Chalon sur Saône

Silence on tourne, une comédie aux multiples aspérités, avec beaucoup de coeur à l'ouvrage

Le sixième pan des Théâtrales 2017-2018 du Grand Chalon, matérialisé par la pièce Silence on tourne guidée par l’objectif de faire de l’épate à sa manière, a signifié ce mercredi soir dans la salle Marcel-Sembat, l’arrêt pur et simple de la saison à Chalon-sur-Saône. Pour autant, ce n’est pas la tristesse qui a prévalu, mais plutôt son ennemi juré, le rire indestructible. En attendant leur réintégration dans l’Espace des Arts, ce dès l’exercice 2018-2019 avec des têtes d’affiche comme Didier Bourdon, Marie-Anne Chazel, Patrick Chesnais, Laurent Gamelon, Gérard Jugnot, Valérie Karsenti, Isabelle Mergault et consorts…

Ce ne fut pas un long fleuve tranquille…

Avec Silence on tourne (nominée aux Molières 2017 en tant que meilleure comédie), le public, mobilisé d’emblée, se voyait confier pour une fois le rôle de figurant de théâtre, ce qui a eu pour effet de le rendre responsable et participatif, l’interactivité n’étant pas étrangère au bel ordonnancement de l’ensemble. Dame, le but de la manœuvre résidait ni plus ni moins dans le tournage du film Une étoile est morte, consécutivement à l’assassinat par son mari jaloux qui était présent dans la salle. Au cours de cette représentation rassemblant, excusez du peu, douze comédiens, dont la tête pensante, le très ingénieux et risible Patrick Haudecoeur, assistant-réalisateur coauteur et metteur en scène, lequel n’aura eu de cesse de temporiser, faire diversion et le tampon entre toutes les parties afin d’écarter la hantise du clash, on a retrouvé dans le déroulement nombre de situations qui envahissent notre quotidien : le mari cocu qui veut se faire justice lui-même, le producteur criblé de dettes qui minaude pour obtenir un chèque réparateur de son épouse, des intrigues amoureuses et des tromperies, un second couteau qui s’illusionne, l’assistant-réalisateur qui  écrit un scénario pour lequel des prétendantes rivalisent de perfidie afin de glaner le premier rôle, etc. l’histoire bringuebalante avec ses pics, ses chutes ne pouvait qu’éveiller les sens, surtout lorsque l’applaudimètre s’est mis à passer la surmultipliée, au moment où un figurant, incarnant l’amant est monté sur scène…Il y avait matière à rire, quelles que soient les circonstances. La chanson de Ray Ventura projetée de façon parfois facétieuse sur un écran  précédant le baisser de rideau était d’ailleurs à l’avenant, les spectateurs étant invités à pousser la chansonnette avec Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Signe tangible du taux d’intérêt, une standing ovation dans les travées, soit le plus bel hommage rendu traduisant l’assentiment général.

                                                                                                       Michel Poiriault

                                                                                                      poiriault.michel@wanadoo.fr

 

 

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