Chalon sur Saône

A Chalon sur Saône, la musique traditionnelle n'est pas morte !

En général, guitare électrique, basse et batterie sont les instruments de musique auxquels on associe les jeunes mélomanes; pour d'autres, c'est le piano, le violon, les platines ou la musique assistée par ordinateur (MAO). Un jeune homme a opté depuis peu pour un instrument peu commun dans notre région : la cornemuse. Son témoignage dans info-Chalon.

Que ce soit en concert, à la télé, à la radio, sur ordinateur et ,bien entendu, sur leurs téléphones...la musique a envahi leurs vies.  Activité culturelle favorite des 15-25 ans, devant les jeux vidéo, le cinéma, la télévision et le sport, les jeunes, grands consommateurs de musique, la téléchargent et la partagent toujours plus vite. Et pour cause, elle est au cœur de leur activité quotidienne, et représente pour eux une source de plaisir, de divertissement et d’évasion. La révolution numérique a bouleversé les usages et les modes de consommation. En particulier auprès des jeunes générations, qui ont bénéficié d’un accès banalisé à la musique. C'est donc tout naturellement que certains, à l'instar de nombreuses générations avant eux, poussent plus loin leur passion à vouloir en jouer à leur tour. Rap, jazz, rock ou techno, ce ne sont les genres qui manquent mais très peu se lancent dans la musique traditionnelle.

C'est pourtant le cas de Tommy Junior, 24 ans, de Saint-Christophe-en-Bresse, travaillant en tant que conducteur d'engins de travaux publics. Passionné de musique depuis sa tendre enfance, autodidacte, il a joué du violon et de la guitare. Contraint d'arrêter, suite à un grave accident de la route au cours duquel il a eu les poignets fracturés,Tommy cherchait un autre instrument : la cornemuse,«mon premier instrument à souffle», dit-il.

Il nous explique ce qui l'a amené à ce choix : «J'écoutais beaucoup de musiques bretonnes et celtiques, aussi bien du traditionnel que rock. Les sonorités de la cornemuse m'ont toujours attiré. Le seul problème, je ne trouvais aucun lieu où apprendre à jouer de cet instrument ni même où pouvoir en acheter une. Puis, il y a un an et demie, un ami musicien m'a donné un flyer d'invitation aux portes ouvertes d'une association».

Il s'agit d'Arcadanse dont la vocation première est de diffuser la musique et la danse traditionnelle à un public large. L'association basée à St-Marcel, à côté du Réservoir, au 16 rue Denis Papin.

«Suite à la visite de leurs locaux, j'ai alors pris la décision de m'inscrire et commencer à apprendre à jouer de la cornemuse» ajoute-t-il. Instrument relativement onéreux, «je loue mon instrument auprès de l'association. Le forfait mensuel comprends également les cours. Je compte m'acheter ma propre cornemuse chez un luthier dans l'Auxois, d'ici deux ans.Il est difficile de trouver un luthier qui propose la manufacture des cornemuses, d'où l'attente pour pouvoir s'en procurer une».

Tommy a une prédilection pour la cornemuse du Centre France, laquelle possède deux bourdons, à ne pas confondre avec le biniou d'Armorique, la gaïta de Galice ou la célèbre great Highland bagpipe écossaise. Mentionnée dans le roman de George Sand, Les Maîtres sonneurs, cette cornemuse est comme son nom l'indique, répandue dans le centre de la France notamment en ce qui concerne notre région dans les zones proches du Bourbonnais ainsi que dans le Morvan. Sur le Chalonnais, «à ce que je sache, on doit être sept voire peut-être dix à en jouer  contrairement au Morvan où il y a bien plus de formations et d'évènements autour de la cornemuse» nous indique Tommy. 

«Pour ma part, j'ai joué essentiellement dans des bœufs (NDLR : en musique, des séances improvisées) à Saint-Vallier, à l'Abreuv’art des Galipotes. Cela fait deux ans que je traînais là-bas où on me connaissait à la guitare et le chant, principalement pour le rock festif. La première fois, c'était le 1er juillet dernier, que je suis monté sur scène avec la cornemuse, les gens peu habitués à cet exercice de style, ont été agréablement surpris» poursuit-il. 

«Une fois mon travail terminé, je m'entraîne un peu tous les jours chez moi, j'ai de la chance, j'ai des voisins sympas (rires). Quand je ne joue pas chez moi, tous les samedi après-midi, je suis sous le Pont Saint-Laurent, à Chalon. De temps en temps, je suis au Purple, comme pour la St-Patrick (NDLR : 17 mars) ou lors d'anniversaires».

S'il espère créer un jour ses propres œuvres, Tommy, encore dans sa phase d'apprentissage, joue des airs comme Tri martolod («Trois matelots» en breton) ou Amazing Grace du prêtre anglican John Newton, une des chansons les plus populaires du répertoire américain qui est presque une institution Outre-Atlantique  au même titre que la Déclaration d'indépendance, reprise notamment au Festival interceltique de Lorient.

Le Festival interceltique de Lorient, il en est question pour Tommy qui aimerait bien se rendre à ce rassemblement des amoureux de la musique bretonne et des autres nations celtes «afin d'établir des contacts et m'imprégner de l'esprit celtique, découvrir les nouvelles tendances, cela ne peut que me faire progresser».

Tommy qui économise pour payer sa future cornemuse, il a déjà rassembler la moitié de la somme escomptée, aimerait voir d'autres jeunes comme lui s'intéresser à la cornemuse, laquelle se prête à tous les styles musicaux. «Le trad' n'est pas mort!», nous lance-t-il fièrement en guise de conclusion. 

Info-Chalon souhaite bonne chance à ce jeune homme en espérant le voir se produire un jour sur scène termine ici son témoignage. Alors, si un samedi lors d'une balade en bord de Saône, près du Pont Saint-Laurent, vous entendez un air de cornemuse, c'est peut-être Tommy qui s'entraîne.

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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