ni Conservatoire ni école de danse. On n'avait pas de murs, mais on avait des corps. Les danseurs s'apprenaient les uns les autres. On allait à L'Institut Français, seul lieu où il était possible de rencontrer la danse et les danseurs", explique DeLaVallet Bidiefono. Aujourd'hui, la situation a évolué, pour beaucoup, grâce à lui. Après avoir créé la Compagnie Baninga, il construit, avec ses danseurs, un centre chorégraphique, exclusivement financé grâce aux tournées de la Compagnie en Europe. "L'Art est la principale source de résistance au Congo. Pour faire de la danse ou du théâtre chez nous, il faut boxer, entrer dans le ring", poursuit-il. "Il faut se bander les yeux et avancer parce qu'il n'y a que toi avec toi. C'est un combat, ça ne peut s'arrêter que si on baisse les bras", conclua-t-il avant de quitter la tribune pour présenter à 21h son spectacle : "Monstres On ne danse pas pour rien", acclamé par le public d'Instances, conquis. Florent Nikiema qui venait de présenter "Kobéndé Eau trouble", 1re en France, en ouverture du festival, est revenu sur son parcours : "J'ai commencé à danser dans la rue. Je me suis construit par la danse. Je n'avais pas d'argent pour payer l'Ecole de Danse Internationale Irène Tassembédo (EDIT) mais ils avaient le sens de l'accueil". En 2009, il intègre donc cette école qui jouit d'une vitalité artistique très forte. Aujourd'hui, danseur-interprète professionnel, il enseigne à l'école EDIT et dans son propre espace (le Paraffina Ballet Théâtre) à Ouagadougou.
 
Pour soutenir l'action d'EDIT, un relais en France existe http://www.edit-danse.org/soutenir/amis-d-edit.html 
 

 SBR