Chalon sur Saône

La mise en garde très claire du corps médical de l'hôpital de Chalon à Christine Ungerer, Directrice de l'établissement de santé

Bien au-delà des représentants syndicaux, les médecins, quelque soit leur spécialité, ont mis en garde Christine Ungerer, Directrice du Centre Hospitalier de Chalon sur Saône, sur la stratégie ou l'absence de stratégie autour de la cardiologie. Une mise en garde cinglante et clairement assumée.

Le dossier de cardiologie chalonnaise est loin d'être éteint, alors même que l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche Comté doit présenter d'ici quelques jours, le Plan Régional de Santé version 2. La version 1 ayant été refusée en bloc par un grand nombre de conseils municipaux, le conseil départemental de Saône et Loire ou encore le conseil régional de Bourgogne-Franche Comté. En attendant, ils sont en nombre les médecins, à l'image d'Eric Monard, médecin interne de l'hôpital de Chalon à être monté au créneau face à ce qu'ils qualifient d'inertie de la direction. 

Difficilement, Christine Ungerer, a essayé de rappeler que la neurologie ne serait pas impactée par la cardiologie. Des propos qui ont soufflé le chaud sur les braises de la filière cardiologique, irritant toute l'assemblée. "Mais comment pouvez vous dire cela, alors que la neurologie travaille constamment avec la cardiologie" ont lancé des neurologues. "L'évolution de la cardiologie n'a pas d'impact direct sur l'USINV" a rappelé la directrice, "C'est une USINV départementale. Il est clair que notre établisssement ne pourra travailler sans cardiologues" a-t-elle toutefois répondu Christine Ungerer. 

"Certes, mais concrètement que faites-vous pour la cardiologie ?"

"On sait qu'il va y avoir des impacts énormes". "L'absence d'accord pour la coronographie fait qu'on reste sur la même organisation médicale qu'actuellement . Il n'y a pas d'impacts pour le moment". 

Catherine Pillon, déléguée FO a demandé des comptes à Christine Ungerer, "mais que faites-vous pour défendre le dossier de la coronographie à Chalon sur Saône et pour tout le territoire nord de la Saône et Loire, dîtes-nous !". "Vous nous avez dit que vous n'étiez pas inquiète, nous on l'est ! Ca va être compliqué de rester sur un site soit disant pivot si on n'a pas cette activité. Quel est le message que vous faites passer à M. Pribile ? Parce qu'avec nous il n'entend rien !".

"J'ai toujours été persuadé que le seul moyen de résoudre c'était d'être dans le compromis. Il a fait des propositions d'ouverture, ca n'a pas été jugé suffisant par nos équipes, mais je reste persuadée que c'est dans le compromis, d'intégrer l'intégration d'un groupement de santé. Je ne soutiens par l'ARS".

"Quelle sera la cardiologie de demain ?"

"On restera sur la même organisation qu'actuellement !" a lancé la directrice, évoquant le fait que l'hôpital de Chalon ne soit pas doté en coronographie. Des propos qui ont mis le feu aux poudres. "Les cardiologues qui sont là aujourd'hui parce qu'il y avait une perspective. Le problème, il existe. On a perdu deux assistants, deux recrutements en rythmologie qui ne sont pas venus. On n'a pas de perspective. Pour l'USIC, ça a pu survivre parce qu'on a fait énormément d'efforts sur notre temps de travail mais on va le payer !"

"Regardez les comptes horaires !"

"Il y a un an de temps additionnel partagé entre 5 ou 6 médecins ! Et ce malgré le recours à l'intérim. C'est terminé ! mon emploi du temps est fait pour l'année. L'USIC ne peut tourner. Je n'ai aucun interimaire sur le mois d'août" a lancé le responsable de l'USIC de Chalon sur Saône. Des propos qui ont quelque peu surpris la directrice, l'invitant à remettre les documents administratifs à la direction, "documents remis il y a plusieurs semaines" a d'ailleurs ironisé le médecin. "On regardera concrètement ce qu'on peut faire. Il faut travailler de manière précise". "On va vous remettre les plannings mais votre administration est déjà au courant !".

"Il faut distinguer l'USIC et l'USINV même si les cardiologues sont importants. J'ai alerté l'ARS sur le sujet, on travaille dessus. Je n'ai pas dis qu'il n'y avait pas de problèmes en démographie médicale. Si on n'a pas l'angioplastie, on sera dans la continuité du fonctionnement actuel. Il faut poursuivre une politique de recrutement médical".

"Je suis très surpris, j'ai l'impression d'un déni de réalité" pour Eric Monard

"J'ai l'impression d'un déni de réalité. Ya-t-il un quelconque projet ? On redoute l'explosion de la filière cardiologique de Saône et Loire. Quels sont vos projets ? Qu'est ce qui a été prévu ?". Une question choc adressée à la direction et dans laquelle s'est engouffrée d'autres médecins, "ça va faire un effet boule de neige ! Le combat de la cardiologie, c'est le combat du centre hospitalier de Chalon. Je suis praticien en maladie infectieuse, arrivée en 2014 dans une dynamique. Il y a aura des effets collatéraux sur toutes les spécialités. Les gens partiront, il ne faut pas se voiler la face !". 

"Je suis convaincue que la cardiologie est majeure. Je ne suis pas dans le déni"

"C'est d'accepter le GCS avec Dijon et Mâcon !" "Chalon doit avoir une table de coronographie, ca devrait être naturel, normal. On devrait pas se battre

"Je suis pragmatique, la régulation appartient à l'ARS. on doit s'inscrire dnas un cadre et le seul moyen d'avoir une autorisation, c'est de s'inscrire dans ce cadre. Je ne suis pas l'ARS, je ne suis pas défenseur, on peut encore avoir une perspective très forte d'avoir cette autorisation. On est sur la poursuite d'avoir l'USIC sans coronographie. Je suis conscient de l'interdépendance des spécialités" a rajouté Christine Ungerer. 

"Pouvez vous affirmer que ce GCS convient à l'hôpital de Chalon sur Saône ? "

"Je pense que les positions se sont rapprochées. L'état d'esprit de Dijon et de Mâcon a évolué depuis un an. on pourrait encore discuter des détails de tel ou tel indicateur. A titre personnel, bien évidemment que je souhaite un plateau. L'ARS souhaite une organisation sans mettre en péril l'activité de Mâcon, sous l'égide du CHU de Dijon". 

"Ca ne fait pas un an qu'on discute... ça fait 10 ans !"

"Maintenant on est épuisé, il n'y aura aucun cardiologue actuel qui ira discuter. Soit il y a un centre, soit il n'y en a pas. Il faut que l'ARS prenne ses responsabilités. Je vous préviens tout de suite, faites des recrutements larges avec d'autres cardiologues qui eux le feront. Ca sera d'autres cardiologues, le tout c'est qu'il y en ait ! Mais aucun d'entre nous n'ira !". "Ce sont tous les médecins de l'hôpital qui sont outrés, face à des arguments fallacieux. Je suis très surpris d'entendre que vous partagez la proposition de l'ARS" a rajouté Eric Monard. 

"Ya un tel irrespect de la part de l'ARS à notre égard, que si il y a un problème il faudra qu'ils assument leurs responsabilités" a prévenu Alain Chalot, délégué CGT, "c'est insupportable d'entendre ces discours. Qu'il vienne s'expliquer, qu'il explique, ya tellement longtemps qu'ils ne viennent plus au conseil de surveillance. Qu'il vienne rencontrer les usagers, les agents, les associations...Comment pouvez vous accepter en tant que directrice, de tels propos". 

"Je voudrai vous mettre en garde, un certain nombre de propos évités jusqu'à présent, ne seront pas toujours évités". 

"Je ne demande pas d'excuses des propos de M. Davigaud. Pendant un an, après pendant plus de 3-4 ans, il y a eu un débat public sur la nécessite de l'angioplastie, ce débat a été mené dignement, sans violence. On aboutit à une grève exceptionnelle, je n'ai jamais vu une assemblée générale avec plus de 50 % du corps médical en grève. Je voudrai vous mettre en garde, un certain nombre de propos évités jusqu'à présent, ne seront pas toujours évités" a conclu Arnaud Dellinger, qui s'était promis de ne pas intervenir. 

Laurent Guillaumé

Photos Laurent Guillaumé - info-chalon.com

 

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