Chalon sur Saône

Info-chalon.com donne la parole au mouvement "La Voix Lycéenne" de Chalon sur Saône

Alors que la grogne lycéenne a passé un cap cette semaine, avec plus de 1500 lycéens mobilisés pour la seule matinée de vendredi à Chalon sur Saône, élève en terminale au lycée Emiland Gauthey, Kévin Nicolas a répondu aux questions d'info-chalon.com.

Depuis deux semaines, les lycéens Chalonnais comme les autres sont entrés dans une phase de revendication. Quelles sont-elles ?

Nos revendications concernent l'ensemble des lycéen.ne.s de France. Nous voulons tout d’abord dénoncer le caractère injuste de la sélection à l'université, elle repose sur des critères sociaux tels que le lycée d'origine ou la prise d’initiative. De plus, les Lettres de Motivations sont plus simples à faire correspondre aux demandes des universités quand on vient d'un milieu plus aisé. Il existe d’ailleurs des entreprises qui se sont spécialisées dans l’aide à la création de Lettre de Motivation pour correspondre aux critères demandés.

L'Université est un lieu de mixité sociale et il doit le rester. On constate une hausse de 50% du nombre d'étudiants en France depuis les années 2000 et pourtant les budgets ne cessent de diminuer, encore l'année dernière, 331 millions d'euros ont été supprimés pour l'Enseignement Supérieur. On demande plus de moyens dans les filières sous tensions pour permettre à chacun de faire les études qu’ils veulent. On souhaite également que l’on aide réellement les étudiant.e.s à s’en sortir financièrement.

C’est inadmissible pour nous de voir qu’ils sont pour la plupart obligé de cumuler étude et travail. Les prix des loyers ne cessent de grimper et il faut répondre à ce problème avec des mesures concrètes, pour mettre fin à la précarité étudiante. En tant que lycéen.ne, nous sommes contre le Service National Universel (SNU) obligatoire, qui coûtera au minimum 1,7 milliards d’euros par an, c’est de l’argent qui pourrait servir à embaucher des professeurs et à régler le problème des filières sous tension. Nous sommes également contre le fait d’avoir plus de 25 élèves par classe, j’en suis témoin, c’est très difficile de travailler quand on est plus de 30.

Et enfin, nous voulons le droit de gréver. Les lycéen.ne.s souhaitent pratiquer la citoyenneté, faire entendre des revendications légitimes. Quand on entend que des lycées demandent aux parents de nous empêcher de manifester, on se demande à quoi bon nous apprendre la citoyenneté à l’école ?

Vous appelez au soutien du mouvement des Gilets Jaunes ?

Nous sommes totalement indépendants, que ce soit des syndicats, des partis ou mouvements politiques. Notre but est de défendre seulement les revendications lycéennes. Même si notre mouvement s’appuie sur la vague de contestations qu’il y a en ce moment dans le pays, nous restons neutres vis-à-vis des autres mouvements contestataires.

Des actes violents ont été commis en marge des mouvements lycéens. Une réaction ?

C’est en partie vis-à-vis des casses qui ont eu lieu lors de la première manifestation que « La Voix Lycéenne » a été créée. Nous voulions une meilleure organisation. Pour faire entendre nos revendications, nous utilisons des méthodes pacifistes. La manifestation lycéenne de ce vendredi 07 décembre s’est passée dans le calme et le respect des forces de l’ordre. Au final il n’y a eu qu’une interpellation réellement liée aux lycéens, pour 1500 personnes. Nous avons coopéré avec la police locale pour que tout se passe bien et dans la sécurité de tous.

Quelle suite entendez vous donner à la mobilisation lycéenne ?

Nous souhaitons reconduire un blocus dans la semaine qui arrive, nous vous communiquerons la date. L’idée est de continuer à manifester jusqu’à ce que nos revendications soient réellement entendues. M.Blanquer appel au calme, et nous répondons au ministre de l’Éducation nationale qu’il faut céder à nos revendications, et cesser de brasser du vent. Nous ne sommes pas une minorité, l’ensemble des lycéen.nne.s de la ville sont conscients de ce qu’il se passe en ce moment. Concernant notre mouvement « La Voix Lycéenne », nous allons faire les démarches nécessaires pour nous structurer. L’idée est de garder cet esprit d’autogestion tout en prospérant dans le temps. Nous voulons que les futures générations aient la possibilité de défendre leurs droits.

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