Chalon sur Saône

Nouvelle mobilisation des retraités à Chalon-sur-Saône pour leur pouvoir d'achat ce jeudi

Les retraités du Chalonnais sont de nouveau descendus dans la rue ce 31 janvier pour réclamer une hausse de leur pouvoir d'achat. Info-Chalon revient sur cette la sixième journée d'action depuis l'élection d'Emmanuel Macron à la tête du pays.

Sapin et cadeaux spéciaux pour M. le député

Ce jeudi, pas moins de 9 organisations (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR, LSR, et Ensemble & Solidaires) ont appelé à manifester les retraités dans les rues de Chalon-sur-Saône. Ces derniers sont en colère à manifester  contre leur pouvoir d’achat en baisse, le gel des pensions depuis cinq ans et l’augmentation de la CSG.

Le cortège est parti à 14h30,  depuis la Maison des Syndicats de Chalon-sur-Saône, située 2 Rue du Parc, a pris la direction de la Rue de Belfort et la Rue Émiland Menand — c'est dans cette dernière que se trouve le Tribunal de Grande Instance — puis, une fois franchi l'Obélisque, le Boulevard de la République avant de remonter la Rue Gauthey pour s'arrêter au niveau du 35 Rue d'Autun, face à la permanence du député LREM, Raphaël Gauvain. 

Vent debout contre les choix budgétaires du gouvernement qui conduisent, selon eux, «à enrichir les plus riches» et à les appauvrir, les retraités ont symboliquement manifester leur mécontentement en préparant un sapin aux décorations pour le moins originales... Et pour cause, sur chaque décoration, il y avait un slogan ou un message. En plus du sapin, des "cadeaux" tout aussi spéciaux, destinés à M. le député, ont été disposés à l'entrée de la permanence.

«On reconnaît une société à la façon dont elle traite ses anciens»

Malheureusement pour les manifestants, M. Gauvain n'était pas présent. Ce dernier était à l'Assemblée Nationale. Quant à ses collaborateurs, ils étaient en extérieur sur le terrain pour préparer les réunions du Grand débat que M. le député organise sur toute sa circonscription. Deux communiqués ont été lus par des représentants de l'intesyndicale à tour de rôle. L'intersyndicale réclame notamment l'annulation de la hausse de la CSG pour l'ensemble des retraités.

Actuellement, seuls les retraités touchant moins de 2000 euros par mois tous revenus confondus — soit 70% des retraités — sont exemptés de la hausse de la CSG, entrée en vigueur en janvier 2018 pour compenser la suppression des cotisations maladie et chômage des salariés du privé.

Aussi parmi les retraités qui battaient le pavé, on ne trouvait pas que des retraités impactés par la hausse de la CSG, à l'instar de Nicole qui nous avoue n'avoir aucune difficulté mais qui manifeste par solidarité. «Il ne faut pas être égoïste, certaines de mes amies ont des grosses difficultés depuis cette hausse(de la CSG)», nous dit-elle avant de rajouter, «puis je pense aussi à ma fille qui va vivre des jours difficiles si nous autres retraités ne disons rien!».

Autre revendication : la revalorisation des pensions à la hauteur de l’inflation (1,7% pour 2018). Après cinq ans de gel ou quasi-gel des pensions, le gouvernement prévoit une bien trop faible revalorisation pour cette année, selon l'intersyndicale.

En effet,  cette revalorisation de 0,3% des retraites est loin de compenser l’augmentation du coût de la vie estimé à 1,7% pour cette année 2019. Le Conseil d’orientation des Retraites, quant à elle, prévoit une baisse de 20 à 30% du montant des pensions dans les prochaines années.

Revenant sur le Grand débat national, l'un des deux orateurs parlait d'une «mascarade», puisqu'il «poursuivra son programme. Son propos friste l'indécence». il y a aussi été mention des cadeaux puisque ils représentaient l'ISF, la Flat taxe, l'Exit taxe, le CICE et l'évasion fiscale. De l'avis de l'intersyndicale, pour équilibrer le budget de l’État, il est demandé de procéder au rétablissement de l’ISF, de taxer les dividendes, l’impôt progressif, la suppression du CICE et les éxonérations de cotisations patronales ainsi que l’éradication de la fraude et de l’évasion fiscales.

Le dernier communiqué finissait par «On reconnaît une société à la façon dont elle traite ses anciens».

Une fois, les deux textes lus devant la permanance fermée, les retraités sont retournés, dans le calme et sous une pluie battante, à leur point de départ avant de se disperser un peu avant 16 heures.

En raison d'une météo maussade, on pouvait constater une plus faible mobilisation lors de la sixième journée d'action des retraités depuis septembre 2017. Avec quelques 220 personnes, au plus fort de la manifestation. «On aurait du être bien plus à se mobiliser», déplore un manifestant. «Le problème, c'est pas la pluie. Je suis mitigé. On continue notre combat avec Macron jusqu'à ce qu'il cède», nous dit Antonin.

Concrètement l’intersyndicale exige l’annulation de la hausse de la CSG, la revalorisation des pensions à la hauteur de l’inflation, le retour à l’indexation sur les salaires, le maintien de la pension de réversion et de la retraite selon les modes de calcul actuels. Malgré une plus faible mobilisation en cette sixième journée d'action depuis septembre 2017, les retraités continueront leur bras de fer avec le gouvernement. Ce qui veut dire tout bonnement  une septième journée d'action à venir qu'info-Chalon ne manquera pas de couvrir.

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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