Cinéma

« La Vie Sauvage » selon Laure Bourdon-Zarader à l’Axel à Chalon

Laure Bourdon-Zarader était l’invitée de La bobine jeudi 23 novembre au soir pour parler de son film « La Vie Sauvage », sélectionné avec sept autres courts métrages par Gilles Colpart pour une soirée spéciale.

Originaire de la région de Montpellier, l’idée de La Vie Sauvage est venue à Laure Bourdon-Zarader de son enfance. Petite, elle avait visité la réserve africaine de Sigean située près de Narbonne. Aussi, alors qu’elle reparlait de ce parc en famille, elle s’est vu répondre qu’il était destiné aux enfants ou à ceux qui en ont, et qu’elle n’était plus une enfant. « Alors au lieu de faire une psychanalyse, j’ai fait un film », dit-elle en souriant. Et quel film !

 

En quatorze minutes, La Vie Sauvage raconte, non sans humour, les vacances d’un couple de trentenaires dont le planning bien ficelé par Arnaud sera quelque peu perturbé par la libido de Nora et leurs chamailleries immatures, les amenant à se mettre en danger dans une réserve animalière où règnent des animaux plus ou moins féroces. Les deux spécimens apparaissent finalement comme des animaux parmi d’autres, avec leurs envies de copulation à satisfaire de manière immédiate, leurs affrontements réguliers ou encore leurs moments d’affection ou de ferveur spontanée, le tout dans la tenue qui les a vus naître.

 

Avec ce film, contrairement à ce que l’on peut voir dans beaucoup d’autres, pour Laure Bourdon-Zarader, il ne s’agissait pas de faire évoluer les personnages. « Pour moi, le cœur du film, ça n’est pas une trajectoire de personnages, ils grandissent un peu mais pas trop. »

 

La jeune réalisatrice a eu du mal à trouver des acteurs. « Il fallait trouver des comédiens à l’aise avec la nudité ». Pour Arnaud, le personnage masculin, finalement « ça libère le jeu ». « L’idée c’était qu’au bout d’un moment on l’oublie presque. La nudité ça peut vite devenir assez vulgaire. L’idée c’était de rendre les choses naturelles ».

                                                                                                     

L’histoire a été tournée sur une pellicule en 16mm, en cinq jours. « J’avais très envie de tourner en pellicule. J’avais envie d’une image un petit peu passée, pour un retour en arrière, un retour à l’enfance. » Il a donc fallu de nombreuses séances de répétition à l’équipe pour que Laure Bourdon-Zarader ait par la suite à réaliser le minimum de prises, sans quoi le film aurait dépassé son budget. La réalisatrice explique que ces répétitions se déroulaient à son domicile ou encore dans une voiture garée sur un parking en banlieue parisienne afin que les gestes et plans soient calés au plus juste avant le tournage.

 

Le travail ayant été assez long pour ces quatorze minutes de tournage, quand une personne de la salle l’interroge sur la réalisation d’un long métrage, elle ne semble pas pressée. Actuellement, le travail principal de Laure Bourdon-Zarader réside dans l’écriture de scénario pour le cinéma et la télévision (série télévisée). Son troisième court métrage, Ma Pomme, sera visible prochainement.

 

M.B.

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