Chalon sur Saône

Tenez-le-vous pour dit : vous aurez la chair de poule si vos pas vous mènent jusqu'au Théâtre Piccolo le 16 mars...

A Chalon-sur-Saône le Café-Théâtre, mis temporairement sous l’éteignoir, s’apprête à faire le plein d’énergie positive. Tel le phénix, il va renaître de ses cendres, pas plus tard que le vendredi 16 mars à 20h, au Théâtre Piccolo. Avec la pièce « Chair de poule » écrite et montée en 2013 qui comptabilise une centaine de représentations, les frissons ne devraient pas mettre longtemps avant de se manifester…Interview de l’artiste protéiforme Clément Cordero pour info-chalon.com

Et tout d’abord voici le pitch officiel :

« La 1 ère comédie horrifique sur scène !
 
Math, Jenny, Pam et Jack, 4 jeunes amis, partent en week-end dans un chalet familial au cœur du pays Cajun, en Louisiane. Un séjour de détente et de fête qui va très vite basculer dans l'horreur :
rencontres, gallinacé, révélations, chimie et alchimie s'entremêlent pour leur plus grand malheur et votre plus grand bonheur !

Retrouvez cinq comédiens au service de personnages déjantés, d'une histoire haletante et angoissante et d'effets spéciaux à vous couper le souffle.

Des larmes, des rires, du sang et des plumes : le cocktail explosif d'une heure vingt de fous rires. »

 

 

Coauteur, metteur en scène, comédien, ce doit être super jouissif ?

« Oui, ça on peut le dire, c’est même plus que jouissif ! L’avantage de finalement écrire une pièce, de la mettre en scène et de la jouer, c’est qu’on peut « la maîtriser de A à Z ». Et puis c’est vrai que c’est toujours plus facile quand même de mettre en scène une pièce qu’on a écrite, puisque que quand on l’écrit, et c’est vrai que mon coauteur Julien Bourières pour lui c’est la même chose, au moment de l’écriture on a vraiment tout qui se dessine dans notre tête. Donc les lumières se mettent en place, les sons, les déplacements…On a vraiment un petit film qui se monte dans nos têtes en commun, et c’est ce gros avantage qu’il y a avec Julien. On a finalement une culture théâtrale qui est plus pauvre que notre culture cinématographique, par conséquent on réfléchit toujours en termes d’images, c’est pour ça que j’ai parlé d’un petit film qui se présente à nous quand on est au moment de la création. »   

 

Qu’est-ce qui est le plus complexe à gérer : l’une des trois spécialités, ou leur articulation ?

« Ce qui est compliqué, la seule grosse difficulté, c’est de faire la mise en scène quand on joue dans la pièce, parce que du coup on est obligé de se mettre en scène, ce qui fait que des fois on peut manquer un peu de recul sur son propre jeu ou la propre direction d’acteurs qu’on s’applique.Mais par contre c’est la solution qu’on a trouvée avec une co-mise en scène aussi, c’est-à-dire que quand l’un des deux comédiens était sur le plateau, l’autre pouvait prendre du recul pour le diriger. Donc c’est pour ça que Julien m’a dirigé, et je l’ai dirigé quand on était sur scène. »

 

De quel genre d’humour s’agit-il ?

« C’est très varié. Je ne pense pas qu’il y a un humour dans cette pièce, mais plutôt plusieurs, et surtout, ce qui est important à préciser, c’est que pour nous l’objectif n’était pas justement l’humour sur la pièce. Sur aucune de nos créations d’ailleurs ce n’est le cas, on essaye vraiment de traiter un sujet avec notre vision. Si c’est drôle, j’ai envie de dire, tant mieux, mais c’est vrai que pour nous ce n’est pas nécessairement le gage de qualité d’une pièce, on n’attend pas le rire. Donc dans cette pièce on va passer par des moments drôles, puisqu’on va avoir du comique de situation, de gestes, on a de l’humour noir bien sûr puisqu’il s’agit d’une « pièce d’horreur », mais on va aussi avoir des moments émouvants, qu’on espère.  Après, ça ne fonctionne pas toujours auprès de tous les publics. Notre volonté, c’était vraiment de faire passer le spectateur par toutes les émotions et de le surprendre. L’idée c’est toujours d’être dans la surprise. On est beaucoup dans le comique de l’absurde. »   

 

Vous le destinez particulièrement à qui ?

« Ca a été une grande question quand on a écrit la pièce : à qui ça va s’adresser ? On ne voulait pas tomber dans l’esprit de chapelle en ne s’adressant qu’à une petite frange de la population, et en fait avec le type de film auquel on fait référence, puisque le pionnier du genre ça a été « Délivrance » au cinéma, le film de John Boorman, on s’aperçoit que finalement toutes les générations ont des références de ce type de film qu’est le survival. Donc de 7 à 90 ans, on constate que les spectateurs ont les références. Pour répondre, il n’y a pas de cible à proprement parler, c’est vraiment tout public, et les cent représentations qu’on a déjà effectuées l’ont bien prouvé, puisqu’on a eu du succès autant auprès des petits que des personnes plus âgées. »

 

Que dire sur Cocotte Cie, qui est derrière « Chair de poule » ?

« C’est une Compagnie qui est basée à Lyon-Vénissieux, et a été fondée il y a un petit peu plus de trois ans. Derrière cette Compagnie, c’est vraiment l’idée d’approfondir justement ces pièces très cinématographiques, c’est-à-dire qu’on a toujours au point de vue de la mise en scène, des musiques, du type de jeu, une recherche très ciné. On a envie que les spectateurs se retrouvent face au grand écran, et voient des choses sur scène auxquelles ils ne sont pas habitués, tant par rapport aux effets de lumière, aux effets de son, même au type de mise en scène, aux déplacements…On tient vraiment à reconstruire cette richesse qu’on peut avoir au cinéma. » 

 

Comment le public a-t-il réagi jusqu’à présent ?

« C’est très curieux, puisque dès les premières dates en fait on a eu ces retours : « Ah oui, c’est drôle, mais pas tout le temps ! » Des gens nous ont presque « reproché » d’avoir versé une larme à quelques moments, et ils ne s’y attendaient pas, c’est ça qui était assez jouissif pour eux, et du coup, pour nous. Donc on a d’assez bons retours, et souvent, ce qu’on nous dit, c’est que l’on n’a pas l’habitude de voir quelque chose comme ça sur scène. Ce qui est un avantage et un inconvénient, c’est que ça peut être compliqué pour la faire programmer dans certaines salles, qui ne sont à la recherche que de comédies pures. »

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

« Par rapport au théâtre, on a toujours été bercés par le comique de l’absurde avec Ionesco, Beckett, des gens comme ça. Par rapport à la télévision, au type d’humour, on nous parle souvent des  Monty Python, c’est une vraie source d’inspiration pour nous. C’est l’essentiel de nos références. »

 

Quid du futur de Cocotte Cie ?

« Déjà, l’exploitation de la toute dernière création que nous venons de réaliser, qui s’appelle « Les Vieux, ou en attendant que les kiwis volent ». C’est une pièce vraiment à part, et peut-être que le comique est un peu moins présent. On est sur une fable nostalgique que Julien Bourières, mon coauteur, a écrite, dans laquelle je joue, et on a voulu raconter des choses assez personnelles, parce qu’on s’est penchés sur le patrimoine de nos familles, puisque lui vient du Lot et moi de l’Aveyron. On a traité de ces sujets, ces anciens qui disparaissent avec vraiment des pans d’histoire et de patrimoine français avec eux. Bien sûr, c’est traité de manière légère, toujours d’une manière absurde et on frôle la science-fiction. C’est le premier objectif, il faut vraiment qu’on puisse la développer, c’est un projet dans lequel on s’est énormément investi à tous points de vue. Et puis il y a de nouvelles créations qui sont en cours, toujours sur cette idée de prolonger le petit écran et le grand écran sur scène. Donc voilà deux pièces en préparation actuellement. »

 

Entrez dans la danse

Renseignements auprès d’A Chalon Spectacles au 03.85.46.65.89 (spectacles@achalon.com) Tarif : 22,00 euros. Points de location : Office de tourisme et des congrès du Grand Chalon (03.85.48.37.97) Réseau Ticketnet : Auchan – Cora – Cultura – E. Leclerc – Virgin Megastore – Le Progrès – www.ticketnet.fr Réseau France Billet : Fnac - Carrefour – Géant – Sytème U – Intermarché – www.fnac.com; www.carrefour.fr; www.francebillet.com  

 

Crédit photo : Nicolas Semenioukoff et Josselin Grangé   

                                                                                     Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                    poiriault.michel@wanadoo.fr  

 

 

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