Chalon sur Saône

GILETS JAUNES - Une marche organisée ce mercredi à Chalon sur Saône

À 14 heures, les gilets jaunes du Chalonnais se sont retrouvés près de la gare, pour une longue marche en ville.

Dans un récent communiqué, le groupe des gilets jaunes de l'agglomération de Chalon-sur-Saône avaient annoncé une marche, ce mercredi 12 décembre, à 14h00, depuis de la gare direction le Centre des Impôts de notre ville, situé 11, avenue Pierre Nugue. 

Ainsi, pas loin d'une soixantaine de gilets jaunes ont remonté le Boulevard, dans le calme. Pour expliquer le faible nombre de manifestants, Jean-Pierre, «jeune retraité» comme il aime à se décrire, nous explique que «c'est parce qu'on est un jour de semaine mais ce week-end, on sera plus nombreux! Vous verrez!». «Lundi, (le président) Macron a rien compris! On ne manifeste pas pour avoir des miettes!» s'insurge Christine, qui craint pour son avenir. «Les gilets jaunes, ça va continuer, on ne lâche rien! On ne veut pas de mesurettes mais des vrais actes, on ne veut  pas de ses fausses larmes.», explique-t-elle. «Ici, les gilets jaunes, ils ne veulent pas la guerre. On ne sort pas pour rien. On veut des vraies mesures. Les gens en ont juste marre qu'on les prenne pour des c... !», renchérit Gérard, s'excusant presqu'aussitôt de cet écart de langage .

Toujours aussi déterminés, les gilets jaunes de Chalon ne désarment pas. Deux jours après l’allocution d’Emmanuel Macron, ils ont décidé de poursuivre le mouvement en organisant cette marche, aux cris de «Macron démission!», les conduisant entre autre aux abords de la pâtinoire, sur la place de Beaune. Le temps pour certains d'entre eux de distribuer des tracts appelant au référendum d'initiative populaire à quelques usagers et badauds présents le long de leur parcours. 

Un des participants, un septuagénaire, souhaitait, par ailleurs, réagir suite aux thèses complotistes largement développées après la fusillade de Strasbourg et notamment sur les réseaux sociaux. « Les gilets jaunes de (l’agglomération de) Chalon souhaitent apporter tout leur soutien, leur affection, aux familles endeuillées, et également aux familles des personnes grièvement blessées dans l’attentat (de Strasbourg). Nous sommes tous indignés et nous condamnons cet acte terroriste qui, j'en suis sûr, a meurtri les citoyens français. Dans ces moments très grave, j'appelle à ne pas attiser des propos, de ne pas prendre en compte les rumeurs qui ne font qu’aggraver des moments de vie difficiles pour tous. Je demande l’apaisement et nous ne sommes pas solidaires des rumeurs de complots. Les gilets jaunes sont des personnes responsables, à l’esprit civique, des gens qui veulent construire et participer au débat public sereinement et positivement. C'est pas le moment pour des polémiques! ».

Aimé, 72 ans, ancien de chez Kodak, premier gilet jaune présent aux abords de la gare s'étonnait toutefois du peu de mobilisation des gens comparé aux «gars» du Magny, à Montceau-les-Mines. «Il faut qu'à Chalon, on se mobilise comme dans le Pays minier.» lançait-il lorsqu'arrive le deuxième participant à la marche, Laurent, s'excusant d'avoir oublier son gilet jaune, parti précipitamment afin de rejoindre les autres manifestants. Laurent bosse en tant qu'intérimaire mais il souligne que personne n'a parlé du gel des APL et de l'ASS (allocation de solidarité spécifique) «par exemple». Aimé, revenant à la charge, estime que «beaucoup de choses ont été dites ou faites afin que les gilets jaunes soient discrédités, c'est pas normal!». Ce dernier qui déplorait le manque de mobilisation de la population, qui se contente pour la plupart d'un petit coup de klaxon, retrouve vite le sourire à mesure que le cortège s'avance  et à la perspective nous confit-il ,« que les choses vont bouger ce week-end», espérant du même coup, « que le président écoute réellement les Français».

L'idée d'un Acte V se profile déjà à l'horizon.

Dans un esprit bon enfant, le cortège, encadré par une vingtaine de policiers chargés d'assurer la sécutié des manifestants, poursuivit son chemin, au rythme des coups de sifflet. D'une même voix, de nombreux participants demandent la démission de Macron.

Arrivés au terme du périple, au rond-point au carrefour des avenues Nugues et Monnot, les gilets jaunes ont symboliquement déposé un sapin attifé de jaune fluorescent, couleur de ralliement de la fronde contre la politique fiscale du gouvernement. Quelques-uns prirent même le temps d'un petit goûter imprové. Puis, dans le calme ils firent demi-tour avant de disperser. 

Cette marche fut la preuve, preuve s'il en faut , que non seulement la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas, en dépit des annonces faites lundi, mais que le bras de fer engagé entre les manifestants et le gouvernement n'est pas prêt de s'arrêter, alors que Noël et les festivités du Nouvel An approchent à grand pas. 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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