Chalon sur Saône

"C'est encore mieux l'après-midi". Effectivement, ça l'a été...

Mais dans quel monde a-t-on vécu ce dimanche en matinée en l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône ? Dans une salle comble ce fut une vraie histoire de « fous furieux » que cette comédie « C’est encore mieux l’après-midi », où dénouer l’écheveau s’avérait mission l’impossible tant les renversements de situation s’accumulèrent…Faux et usage de faux, un imbroglio total !

Un vaudeville pure race

C’était la deuxième expédition des Théâtrales 2018-2019 qui en comportent sept, lesquelles ramènent dans les mailles de leur filet le gratin du théâtre parisien, et force est de constater à l’aune des manifestations poussées de satisfaction que d’aucuns n’auront pas effectué le déplacement en pure perte. Comment au demeurant eût-il pu en être autrement avec le géniteur de la pièce, le magistral anglais Ray Cooney, révisée par le non moins remarquable Jean Poiret, scénarisée par José Paul ? Ce vaudeville éclatant de santé avec ses composants intrinsèques tels que les portes qui claquent, le rythme parfois percutant, ces mélis-mélos aux confins de l’absurde débouchant immanquablement sur la vie en rose côté spectateurs, ces virages à 180 degrés, le fil conducteur prenant aux tripes, le passage de la vitesse surmutipliée…

 

Huit comédiens pour faire souffler un vent déraisonnable

L’intrigue a eu pour cadre l’Hôtel de l’Hémicycle, théâtre de faits et gestes que le puritanisme réprouverait à coup sûr de toutes ses forces. Un député (Pierre Cassignard) à la notoriété bien assise envisage de faire une grosse entorse  à son devoir, puisqu’entre une session à l’Assemblée nationale nullement anodine et une échappée belle en compagnie d’une secrétaire du premier ministre, le choix n’a pas été cornélien…Oui, mais voilà que l’épouse (Lysiane Meis) se trouve dans l’hôtel en question, et entre les deux, l’assistant parlementaire (Sébastien Castro), espèce de tampon absorbable. Dans cette folle spirale des malentendus, non-sens, chaque protagoniste aura dégainé plus ou moins adroitement la mauvaise foi, à faire pâlir d’envie ceux qui mentent comme des arracheurs de dents !  L’effet domino, et l’impérieuse nécessité de s’adapter à chaque assertion afin de ne pas sombre corps et âme dans le répréhensible. Le ridicule ne tuant pas, alors autant pousser le bouchon le plus loin possible pour filer le coup de pied de l’âne au flagrant délit…Personnage-clé dans cette affaire de dupes, Sébastien Castro a été égal à lui-même : excellent dans son jusqu’auboutisme consistant à faire prendre des vessies pour des lanternes, nigaud, pince-sans-rire par la force des choses, quitte à élever dans le cas présent la confusion à la hauteur d’une institution. Cassant, opportuniste, Pierre Cassignard a dû pleinement s’employer pour noyer le poisson. Quant à Lysiane Meis, son goût immodéré pour la luxure dont la victime a été l’assistant parlementaire peu ou prou consentant, elle devait pimenter et corser le relationnel. Il y avait par conséquent matière…

 

                                                                                                    Michel Poiriault

                                                                                                   poiriault.michel@wanadoo.fr 

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