Chalon sur Saône

Les Coquelicots de Chalon n’ont pas l’intention d’inaugurer les chrysanthèmes

Né d’un appel de Fabrice Nicolino dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le mouvement des Coquelicots s’est ressemblé une troisième fois ce vendredi, devant l’hôtel de ville de Chalon-sur-Saône.

Malgré l’obscurité, la pluie et un petit vent frais, la cinquantaine de personnes fidèles à l’ « Appel » lancé par Fabrice Nicolino était au rendez-vous ce vendredi soir. Parmi elles, des militants et associatifs écologistes bien connus dans le département, à l’instar de Thierry Grosjean (CAPEN 71), Claire Mallard (co-secrétaire d’EELV en Bourgogne) et des représentants d’une association particulièrement active sur Chalon : ACTE. Parmi elles, aussi, des familles et des curieux, que l’utilisation massive de produits chimiques par les agriculteurs et les viticulteurs irritent. Surtout quand ils découvrent qu’ils en ingèrent les substances actives, que de plus en plus d’études établissent comme constituant des cancérigènes très probables voire avérés.

Pour Pascal Fourneau (Phyto-victimes) : à la maladie et au parcours du combattant pour la faire reconnaître, s’ajoutent l’isolement et le silence des autorités

Cette fois-ci, le mouvement des Coquelicots avait invité Pascal Fourneau, représentant local de l’association Phyto-victimes, pour qu’il livre son témoignage. Tombé malade il y a huit ans, Pascal Fourneau a senti la maladie s’installer progressivement dans son corps. D’abord ressentie dans les pieds, celle-ci s’est installée dans d’autres membres petit à petit jusqu’à atteindre les yeux. Un scanner du cerveau qu’il a dû réaliser à Paris a montré que celui-ci n’est pas correctement oxygéné. Sa maladie n’étant pas connue et détectée en France, elle n’est donc pas reconnue par la MSA (Mutualité Sociale Agricole). D’autant moins que les médecins généralistes sont pour l’instant démunis face à de tels « cas » (peu d’études reconnus, une législation quasi inexistante…) En conséquence, les déplacements, les soins, les prises de sang, les scanners et les médicaments dont il a besoin - faits par les mêmes laboratoires qui fabriquent les insecticides qui l’ont rendu malade…  – ne lui sont pas remboursés. En quelques mots, la double peine. Une double peine qui, en plus, se vit dans l’isolement et le silence.

Son témoignage livré, Pascal Fourneau a « profité » de l’évènement pour annoncer que l’assemblée générale nationale de l’association qu’il représentait ce vendredi se déroulera en avril 2019 à Chalon-sur-Saône.

Qui des effets des pesticides sur les riverains d’exploitations agricoles et viticoles en utilisant ?

Si les pesticides utilisés par les agriculteurs et les viticulteurs frappent les travailleurs et les consommateurs, ils touchent aussi les riverains d’exploitations. C’est en substance ce que sont venus dire les représentants d’une autre association locale : l’ASR (Action Solidarité Rurale). Depuis 2006, ces derniers tentent de sensibiliser aux effets des pesticides sur ceux qui vivent près de leur épandage. Insistant sur une nécessaire protection, ils ne peuvent que constater une carence législative et réglementaire. Comme si les effets de telles substances sur les populations importaient peu. A leur tour, ils ont donc pointé l’indifférence des pouvoirs publics.

Cette indifférence des pouvoirs publics, maintes fois souligné depuis le mouvement, s’accompagne également, selon les Coquelicots, d’un manque de célérité à mettre en œuvre des décisions, même minimalistes, et un manque de transparence. C’est pourquoi, Thierry Grosjean et Claire Mallard, qui l’avaient déjà souligné la dernière fois, travailleront à une saisine du préfet de Saône-et-Loire par lettre écrite. Une initiative qui sera probablement débattus lors du prochain rassemblement des Coquelicots. Rassemblement qui, à la demande de l’ASR, devrait avoir lieu le 4 janvier 2019 dans un commune viticole, Givry ou Buxy,  ceci pour alerter les riverains et habitants sur les risques qu’ils encourent.

B.A.

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