Chalon sur Saône

CONSEIL MUNICIPAL DE CHALON - Le débat d'orientation budgétaire disparaît sous un épais manteau de neige...

Dans la vie politique d'une commune, le débat d'orientations budgétaires est toujours un moment clé, donnant les éléments stratégiques sur les années écoulées et surtout sur les perspectives à venir. A Chalon sur Saône ce jeudi soir, il aura fallu passer au travers des flocons pour en extraire des données à vous partager.

Chacun aura bien compris que le débat d'orientations budgétaires permet à la majorité comme à l'opposition de poser son argumentaire vis à vis de sa gestion municipale et des ambitions que les uns et les autres entendent porter. Chacun aura bien compris également que jeudi soir, l'ombre des prochaines municipales plane, au regard des invectives prononcées en ce dernier conseil. Alors lorsque l'occasion est donnée de pointer la gestion financière de ces dernières années et de mettre la majorité municipale face à sa propre gestion, l'opposition en profite. 

Un plan de sauvetage sur 3 ans

L'honneur de la présentation des détails financiers est revenu à Maxime Ravenet, adjoint au maire, qui a pris soin de décortiquer l'ensemble des données chiffrées alors que le budget primitif de la ville sera examiné le 5 avril prochain. L'adjoint en charge des associations a rappelé les conditions de la mise en place "d'un plan de sauvetage des finances communales sur une période de trois ans afin de faire face à une situation financière extrêmement préoccupante" mais également le fait "que Chalon a été une des rares communes à baisser son taux de taxe d'habitation entre 2015 et 2017".

Concrètement que disent les données chiffrées ? 

La capacité d'auto-financement nette de la ville de Chalon après s'être située à - 2,3 millions d'euros en 2014 avait plongé à - 3,8 millions d'euros en 2015 pour se situer à un niveau analogue à celui de la fin de mandat de Christophe Sirugue à - 2,1 millions d'euros. 

Du côté de la dette de la ville de Chalon qui s'établissait à 74,6 millions d'euros en 2014, puis à 75,4 millions en 2015, 69,7 millions en 2016, elle s'établit désormais à 74,2 millions aujourd'hui, soit à quelque chose près le montant à la fin du mandat de l'équipe précédente. 

La durée de désendettement de la ville de Chalon sur Saône passe quant à elle de 12,7 en 2014 à  14,4 ans aujourd'hui.

Autant d'éléments qui n'ont pas échappé aux élus de l'opposition, évoquant l'absence de "déontologie" dans les propos de la majorité, "Malgré cette situation financière extrêmement tendue, confirmée par le rapport de la Chambre Régionale des Comptes. La CRC n’a pas utilisé ce terme « extrêmement ». Et je rappelle que c’est un point que nous avons toujours reconnu : situation tendue, mais loin du tableau catastrophique que vous brossez" a rétorqué Nathalie Leblanc. "Votre endettement est quasi à l’identique de celui de 2014, mais avec des comptes dégradés, ce qui fait toute la différence. Votre adjointe à l’éducation me l'a signifié en commission : « nos poches sont vides » a t-elle rajouté. 

Et la neige vient une nouvelle fois semer la zizanie...

"De baisse en baisse… Cela devient énorme. Rigueur budgétaire oui, asphyxie des services, non.
Le dernier exemple en date est l’absence de déneigement de la ville lors de l’épisode neigeux de la semaine dernière. Le mécontentement des Chalonnais était manifeste, et à juste titre. Votre inaction a démontré au grand jour que vous ne donnez pas aux services de la Ville les moyens de fonctionner correctement" a rajouté Nathalie Leblanc.

Des propos sur l'analyse financière, qui auront fondu "comme neige au soleil" dans la réponse formulée par Gilles Platret.

"C'est un effort substantiel qui a été demandé à nos agents. Chacun a été convaincu des efforts à faire, peut-être inédit dans une ville comme la nôtre. Je parle de chacun des agents de la collectivité. Oui, il y a des époques plus faciles en matière de dépenses. On a demandé à ce que les efforts soient partagés par les partenaires de la collectivité. C'est une oeuvre de redressement associant tout le monde, et qui rend notre budget durable". 

"Je crois même que nous avons développé des services publics qui n'existaient pas. C'est l'enjeu on tient les finances pour rassurer les services publics. C'est de pouvoir dégager des marges de manoeuvre nécessaires au bien-vivre des habitants" a rajouté Gilles Platret. 

"Vous me posez un problème Mme Leblanc. Finalement vous apportez vous même dans vos excès, les réponses à vos questions. On a presque envie de ne rien ajouter. Sur le déneigement, je vous remercie de considérer que le maire chausse sa parka, peut être rouge d'ailleurs, lorsque la neige tombe et qu'il est responsable du déneigement. L'épisode a exécuté en tout point le protocole de viabilité hivernale que vous avez voté en 2011. Les services ont appliqué la délibération du 28 novembre 2011. J'ai bien vu les tentatives actionnées sur les réseaux. Je me demande si je n'ai pas fait la danse de la neige. Vous mettez en cause les services. Quand vous avez hurlé avec certains loups que rien n'était fait, vous oubliez que les équipes avaient salé préventivement la veille au soir et que toutes les équipes étaient sur le terrain. Elles ont déneigé ou pas ? Répondez moi !"

Le plan de deneigement de 2011 sur le banc des accusés

"Pourquoi ne pas avoir supprimé ce plan si il n'est pas fonctionnel" a répondu Nathalie Leblanc. "Les agents ont-il déneigé ? J'attends votre réponse !" a lancé Gilles Platret avant d'interpeller Françoise Verjux-Pelletier, qui maladroitement s'est prise les pieds dans des erreurs de nom de rues. Une erreur fatale qui est venue conforter Gilles Platret dans son argumentaire. "Vous ne savez pas que dans le plan que vous avez proposé, qu'il y a plusieurs entités qui interviennent. Ce n'est pas la ville qui intervient !  Vous étiez en responsabilité ! C'est extraordinaire. Vous considérez que les agents n'ont pas fait leur travail. Je ne jette pas la faute sur le département avec un épisode neigeux brutal avec une intervention partout et comme il le pouvait. Retournez sur votre plan de 2011 ! Vos arguments fondent comme neige au soleil, voilà la vérité !". 

"Les rues piétonnes sont en N3 et déneigées en dernier, vous avez l'explication de vendredi matin. On va réadapter notre plan. On tapant trop facilement, vous manquez votre cible, mais ceux qui bossent depuis 1 h du matin qui s'en prennent plein la tête. Le sel fait son effet dès lors que la température de la route est au-dessus de -6°c. Par rapport au tweet cité, personne n'a passé la nuit dehors à Chalon dans sa voiture. Je ne dis pas qu'on ne peut s'améliorer et on va le faire mais je ne peux pas laisser dire que les agents n'auraient pas agi".

 "Jamais vous n'intervenez sur les chiffres Monsieur le maire" a rajouté Nathalie Leblanc. Une session qui s'est terminée avec un vif échange entre Gilles Platret et Nathalie Leblanc sur le dossier de Charréconduit (sur lequel info-chalon.com reviendra plus tard) au point même de soulever une dernière polémique sur la nature du vote portant sur le débat d'orientation budgétaire. Un sujet qui devrait ressurgir en avril prochain. 

Laurent Guillaumé

 

 

 

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