Chalon sur Saône

L'humour "atout pris" d'Artus le conquérant à Chalon

Avec Artus tout le monde en prend pour son grade, dès lors que sa ou ses victime(s) a (ont) suffisamment de rugosité pour que, le grappin mis, piratage qui ne veut pas dévoiler son nom, cela abonde en situations qui friseraient –le mot est faible- l’indécence dans d’autres circonstances…En la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône, le public était vendredi soir dans une « zone de non-droit », davantage que l’antichambre de l’exutoire. Olé !

Un bombardement à très grande échelle, rirothérapie aidant

«Il y a deux lieux importants dans la vie d’un artiste : Broadway…et Chalon », dixit l’humoriste. Le ton était donné avec cette base cimentée, et la complicité ne sera jamais démentie tout au long de la partie de plaisir. L’homme y va fort, sautant à pieds joints à de multiples reprises sur la bien-pensance, condition impérative pour que le spectateur se gave de toutes les « dénaturations » en évidence dans le garde-manger. La beaufitude a beaucoup botté, d’autant plus que le champ des possibles a été largement balayé. Deux personnages ont eu droit cependant à tous les honneurs si l’on peut s’exprimer ainsi, à savoir un policier plutôt, doux euphémisme, primaire, et le très maniéré « Gaybécois », avec dans les deux cas l’administration d’une rigologie qui a prouvé son efficacité.

Mais si Artus fait feu de tout bois vis-à-vis de ses cibles (à connotation raciale, sexuelle ou sur la nature d’un handicap), il n’hésite pas à brûler sa vie par ailleurs, s’affublant d’adjectifs pas vraiment étincelants en ridiculisant son physique. L’autodérision pour faire passer la pilule, ou bien pour démontrer avec clairvoyance que la dérision frappe aveuglément ? Histoire d’accréditer ses thèses l’artiste s’appuie énormément sur son public, le questionne, puis fait admirer son sens poussé de la créativité, encore une facette de la maîtrise de son art, décernant par là même ses lettres de noblesse au théâtre d’improvisation, formidable pourvoyeur d’inventions verbales spontanées en capacité d’entretenir avec brio le réflexe de l’hilarité dans le camp d’en face.  Le domaine de la chanson a également été abordé, « La valse à mille temps » de Brel devenant «La vanne à mille temps »…Jusqu’au bout, et quelle que soit la forme et le fond, le déversoir des railleries aura tenu le haut du pavé. Censeurs, reprenez à présent le cours de votre existence…

                                                                                                              Michel Poiriault

                                                                                                             poiriault.michel@wanadoo.fr.          

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