Chalon sur Saône

L'Atelier Connecté : un jeune Chalonnais répare votre smartphone

Le mois dernier, un jeune Chalonnais a créé une entreprise de réparation de smartphones. Info-Chalon est allé à la rencontre de ce débrouillard de 22 ans.

En France, plus de 80% des Français possède un smartphone. Aujourd'hui, il y a plus de téléphones portables que d'habitants dans l'Hexagone. Logique oblige, plus il se vend de smartphones, plus le risque d'avoir un souci augmente. Marché à fort potentiel, la réparation rapide de smartphones suscite un nombre croissant de vocation de jeunes sociétés françaises spécialisées. Parmi les dernières nées dans ce secteur, L'Atelier Connecté. 

Le retour de l'ère des débrouillards

Souvenez-vous, chers lecteurs d'info-Chalon.com, il fut un temps pas très lointain où les clients des opérateurs de téléphonie mobile pouvaient acheter leur smartphone dernier cri à petit prix grâce au système de points fidélité. Si le mobile tombait en panne après deux ou trois ans d'utilisation, il était plus simple de le remplacer que de le faire réparer. En contrepartie, les clients de l'opérateur étaient engagés sur 12 ou 24 mois et réengagés —nous sommes encore nombreux dans ce cas-là — à chaque renouvellement. Cette époque est désormais révolue. Nous sommes rentrés dans l'ère du développement durable et du Do It Yourself (DIY),«Faites-le vous-même» dans la langue de Shakespeare. Cette ère, qui émane directement des appels à une consommation plus respectueuse de l’environnement, sonne le retour des débrouillards.

Sauf que nos smartphones sont un véritable concentré de technologie, pas facile dans ce cas de figure de leur donner un second souffle. Il faut des experts en la matière.

Parcours d'un battant

Parmi eux, on trouve Maxime Ballot, né en 1996 à Saint-Rémy. On peut dire que le jeune Maxime est issu d'une dynastie d'informaticiens. Son grand-père, déjà féru de nouvelles technologies, avait créé le 14 avril 1986, PROGEST 71 (Espace Progiciel Kalamazo), au 18 quai des messagerie, à Chalon-sur-Saône, société fermée depuis le 19  janvier 2005. Puis, il y a surtout le père, Christophe Ballot, 20ans de méter dans l'informatique et gérant de VIT'INFORMATIQUE, au 3 Passage Marcilly. On peut dire que Maxime a de qui tenir!

Cependant, il prit un autre chemin, s'orientant tout d'abord dans la cuisine, Maxime travaillera notamment pour le restaurant gastronomique Le Saint Loup, à Saint-Loup-de-Varennes. Il se réoriente, tentant d'abord un essai chez son père mais ce dernier, par manque de temps, n'avait pas le temps de le former tant le travail prenait une part assez conséquente dans sa vie. «J'étais immature à l'époque», nous confie le jeune homme de 22ans, ayant visiblement pris du recul sur son parcours.

Il aurait pu baisser les bras mais Maxime n'est pas comme. Il tente sa chance, dans l'optique d'un CAP sérigraphie, chez Alpha Pub, le spécialiste de l'objet publicitaire situé au 41 Rue Ampère, dans la ZA Les Blettyrs de Champforgeuil. Sorti major de promotion en 2015 au CFA La Noue-Bourgogne, à Longvic, Maxime intègre l'équipe du Paradis du Geek, un grand magasin d'informatique de l'agglomération lyonnaise. Là-bas, Maxime apprend également à améliorer son relationnel ainsi que sa capacité à gérer les problèmes que l’on peut rencontrer quand on dirige une entreprise. «Au Paradis du Geek, j'étais spécialisé dans le montage dans le PC gamer, j’ai fait énormément de rencontres, c’est quelque chose qui me marque.J'ai appris à gouverner mon stress. La difficulté du métier réside aussi dans le fait d’être toujours dans l’urgence. Certes, c'est un peu harassant parfois mais ayant acquis de la maturité, je me suis habitué à cela», nous dit le jeune Chalonnais. Pendant les trois années où il a travaillé dans ce magasin, Maxime ayant fait preuve d'une remarquable adaptabilité et une fiabilité sans faille, se voyant même amené à diriger le personnel et la boutique en l'absence des gérants. 

Petit à petit, une idée se met à germer dans la tête de Maxime : il est temps d'être à la tête de sa propre entreprise.

Un but : racheter la boutique de son père

En 2018, de retour sur Chalon-sur-Saône, son père lui propose tout naturellement de devenir salarié de sa société mais Maxime refuse. «Je refuse de vivre aux crochets de mon père» nous explique-t-il, «mon but n'est pas simplement de reprendre l'activité développée avec sa clientèle mais racheter la boutique de mon père».

Le jeune homme a de l'ambition. Le seul coup de main qu'il accepte de la part de son paternel est d'avoir un espace au sein de sa propre boutique pour sa future société. Créée le 18 décembr 2018, L'Atelier connecté, une boutique spécialisée dans la réparation des mobiles. «Il faut dire qu’avec, à l'image du pays, pas loin de 80% des gens du Chalonnais sont équipés d’un smartphone, le marché est gigantesque», nous dit-il, plein d'entrain. 

Quant à son jeune âge, il pense que c'est, au contraire,un atout. «On ne dirait pas comme ça mais c'est un métier physique qui demande d’être dynamique et flexible, il faut être en forme pour passer sa journée dessus. Il faut également avoir une excellente vue pour manipuler les petites vis des téléphones!» explique-t-il, balayant, par la même occasion, d'un revers toute critique infondée sur le manque de fiabilité de la jeunesse. Avant de rajouter, en souriant, «je commence à me faire ma propre clientèle».

Christophe Ballot est prévenu, son fils qui a de l'ambition à revendre, lui promet la retraite. Au final, une passation de flambeau à la nouvelle génération, à laquelle appartient Maxime,en douceur. Info-Chalon, qui souhaite bonne continuation à ce jeune entrepreneur, ne manquera pas de revenir le voir quand il aura racheté le fonds de commerce de son père. Les choses avancent, il a déjà changé une partie de la vitrine de l'échoppe paternelle...

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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