Chalon sur Saône

« Festival des Solidarités » : difficile d’avoir la banane après la projection d’un documentaire par le CCFD-Terre Solidaire et Peuples Solidaires de Givry

Dans le cadre du « Festival des Solidarités », qui se déroule en ce moment sur le territoire du Grand Chalon, CCFD-Terre Solidaire, Peuples Solidaires de Givry et ActionAid ont projeté lundi soir à l’Espace Jean Zay de Chalon un film documentaire de François Dardona : « Hold-up sur la banane »*. Un documentaire permettant de mieux appréhender les coulisses de la production d’un fruit désormais de consommation courante.

Faut-il encore présenter le Comité catholique contre la faim (CCFD-Terre Solidaire), association qui  lutte durablement contre la faim en s’attaquant à ses causes, des plus locales aux plus globales ?  Et faut-il présenter Peuples Solidaires de Givry qui, entre autres nombres choses, relaye les campagnes de la Fédération Peuples Solidaires-Action Aid par des actions diverses ? Lundi soir, même si leurs représentants ont touché quelques mots de leurs structures respectives, ils étaient moins là pour cela que pour éclairer le public d’une soixantaine de personnes sur les coulisses de la fabrication de fruit de consommation courante qu’est la banane. Alors, parlons plus d’elle.

La publicité nous bourre suffisamment le mou pour que l’on ne puisse passer à côté, la banane, c’est pas trop cher et c’est bon, tant au niveau du goût que de la santé. Ce qui l’est un peu moins, ce sont les conditions dans lesquelles la plupart de celles que nous achetons et ingérons – celles des multinationales comme Chiquita ou Del Monte – sont fabriquées. En effet, derrière le marketing et les stratégies commerciales, tout l’appareil conçu pour nous faire bouffer de la banane, c’est beaucoup moins glamour : ouvriers de plantations payés à coups de triques et transformés en néo-lumpenprolétariat**, troubles musculo-squelettiques (TMS), maladies professionnelles non reconnues, écocides en cours de réalisation. Le tout, of course, sur fond de corruption et de rapacité financière éhontées. Mais comme tout cela se passe à des milliers des kilomètres de chez nous, notamment outre-Atlantique (Amérique du Sud et centrale), et que la peau de la banane est suffisamment épaisse pour protéger le fruit de tous les pesticides et du glyphosate dont on l’arrose, on n’imagine pas, faute de scandale sanitaire, à quel point les coulisses de la banane sont mal éclairées, glauques, empestent le putride et le poisseux. On l’imagine d’autant moins que, pour des raisons évidentes, les multinationales précitées ne s’empressent pas de communiquer sur ce volet-là de la chaine de production…

En regardant ce documentaire, on éprouve très vite, il faut le dire, l’envie d’ouvrir le gaz et de craquer une allumette. Fort heureusement, l’enquête minutieuse et glaçante des journalistes laisse bientôt place à des lueurs d’espoirs, des solutions, fondées sur un autre mode de culture, sur une autre façon d’envisager les rapports humains et de production. Et comme celles-ci ont non seulement l’air de faire leurs preuves et de gagner de plus en plus de monde à leur cause, on ressort, sinon ragaillardi, en tout cas confiant dans l’avenir, même si l’on peut deviner que, comme chez Aragon, « rien n’est jamais acquis ».

Samuel Bon

*Voir le documentaire : 

http://www.dailymotion.com/video/x4fgd9w

**https://www.universalis.fr/encyclopedie/lumpenproletariat/

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