Chalon sur Saône

Ce ne sera pas qu'épisodique avec l'humoriste Sellig le 11 janvier à Chalon, loin de là...

Sellig n’aime rien tant que l’humour réunificateur, celui qui intègre dans son giron les différentes couches de la société, et surtout, les strates de la famille. A son contact l’on ne peut qu’abonder dans son sens si l’on aspire à se défaire de la lourdeur des idées toutes faites et du joug de la servilité. Son credo : que le rire généreux soit, le vendredi 11 janvier à 20h30, salle Marcel-Sembat à Chalon-sur-Saône ! Interview pour info-chalon.com

« L’épisode 5 » et ses dix sketches ont-ils été conçus en fonction de l’actualité, ou relèvent-ils du hasard ?

« Ils relèvent plutôt de l’actualité de ma vie de tournée et de ma vie en général. Je m’inspire de ce que je vois à chaque fois que je vis, lors de mes déplacements, quand je fais des courses, et systématiquement j’essaie de trouver le sujet qui touche le plus de personnes possibles. Je tente d’en faire un exutoire. Ceci pour dire que l’on vit tous la même chose au quotidien, alors c’est drôle, et ce n’est pas grave, pour les choses légères j’entends. »

 Délivrent-ils, mine de rien, des messages plus ou moins subliminaux ?

« Oui, il y a plusieurs lectures. Alors, j’ai des articles de journalistes qui écrivent au premier degré…En réalité c’est une façon d’adoucir la vie quotidienne que l’on peut avoir tous, qui est difficile. Imaginons les voyages en train, les pieux dans les autoroutes… A un moment donné, ce n’est pas grave les gens qui n’ont rien, qui meurent de faim…donc nous on est là dans des aléas de tous les jours, et mes sketches servent, quand on les regarde de plus près, à dire : tous ensemble, allez, ce n’est pas bien grave, on va rester une demi-heure, trois quarts d’heure dans un bouchon,  et puis après on va arriver en vacances, au bord de la mer, ou au camping…C’est ça, en fait mon écriture. »

Votre patrimoine humoristique est-il à mettre entre toutes les oreilles ?

«Exactement, à partir des enfants qui comprennent évidemment, jusqu’aux plus anciens, c’était une volonté que j’ai toujours eue depuis que je suis petit, que mon grand-père m’a fait voir les films de Louis de Funès, Bourvil, Fernandel, Robert Lamoureux, et plus tard Roland Magdane…J’ai toujours voulu un humour familial pour détendre les gens, la famille entière. La phrase de de Funès que j’adorais, c’était : « Toute ma vie je n’ai voulu qu’une seule chose : faire rire les enfants, les parents et les grands-parents. » J’essaie de rester dans ce créneau-là le plus humblement possible sur les traces de mon maître, Louis de Funès. »

Quel est à ce jour votre meilleur souvenir artistique ?

«C’est peut-être le jour où j’ai reçu une lettre d’un homme qui avait malheureusement perdu sa femme, et qui m’a dit : »J’ai passé tout le spectacle à ne pas vous regarder une seule fois, mais je l’ai passé entièrement à voir ma femme rire ». Et là je me suis dit : mince, c’est la puissance des humoristes et des artistes en général, de faire oublier jusqu’aux choses les plus terribles, et cette lettre m’avait énormément touché.  Ca montre qu’au-delà du rire, il y a une gravité terrible, et ce rire permet de faire des choses miraculeuses. » 

Entre le cuisinier-professionnel que vous étiez, et l’humoriste patenté que vous êtes devenu, y a-t-il des analogies ?

«La rigueur, parce que c’est un métier,  la cuisine, et le spectacle il faut être très rigoureux, il faut faire attention, faire du sport, travailler, travailler. Quand on est livré à soi-même on aurait plutôt tendance à ne rien faire. Il faut une rigueur extrême,  comme je l’ai eue en cuisine pendant plusieurs années avec un chef qui m’a énormément appris à travailler, et à avancer quoi qu’il arrive. J’ai la même chose dans mon métier d’humoriste, c’est-à-dire que je ne regarde pas le résultat, je travaille. Quand je fais un sketch, c’est comme un plat ou comme une recette, je le fais en conscience et amour, et vraiment je le fais pour que ce soit envoyé aux spectateurs de la même manière que le plat qui est envoyé en salle au client. Il faut une rigueur exceptionnelle tout le temps. »

Pour étoffer votre panoplie, aimeriez-vous vous diriger vers davantage de radio et de cinéma, alors que vous êtes apparu à une vingtaine de reprises dans des émissions de télé, et avez sorti quatre livres ?

« Je n’ai pas envie d’aller à la télévision, la radio j’adore, de là à en faire une chronique je ne suis pas sûr. Je suis vraiment très attaché au one-man-show, c’est un truc qui me tient à cœur, et alors le cinéma, j’ai fait un film il y a très longtemps, une dizaine d’années, « Nos amis les terriens » avec Bernard Werber, produit par Claude Lelouch, et  j’avais un rôle important, c’était une très belle expérience. Je n’ai pas renouvelé depuis, mais ce n’est pas parce que je n’ai pas envie, c’est que je n’ai pas cherché à le faire. J’ai plus passé du temps à écrire des spectacles, des romans, qu’à vouloir faire du cinéma. Mais si on venait me chercher, effectivement c’est sûr que j’irai. »

Faire rire, un combat de chaque instant, ou une mécanique bien huilée ?

« Non, c’est un combat de chaque instant. Alors, après ça devient une mécanique bien huilée parce que je ne fais pas de l’à-peu-près. Comme disait Coluche : »C’est bien que les gens payent, merde ! » C’est exactement ça, mais c’est une mécanique bien huilée dans le sketch et dans sa construction, et une fois que je suis sur scène, on me demande souvent : »Oui, mais vous répétez toujours la même chose tous les soirs. » Je réponds que tous les soirs ce ne sont pas les mêmes gens, les mêmes rires, les mêmes sensibilités, les mêmes pays, les mêmes choses…Il n’y a pas de mécanique bien huilée. Si un humoriste tombe là-dedans, j’en connais, ça se voit, déjà, et puis le ou la comique n’y prend plus plaisir. A partir de là, il faut qu’il descende de scène et aille faire autre chose. »

Un ou des projets à l’horizon ?

«L’épisode 6 », déjà, pour l’écriture, deux romans qui sont encore en écriture également…Je n’arrête pas, tant que ça plaît aux gens, que je m’éclate, il n’y a pas de raison que j’arrête ce que je fais. En France il y a beaucoup d’artistes qui disent : «Je vais aller faire du cinéma, je vais faire de la chanson… », et puis ça ne marche pas très bien, du coup le public se perd…J’ai la chance de faire ça depuis vingt ans, les gens ça leur plaît, et puis tout va bien dans le meilleur des mondes. »

 

Des places sont à prendre

Tarif : 29,00 euros. Plus d’infos auprès d’A Chalon Spectacles (03.85.46.65.89 ; spectacles@achalon.com); billetterie internet&grandes surfaces, réseaux France Billet et Ticketnet.

 

                                                                                                Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                                poiriault.michel@wanadoo.fr  

 

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