Chalon sur Saône

Le très christique Christophe Willem a envoûté les Chalonnais, à grand renfort de magnétisme

Pour sa cour, il était impatiemment attendu comme le Messie ce jeudi soir à Chalon-sur-Saône, en une salle Marcel-Sembat transformée en chaudron, même si la jauge, doux euphémisme, n’a pas été atteinte. Pour sûr, Christophe Willem n’a pas déçu ses plus fervents partisans et les autres, n’ayant en tête qu’une seule préoccupation : s’immerger dans le climat ambiant en respectant à la lettre les fondamentaux d’une entreprise vouée à la libération du corps et de l’esprit. La fête à tout prix. La fête, atout pris, deux heures durant, à l’occasion de la tournée « Rio ».

Marvin Dupré pour ouvrir le chemin du succès

Le public a de prime abord été plongé dans le grand bain de l’enivrement par Marvin Dupré, celui-là même qui a participé en 2017 aux auditions à l’aveugle de l’émission télévisée « The Voice », et qui précède Christophe sur l’ensemble de la tournée. Sa prestation n’a pas été piquée des vers, et sa voix chaude, ses mots empreints de bon sens incitant à se mettre en position réfléchie, appliqués à son EP « Au plus près », seront allés bien au-delà d’une simple entrée en matière et du largage des amarres.

 Une ambiance survoltée

Lorsque vint Christophe Willem, à l’incomparable tessiture multidimensionnelle, chacun savait à quoi il s’exposait. A une aventure en bonne et due forme dont on ressort indemne, après toutefois avoir vidé le carburant de son réservoir. Car l’artiste, généreux, se démène souvent comme un beau diable, joint le geste à la parole, fait en sorte de cristalliser l’attention pour emmener ses ouailles vers un ailleurs peuplé de scènes parlantes où il suffit de remettre les compteurs à zéro pour que jouissance mentale s’ensuive. L’humour n’est par ailleurs pas la moindre de ses qualités lorsqu’il l’invite, le chanteur se montrant aussi ému aux larmes quand il annonce le décès d’une « vraie » personne rencontrée au Brésil au moment de la confection de son album « Rio », lui dédiant le concert. Coudoyé par ses musiciens (au clavier, à la guitare, à la basse, et à la batterie), « La Tortue », également auteur-compositeur, a inondé la scène de résonances électro pop, de groove, de soul…en fonction des terrains abordés. Le triomphateur de « Nouvelle Star » en 2006 a priorisé son 5ème album studio, « Rio », sorti en 2017. A l’image des titres « Copacabana » ou « Madame ». Il a puisé dans son patrimoine, remettant par exemple sur leurs jambes  « Lovni », «L’été en hiver », ou « Le chagrin », de l’album « Paraît-il ». L’album « Inventaire »a également été revisité, avec « Quelle chance ». Sans oublier l’inoubliable « Double je », descriptif bien évidemment non exhaustif. Il y avait dans sa manière d’être un je-ne-sais-quoi d’insondable et de contagieux appartenant à la musique rythmique, ainsi qu’aux textes, prêts à enflammer par leurs envolées lyriques qui caressent la noblesse de l’âme. De la belle ouvrage qui est allée droit au cœur des adulateurs en particulier, lesquels, debout, l’ont soutenu autant que faire se peut, en dansant le cas échéant.

                                                                                           Michel Poiriault

                                                                                          poiriault.michel@wanadoo.fr

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