Chalon sur Saône

À Chalon, les enseignants et les lycéens manifestent ensemble contre la réforme Blanquer

Lycéens et professeurs manifestaient ce jeudi matin à Chalon-sur-Saône. Ils s'opposent aux suppressions de postes et à la réforme des lycées.

Ce matin, dans les rues de Chalon, on entendait des bruits de casseroles. Les auteurs de ce  raffut de tous les diables espéraient autant de vacarme que la réforme Blanquer n'en faisait.

Un trajet plus court mais une même détermination

Pour la quatrième fois, en ce début d’année 2019, les lycéens du Bassin Chalonnais ont battu le pavé, ce jeudi 24 janvier. Cette nouvelle mobilisation lycéenne se joint à la manifestation nationale des enseignants contre ParcourSup, et la réforme du bac.

Les manifestants sont partis de l'entrée du lycée Mathias, vers 10h00, pour rejoindre la Sous-Préfécture de Chalon-sur-Saône, au 28 Rue Général Leclerc via le Boulevard de la République avant de prendre l'Avenue Nièpce. Devant la Mairie, côte à côte, enseignants et lycéens ont marqué une halte avant de converger vers leur destination finale. 

Notons toutefois que la manifestation est passé devant le lycée Emiland Gauthey, situé au 23 Place du Collège, mais que les opposants à la réforme ont trouvé porte close. Après un bref siège, les manifestants ont repris leur chemin, ils ont été rejoints par quelques parents d'élèves et le jeune Sélim, 3ème au collège Jean Vilar, lui aussi inquiet pour son avenir.

Au plus fort de la manifestation, on a compté plus de 160 manifestants. Il en restait pas loin d'une centaine à 11h30, heure à laquelle le défilé est arrivé devant la sous-préfecture. 

Du côté des enseignants, si  la CGT, FO, FSU-SNES, l'Union syndicale Solidaires et le Sgen-CFDT appelle bien à manifester, la participation des lycéens était moins certaine. La faute à «la pression et la répression» de leur mouvement avant Noël, analyse Sarah, membre de la Voix Lycéenne.

Les revendications ne manquent pas

Réformes tous azimuts, suppressions de postes, heures supplémentaires, pouvoir d’achat… Les revendications ne manquent pas dans les rangs des personnels de l’Éducation nationale, dont les syndicats appellaient à cette journée de de manifestation ce jeudi.

« C’est le flou, les chefs d’établissement sont dépassés et cela aura de graves conséquences sur l’enseignement proposé», précise Abdelhakim Boutmoudit, professeur de SVT au collège Les Chênes Rouges, à Saint-Germain-du-Plain.

De nombreux enseignants présents dans le défilé nous ont fait part de leurs vives inquiétudes vis-à-vis de cette réforme faite à la va-vite et sans avoir été consultés. Ils ont récemment découvert les nouveaux programmes de première et de seconde de l'an prochain, par exemple. La principale caractéristique retenue, c'est une augmentation significative du nombre d'heures supplémentaires ainsi que le nombre d'élèves par classe jugé dommageable à la qualité de l'enseignement.

«Il y en a marre, stop, cela fait trop!» s'écrie une enseignante.

Les réformes des lycées généraux et technologiques, de la voie professionnelle et du baccalauréat vont accroître les inégalités et la sélection entre élèves et établissements, regrettent les organisations syndicales, sans parler de l'amplification des suppressions de postes. «On peut aussi évoquer les multiples situations où l'accès aux enseignements se restreint fortement», déplore-t-elle.

La réforme du lycée va créer des inégalités selon les établissements. Ce qui va faire perdre au bac, son caractère de diplôme national. Ainsi, le baccalauréat, tel que le gouvernement l’a imposé aux élèves et aux personnels, par l’importance qu’il donne au contrôle local via le contrôle continu, va se transformer en diplôme local.

Les lycéens dénonçaient également cette réforme du bac, sorte de roulette russe pour les élèves de seconde, qui ne permet pas de faire la spécialité désirée dans l’établissement de son choix.

En attendant d'en savoir plus sur la rencontre avec le sous-préfet, une réunion clôturera cette matinée,vers 12h30, rassemblant des professeurs pour dénoncer les réformes en cours ou à venir dans l’éducation. 

Visiblement, ParcourSup ne va pas réglé les problèmes d’Admission Post-Bac (APB) et va rajouté du «tri social».Autant vous dire que c'est le genre de nouveautés dont les profs de lycée ne veulent pas. Au vu de leurs nombreuses doléances, enseignants comme lycéens restent motivés, réclamant toujours le retrait de la réforme des lycées, du baccalauréat et de Parcoursup, l’abandon du projet de service national universel, l’arrêt des suppressions de postes, l’augmentation des salaires et le respect de la liberté d’expression et de manifestation. Info-Chalon continuera, chères lectrices et lecteurs, de vous tenir informés de la suite des évènements.

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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