Chalon sur Saône

Sprinter et marathonien de l'attaque perfide et frontale, Gaspard Proust a taillé dans le vif à Chalon

Ouvertement moqueur, misogyne, alerte pour tailler des croupières et exploitant des basses causes, misanthrope, opportuniste…ou visionnaire génial en fonction des partis pris, l’humoriste Gaspard Proust a ce vendredi soir à Chalon-sur-Saône dans une salle Marcel-Sembat profusément remplie, déclenché la mise à feu du réacteur appliqué à la dénaturation. Il n’aura rendu passif le moteur qu’une heure trente minutes plus tard, laissant un nombre considérable de victimes sur le flanc…et des entendeurs en pleine extase.

La floraison de dérouillées

L’amuseur public n’a pas été avare de crimes verbaux de lèse-majesté au cours de son « Nouveau Spectacle », son pouvoir de pénétration n’accordant aucune chance d’en réchapper  à ses souffre-douleur d’où qu’ils viennent. Au jeu du coup de scalpel dans la plaie béante,  le plénipotentiaire aura été sans pitié aucune, d’où un éloquent tableau de chasse qui a cloué au pilori personnages en vue ou modes de vie. Après une longue séquence lors de ses propos liminaires durant laquelle une voix off –la sienne- devait conditionner les spectateurs seuls devant une scène désespérément vide en déblatérant tant et plus à vitesse grand V, le jusqu’au-boutiste apparut… affublé d’une tenue tyrolienne ! La politique (Anne Hidalgo, Hamon, Taubira, Hollande, au sujet duquel il a balancé que « La France avait trouvé le martien de « La Soupe aux choux »), le foot (Neymar, Mbappé), la S.N.C.F., les nazis, le féminisme, le sida, l’instauration de subterfuges destinés à tromper la vigilance d’éventuels terroristes dans la salle, le mariage pour tous, les religions dont l’islam en locomotive, la GPA, de grosses et triviales allusions au sexe, bref un examen par le menu d’une certaine approche sociétale, approche qui visiblement a été très loin de déplaire à des sympathisants chalonnais gavés de piques en bonne et due forme, et pourtant jamais rassasiés à la lueur de leurs réactions pelotonnées dans l’antichambre de la mise à mort.

 

Des exemples révélateurs

L’outrecuidance fut donc sa précieuse auxiliaire, qu’il a rognée jusqu’à l’os. « « Quelque part je suis le Jawad de l’humain », a-t-il osé. A l’intérieur de son cahier des charges immoral, des assertions frisant l’indécence, à tout le moins la galéjade, parfois non dénuées de bon sens. «Je suis de la gauche caviar bien sûr, mais s’il reste de la truffe j’y vais aussi ! » Le PS a été littéralement laminé : « Je pense que dans ce pays il y a plus de pandas vivants que de socialistes. » La classe aisée a également été vitriolée : »Le sac à main est à la bourgeoise ce qu’une sardine est à l’otarie. » Plus anonyme, mais tout autant porteuse de germes agressifs, cette citation : »Le couple est le seul endroit où la résignation est perçue comme de la sagesse. » Et chacun(e) de lui donner systématiquement raison, en acquiesçant des deux mains ou grâce au rire récurrent. Le brillant oral venait de départager tout le monde…

 

Crédit photo : Pascalito, juste une illustration car Gaspard Proust a refusé par avance les clichés

                                                                                                         Michel Poiriault

                                                                                                       poiriault.michel@wanadoo.fr 

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