Chalon sur Saône

Sacré Roland Magdane ! Toujours le mot pour rire...

L’humoriste aux plus de quatre décennies inféodées à la gaudriole et à la traque aux balivernes, est monté à l’abordage les pétards à mèche au coin des lèvres. Vendredi soir salle Marcel-Sembat à Chalon-sur-Saône Roland Magdane a, sous le couvert de son explicite spectacle « Déjanté », sorti l’attirail du parfait amuseur public. Et l’assemblée, jamais désarçonnée, a mordu à l’hameçon du début à la fin. Ferrée, et bien ferrée !

Il fait de l’ordinaire son extraordinaire

Dans une salle où le taux d’occupation des sièges frisait la perfection, l’intervenant en chef n’a pas tourné longtemps autour du pot avant d’en retirer les dividendes, autrement dit les applaudissements tonnants, gloussements de plaisir, comportements empathiques, et autres manifestations traduisant l’assentiment général. Car c’est un fait avéré, le briscard a sévi avec des  sentences mûrement réfléchies pour qu’elles déclenchent invariablement l’hilarité car blindées d’ingrédients moqueurs à même de magnifier le point G.

Comme Galéjade cela s’entend…Doué d’une finesse d’esprit ainsi que de tournures frappées au coin du bon sens, le prochainement septuagénaire s’épanche à loisir de manière intemporelle. Tantôt pince-sans-rire, tantôt se gondolant en ayant conscience du bon tour qu’il allait jouer, jette-t-il son dévolu sur des scènes journalières, la vie de famille et de couple, tous éclairages peu contaminables par l’érosion naturelle ou l’oubli.

Les indiscrétions relevées à l’adresse de pépé et mémé, courroies de transmission cinglantes,  c’est quand même quelque chose ! Si d’aucuns ont pu d’autre part se reconnaitre dans les caricatures tellement criantes de vérité (les traits dominants de l’homme et de la femme, le sexe, la faiblesse, le déroulement de la quotidienneté…), l’humoriste pousse parfois loin la réflexion, lors d’intersections où l’absurdité fraternise avec la réalité.

Sur la touche un temps, l’examen franchouillard se retranche derrière Donald Trump ou Kim Jong-un. Partout où le bâton est donné pour se faire battre, eh bien ça peut en somme sentir le roussi. Fin limier, le plaisantin ne dédaigne pas convoquer la pensée philosophique. » Quand un Juif et un nazi se réconcilient, est-ce qu’on peut dire qu’ils se rabibochent ? » Ivre d’offensives tous azimuts, la communauté pro-Magdane en a eu tout son soûl. On enfonce là des portes ouvertes…

 

Quelle veine !

Au moment de déposer les armes, Roland Magdane a reconnu, en gros, la chance qui perdure : »Vos rires m’ont prouvé que je fais  le plus beau métier du Monde depuis quarante ans. » Autres temps, autres mœurs, mais Victor Hugo ne soutenait-il pas mordicus que « Faire rire, c’est faire oublier. Quel bienfaiteur sur la terre, qu’un distributeur d’oubli ! » Sur ce…

                                                                                               Michel Poiriault

                                                                                               poiriault.michel@wanadoo.fr      

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