Chalon sur Saône

Le bloc opératoire de l'hôpital de Chalon sur Saône poursuit son bras de fer contre la direction

L'année 2019 commence comme la fin de l'année 2018 sur l'hôpital William Morey avec un conflit social qui devrait trouver son apogée jeudi prochain avec la venue de Pierre Pribile, directeur délégué de l'Agence Régionale de Santé Bourgogne-Franche Comté. En attendant, Christine Ungerer, directrice du groupement de santé Nord Saône et Loire a tenu à exprimer son sentiment.

Depuis le 24 décembre, le bloc opératoire de Chalon sur Saône tourne au ralenti. Les 9 salles d'opérations de l'hôpital William Morey sont confrontées à la grogne sociale qui a saisi l'établissement médical. Un mouvement social qui devrait trouver son apogée avec la venue le 3 janvier prochain de Pierre Pribile, patron de l'Agence Régionale de Santé. Une visite très attendue par les équipes de l'hôpital William Morey mais pas seulement puisque Gilles Platret, Président du Conseil de surveillance de l'établissement devrait profiter de l'occasion donnée pour s'exprimer assez durement sur le dossier chalonnais. Pour autant, le directeur général de l'ARS pourrait venir avec un atout-maître dans son jeu, à savoir celui concernant l'angioplastie. 

Une situation financière tendue et un établissement bien doté

Pour Christine Ungerer, directrice de l'établissement, l'hôpital William Morey bénéficie "de très gros atouts" et en premier chef "son personnel, un personnel compétent et très engagé". "L'établissement bénéficie d'une politique de l'innovation qui est une vraie particularité" sans compter "un équipement moderne. Pas moins de 1,2 million d'euros ont été investis au cours des deux dernières années notamment pour le renouvellement des appareillages au bloc opératoire ou à la stérilisation". La directrice de l'établissement a profité de l'occasion pour annoncer le déploiement de panneaux photovoltaïques sur les parkings de l'hôpital qui permettront à terme de produire 6 à 10 % des besoins en électricité de l'hôpital. 

Concrètement l'établissement médical devrait cloturer ses comptes avec un déficit de l'ordre de 6 millions d'euros, un déficit identique à celui de l'année dernière précise Christine Ungerer, qui rappelle aussi "que le déficit n'est en aucun cas lié à la construction du nouvel établissement". 

Des délais de règlement auprès des fournisseurs qui s'allongent

Même si la situation n'est pas désespérée, Christine Ungerer appelle chacun à prendre la mesure de la situation financière de l'établissement, rappelant "que les délais de paiement des fournisseurs s'allongent". Un point noir qui est au coeur des interrogations de l'équipe de direction. "On essaye de trouver le compromis entre tous les acteurs mais il appartient à chacun de comprendre qu'un établissement comme celui de Chalon sur Saône devrait être à l'équilibre financier et qu'on ne peut solliciter le ministère compte tenu des appuis financiers dont il a bénéficié ces dernières années". 

Une activité en croissance non stop tous les ans

Côté accroissement de l'activité, l'établissement n'est pas en reste puisqu'il peut se prévaloir d'être la locomotive de tout le nord Saône et Loire a rappelé la directrice, avec notamment une forte attractivité de la chirurgie. Un développement étroitement lié " à la stratégie territoriale". Ainsi au bloc opératoire, le volume d'activité a augmenté de l'ordre de 30 % sur 3 ans et de 7 % sur cette seule année. Face à ça, la direction de l'hôpital affiche une croissance du nombre de recrutement de l'ordre de 15 % sur la dernière année avec le transfert de la chirurgie de Montceau à Chalon sur Saône. 

Le point noir en terme organisationnel

Après avoir distribué les bons points, Christine Ungerer s'est interrogée sur l'aspect opérationnel notamment des consultations externes, "on a 6 à 7 intervenants pour un patient, c'est extrêmement lourd. Il nous faudra simplifier le parcours et avoir plus de lisibilité pour gagner en efficacité". Côté bloc opératoire, la direction a insisté sur la croissance des effectifs de 15 % même si parallèlement le volume d'activité a augmenté de 30 % en 3 ans. "Il faut qu'on arrive à professionnaliser davantage alors qu'une dégradation a été relevée depuis quelques mois. Le moindre grain de sable peut venir à tout moment compliquer le fonctionnement". 

"Je tends la main aux organisations syndicales"

Christine Ungerer s'est voulue très transparente sur une situation financière compliquée et sur l'heure des choix à opérer, "ma priorité est que les salaires des agents soient versés tout en trouvant le bon compromis entre tous". Au passage, la directrice n'oublie pas d'évoquer le fait que l'établissement vit sans doute depuis trop longtemps au-dessus de ses moyens. A la question de savoir si il y a trop d'agents sur l'établissement, la réponse officielle s'est voulue très politiquement correct mais chacun s'accorde à dire que ce sont près de 200 agents qui sont de trop. "L'organisation en 22 lits est un atout mais le standard national est en 28 à 30 lits. C'est un coût pour l'hôpital". Côté brancardage "la division en trois équipes est à redefinir. On n'est pas dans un CHU, ça fait parti des chantiers à mener". 

"Pas question de jouer la politique du rabot"

Face à d'éventuelles accusations, la directrice se défend de "toute politique du rabot". Le plan d'économie qui devrait entrer en vigueur à compter du 7 janvier, reporté suite à la venue du directeur général de l'ARS, devrait permettre l'économie de 400 000 euros, selon des informations recueillies par info-chalon.com. Une économie encore bien loin des 6 millions d'euros de déficit.

"Chacun doit comprendre qu'on a ici l'un des protocoles accord RTT les plus avantageux de France, on doit avoir en tête la bonne utilisation de l'argent public et se mettre dans les standards. Le passage de 7h36 à 7H30  n'entraine aucune modification sur l'année mais le passage de 18 à 15 jour de RTT. C'est le scénario intermédiaire à savoir celui le plus proche de l'organisation actuelle qui a été retenu. Je défends véritablement l'établissement et je ne suis pas là pour faire autre chose mais il faut qu'on arrive à clarifier les accords et les désaccords. Je tends la main aux organisations syndicales et à toutes les bonnes volontés pour avancer". 

Le bloc opératoire toujours en grève

Plus de la moitié des salles opératoires du centre hospitalier sont immobilisées depuis le mouvement de grève lancé le 24 décembre. Seules les urgences, la cancérologie et la maternité sont traitées. Les hospitaliers du bloc estiment avoir fait beaucoup d'efforts pour favoriser la gestion de l'accroissement d'activité avec notamment l'accroissement de l'amplitude horaire passé de 7 à 20h et fait beaucoup pour la chirurgie ambulatoire avec 600 actes de plus cette année. Pour quels remerciements s'interrogent les professionnels du bloc opératoire ? "On nous supprime des RTT et on déduit le temps de repas, jusqu'à évoquer le terme d'industrialisation. Qu'on soit bien d'accord, le mouvement ne concerne pas les salaires mais bien le fonctionnement du service". 

Laurent Guillaumé 

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