Chalon sur Saône

Soirée "magdanesque" le 1er février à Chalon, avec rire à volonté...

« Cuisiner » Roland Magdane ne s’assimile en rien à une opération commando, tant « l’arrachage d’aveux » de l’artiste, qui écume les scènes depuis plus de quarante ans, et est par conséquent rompu à nombre d’exercices de style, ressemble en tous points à une grosse partie de plaisir mâtinée de sinécure. Très souvent le rire est expulsé spontanément tout au long de l’entretien, on est donc dans le vif du sujet d’emblée ! Et vous, sympathisants impénitents, le serez le vendredi 1er février à 20h en la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône. Interview pour info-chalon.com

On va voir ce que l’on va voir, et entendre ce que l’on va entendre, le 1er février à Chalon-sur-Saône, avec « Déjanté » ?

« C’est un peu ça, oui ! En tout cas ça a été beaucoup de travail, mais il y a beaucoup de rigolade au bout, donc je suis content. »

 

Avez-vous le sentiment que votre dernier spectacle en date surpasse toujours, grâce à l’expérience, les précédents, ou pas obligatoirement ?

« C’est ce que j’essaie de faire ! Je prépare toujours mes spectacles avec le public, parce que je teste les sketches avec lui ; quand il rigole je garde, quand il ne rigole pas, j’enlève. Donc, à un moment donné je ne laisse que les trucs durant lesquels il se marre. Normalement le suivant devrait toujours être meilleur que le précédent ! »

 

Savez-vous à l’avance en vous rendant dans telle ou telle ville, telle ou telle région,  que ça rira plus ou moins bien ?

« Non. Un bon spectacle comique fait rire aussi bien à Lille qu’à Marseille, et si ça commence un jour à rire, un jour à faire moins rire, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans le texte. »

 

Quels bénéfices artistiques ont-ils été retirés de votre séjour aux U.S.A. ?

« Deux choses. D’abord il faut travailler beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. C’est énormément de travail, car avec les Américains ça paraît toujours facile. Quand on voit Fred Astaire faire des claquettes, on se dit qu’on va faire aussi des claquettes… Et puis il y a le rythme du spectacle américain qui est vraiment beaucoup plus tendu quelquefois que nos spectacles en France. »

 

Vous avez été chanteur, animateur de télévision, êtes acteur, comment expliquer que le grand public retienne plus facilement l’humoriste ?

« Parce que l’humoriste c’est le fleuve tranquille qui passe au milieu de tout ça. Si vous voulez, c’est comme l’autoroute, et puis il y  les petits chemins de traverse. Les chemins de traverse, de temps en temps c’est un film, la présentation d’une émission de télé, etc. Mais le long fleuve tranquille qui m’a permis de vivre une vie magnifique, c’est le one-man-show bien sûr. »

 

Au fil des décennies et des évolutions sociétales, susciter le rire requiert-il une adaptation permanente, et y a-t-il eu une période où dérider les zygomatiques n’était qu’une formalité ?

«Non, dérider les zygomatiques, ce n’est jamais une formalité. En revanche en ce qui me concerne je parle dans mes spectacles de la vie de tous les jours, c’est-à-dire du couple, de tout ce qui nous entoure ; donc je n’ai pas eu besoin vraiment de m’adapter, parce que le couple c’est toujours le même. C’étaient les mêmes couples il y a cinquante ans, ce seront les mêmes couples dans cinquante ans. Il y a la jalousie, la bêtise, la roublardise, enfin il y a plein de choses, et ça, ça ne bouge pas suivant les générations. »

 

Est-ce parce que le public est heureux avant le spectacle qu’il est enclin à rire de bon cœur, ou le contraire ?

«Quand les gens arrivent ils sont contents. On sait très bien tous toute la merde qui nous entoure, ils sont contents de venir se marrer. D’ailleurs, ils sont de plus en plus à venir, c’est qu’il y a une raison, c’est que les gens ont envie de rire. Alors là ils s’installent, ils savent qu’ils vont manger un plat, et nous les artistes, ce que l’on a à faire, c’est de ne surtout pas leur donner le plat qu’ils attendent, parce que si on leur donne le plat qu’ils attendent, après ils vont dire : »Oh, ben il ne s’est pas renouvelé. » Ils viennent manger un plat, et nous il faut qu’on leur donne un autre plat, mais qui soit tellement bon qu’à la fin du spectacle ils aient oublié pourquoi ils sont venus !»

 

Faire rire est-il le plus beau métier du Monde ?

« Ah oui, et vraiment c’est sincère, je le dis tous les jours. Imaginez : je ne dis pas que je vais travailler, mais je vais jouer. Je vais jouer à Compiègne, je vais jouer à Reims. Je vais jouer à Chalon. Toute ma vie j’ai joué, vous vous rendez compte le bonheur que j’ai eu ? »

 

Ecrire un nouveau spectacle équivaut-il à gravir son Everest ?

« Exactement, et vous ne pensez pas si bien dire. C’est-à-dire que c’est pour ça que quarante ans de carrière c’est très compliqué. Vous remarquez que je ne donnerai pas de noms, mais beaucoup de comiques au bout d’un moment, au niveau du one-man-show, renoncent. A chaque spectacle le mur est de plus en plus haut, et il est de plus en plus difficile à gravir. A un moment donné on fait : bon, allez, je vais m’arrêter, je vais faire du cinéma pendant dix ans, comme ça je vais me récupérer. Et c’est vraiment ça. Moi je sais que je termine le spectacle, je vous dis franchement, j’ai l’impression que ce sera le dernier. Ce ne sera pas le dernier bien entendu, mais là il faut que je reprenne des forces car je vais m’épuiser ! »

 

Des billets peuvent encore être pris

Il reste quelques places à 39,50 euros. Plus d’infos auprès d’A Chalon Spectacles (03.85.46.65.89, spectacles@achalon.com). Billetterie internet&grandes surfaces, réseaux France Billet et Ticketnet.

Crédit photo : DR

 

                                                                         Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                        poiriault.michel@wanadoo.fr 

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