Chalon sur Saône

La réforme Blanquer au coeur de la mobilisation du jour à Chalon sur Saône

Suite à un appel conjoint, les lycéens et les professeurs de Chalon-sur-Saône ont manifesté côte à côte pour l'abrogation de la réforme Blanquer du lycée. Info-chalon.com revient sur en détails sur cette journée de mobilisation.

Le rassemblements lycéen prévu ce mardi matin, suite à l'appel du "mardi noir" lancé par les lycéens et un bon nombre d'enseignants rejoints par les principaux syndicats (CGT, FO, SUD, FSU, etc), a débuté à 7h30.

Ils étaient alors entre 150 à 200 venus de plusieurs établissements de l'agglomération chalonnaise à répondre à cet appel. Pourtant, c'est dès 6h30 que quelques lycéens se sont présentés devant les grilles du lycée Mathias, le temps de préparer banderolles et pancartes. 

Le "mardi noir" appelé de leurs vœux par lycéens et une partie du corps enseignant, soutenus par quelques Gilets jaunes et les syndicats,  s’est déroulé dans un climat pacifique, à l'exception d'un petit incident sur lequel nous reviendrons. Notons la présence active de La Voix Lycéenne, groupe en devenir, emmené par des jeunes engagés comme Jade Eren, Kévin, Kilian et Mael.

Le mouvement lycéen, qui proteste notamment contre la réforme du bac, qui introduit une part de contrôle continu dans les notes de l'examen, la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup, le nouveau dispositif d'entrée dans les études supérieures mis en place en 2018, et le service national universel (SNU), est né dans le sillage de la colère protéiforme des Gilets jaunes.

De nombreux enseignants sont également inquiets face à cette série de mesures qui va amener la qualité de l'enseignement vers le bas, selon leurs mots. Pour d'autres corps de métiers liés à l'enseignement, même son de cloche, notamment les documentalistes qui voient poindre dans cette réforme Blanquer, un avenir des plus sombres pour leurs postes.

Ayant haranguer ses amis qui sont restés dans l'enceinte du lycée Mathias afin qu'ils rejoignent le mouvement, Kilian, un des leaders de cette contestation lycéenne, s'est fait attraper par le col. L'auteur du fait ne serait autre que le principal du lycée, lequel, d'après les témoins de la scène, l'aurait plaquer au sol. Suite à cet incident, Alexandre Seguenot, secrétaire général des lycéens, réfléchit déjà à la suite à donner à cette affaire.

Les lycéens, qui manifestent contre ces réformes dans l'Éducation nationale, ont décidé de faire le tour de plusieurs établissements de Chalon. Initialement prévue pour converger vers Hilaire de Chardonnet en longeant les Quais de Saône, le cortège s'est finalement diriger vers le lycée Émiland Gauthey, tout proche, avant de passer par le centre-ville direction la sous-préfecture dans un premier temps.

Solidaires des lycéens, un professeur s'inquiète : «Avec cette réforme, qui n'en est pas une car une réforme amène le progrès. Là, au contraire, c'est la destruction de tout ce qui a été mis en place y compris ce qui était bien pour enfermer les élèves dans des castes! Plus aucun ascenceur social! Dans les lycéens où seront parqués les jeunes issus des foyers les plus modestes, ils seront défavorisés parce que leurs notes n'auront pas la même valeur que ceux qui viennent des familles aisées! On se dirige vers un bac au rabais où les pauvres resteront pauvres et les plus aisés confortés dans leurs positions sociales!». 

De nombreux témoignages nous parviennent, faisant état d'élèves enfermés dans les classes à Émiland Gauthey afin que certains d'entre eux n'aillent pas grossir le rang des lycéens qui manifestent aux abords de l'établissement.

Toutefois, on constate que s'ils étaient quelques 400 lycéens, la dernière fois, la manifestation ne réunit pas plus de la moitié. «Sérieux, je suis trop déçu, je pensais que cette fois, on serait bien plus que la dernière fois surtout que c'est l'occasion d'un gros coup avant l'année prochaine!», nous déclare non sans une certaine amertume, Dylan, élève en première, avant d'ajouter «Les potes assurent pas!»

Même constat chez Jenny, une terminale ES, qui explique cette faible mobilisation, dont elle assure qu'elle la surprends tout autant que nous, qu'elle est le fait «que sachant qu'il y aurait manifestation, certains ont préféré rester chez eux au chaud plutôt que de marcher dans le froid avec les copines et les copains alors que c'est aussi pour leur avenir!». 

Les lycéens et les enseignants se dirigèrent alors vers le lycée des métiers Camille Du Gast, situé au 1 Rue de la Manutention, scandant des slogans hostiles à Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale. Après une halte devant les grilles de l'établissement, les manifestants se murent vers le lycée Pontus de Tyard, 13 Rue des Gaillardons avant de terminer leur marche vers le lycée Niepce-Balleure.

Certains chefs d'établissement avaient exprimé leurs craintes ces derniers jours à propos des flambées de violence (feux de poubelle, bâtiments dégradés, voitures incendiées à proximité des établissements, caillassages, etc.), qui ont parfois accompagné les blocages de lycées ailleurs en France mais cette première manifestation s'est déroulée sans heurts ni aucune dégradation. 

À midi, la manifestation s'est dispersée dans le calme en fin de matinée. Les lycéens prévoient un rassemblement sur les marches du Tribunal de Grande Instance, au 4 rue Émiland Menand, à 13h30. Au même moment, les enseignants se retrouveront à la Maison des syndicats pour tenir une assemblée générale. Nous vous donnerons le détail de cette réunion, demain, sur info-chalon.com. 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche