Chalon sur Saône

Une réunion à Chalon-sur-Saône pour la création d’un «vrai» métier d’AESH

Un collectif d'AESH, soutenu par la CGT et des enseignants de Chalon-sur-Saône, réclame une meilleure définition de leur statut, avec la création d'un véritable corps de métier d'accompagnant scolaire d'enfants en situation de handicap. Info-Chalon, présent, revient sur les points abordés lors de cette réunion.

À 14h30, se tenait une réunion encadrée par le syndicat CGT Éduc’Action71, à la Maison des Syndicats, au 2 Rue du Parc, rassemblant des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) et des enseignants venus les soutenir.


Profond malaise chez les AESH


Les AESH n'ont pas l'habitude de se rencontrer. Cette réunion présidée par Alexandra Clabaut et Sandra Gaudillère, secrétaire départementale CGT Educ'Action 71, avait pour but d'aborder la question du statut et du salaire des AESH.


Pour information, les AESH et les auxiliaire de vie scolaire (AVS) accomplissent les même tâches, à savoir intervenir auprès d'enfants et d'adolescents en situation de handicap ou présentant un trouble de santé invalidant accueillis en classe ordinaire et pour lesquels la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) a estimé le besoin d'une aide humaine. Les seules différences notable entre les AESH et AVS concernent leur recrutement et leur statut sont différents. Les AVS ont un contrat de droit privé alors que les AESH ont un contrat de droit public sans pour autant être des fonctionnaires. Ces derniers n'obtiennent un CDI qu'au bout de 6ans.


Pour une réelle revalorisation salariale


Lundi 4 février, la CGT Éduc’Action a été reçue en audience par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, dans le cadre de la concertation nationale sur l'École inclusive. Cette audience faisait suite aux annonces du ministre, lors du débat parlementaire du 31 janvier, de mettre en place des contrats de 3 ans et de revaloriser les salaires.


Actuellement, comme nous l'indique une AESH de Dijon, venue elle aussi à cette réunion, le salaire est de 688 euros pour 20h alors qu'une autre travaillant en Saône-et-Loire touche, quant à elle, 697,68€ pour 23h. Le salaire variant selon les académies. Les AESH demandent une vraie grille de salaires comme n'importe quel fonctionnaire. Cela en dit long sur la précarité de l'emploi.
L'une des revendications étant de pérennisser l'emplois et de le stabiliser en passant par la mise au statut et la rémunération digne de cette professions utile.


«Des mois après son élection, durant lesquels le président de la République n’a eu de cesse de condamner la précarité subie par les AVS et les AESH, rien a été fait. Il n'est plus possible d'attendre et nous craignons que les promesses du gouvernement ne soient qu'un effet d'annonce!», s'indigne un des AESH présent à la réunion. Oui, il existe aussi des AESH masculins bien que la profession est majoritairement au féminin.


Ces accompagnants scolaires ne cachent pas leur ressenti d’un «grand mépris institutionnel». Selon les intervenants, les parents d’élèves en situation de handicap toujours sans AESH se sentent abandonnés.

Le besoin d'AESH est grandissant


La CGT Éduc’Action71 prévient que «l’attente est grande» et réclame du gouvernement une «véritable feuille de route». Et de rappeler que «le besoin en AESH est grandissant», mais que ces dernières «sont nombreuses à abandonner leur poste, trop précaire, mal payé et de moins en moins attractif». À la place des AESH qui démissionnent, parfois «des contrats aidés sont recrutés» — quand beaucoup ne sont tout simplement pas remplacés.


Quid également le problème de la formation. En moyenne, les AESH ne font que 60 heures de formation et on apprend que certains contrats aidés n'étaient tout simplement pas formés.


«Que deviennent alors les enfants, fragiles, ayant perdu leur accompagnant ? Rupture d’accompagnement, arrêt de l’inclusion scolaire! Des enfants qu'on exclut de la vie éducatif car ils n'ont pas d'AESH!», conclut une autre AESH préoccupée par son avenir.


De nombreux enseignants et syndicats, à l'instar de la CGT Éduc’Action71 ,soutiennent les revendications des accompagnants scolaires coalisés, et demande une meilleure définition de leur statut, la création d’un corps de métier d’AESH, et aussi un plan de formation continue en adéquation aux besoins de terrain, et ce, dés leur entrée en fonction.


Le 6 mars prochain, la CGT Éduc’Action71 appelle les AESH à se réunir afin de travailler sur ses revendications. Info-Chalon reviendra prochainement sur l'évolution de la situation.


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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