Chalon sur Saône

Emmanuel s'est mis à nu à Chalon, ce qui a bien fait rire...

Emmanuel est le véritable prénom de Manu Payet. C’est aussi le titre du spectacle qu’il est venu jouer vendredi soir à Chalon-sur-Saône dans une salle Marcel-Sembat qui avait encore largement de quoi accueillir du monde. Ainsi va la vie, mais les absents peuvent faire acte de repentance, car venu pour que soient dégoupillées les grenades du rire, le public en a eu pour son argent.

Une belle palette de couleurs

Et il en avait des choses à révéler, l’artiste ! Son soliloque durant, il aura arpenté dans les grandes largeurs  son existence, vidant son sac pour le plus grand bonheur d’une salle monomaniaque : uniquement l’idée fixe de succomber à la tentation de se dilater la rate autant de fois que possible formalisait leur acte de foi.

Avouons-le tout de go : l’humoriste a su s’y prendre pour être force de proposition et canaliser l’énergie qui fait que brusquement les visages perdent toute contenance. Entre conduite blagueuse, ironie, autodérision (à forte dose), Emmanuel jamais ne perd les pédales lorsque la raillerie effectue son entrée en grande pompe. Se gausser des autres, mais d’une façon délicate, presque du bout des lèvres, comme pour ne pas froisser plus que de raison.

Et dans la reprise en main de l’ensemble de sa vie, de sa naissance à aujourd’hui, les occasions de pouffer de rire furent légion. Ses parents, Monique et Gérard, à qui l’on déclare que « votre fils est né débile mental » », les prénoms (Thierry-Véro par exemple) plus trop d’actualité, le sien également, son enfance, la fac, ses premiers émois amoureux, la grandeur et la décadence du couple dès lors que l’érosion naturelle s’en mêle, la pensée fantasmatique faisant se rapprocher sa femme avec une autre, l’ennemi (le moche-beau), les stations prolongées sur le dancefloor, ses débordement et ses mésaventures…Emmanuel se sera mis en scène parfois par le petit bout de la lorgnette, avec le nécessaire pas de côté afin que le masochisme trouve à qui parler. Histoire de conférer peps et dynamique et de ne pas se prendre au sérieux, la danse ainsi que la reprise de chansons notoires, les lumières criardes, supplétives, devaient abreuver l’assistance conditionnée de la sorte, encore plus déterminée à suivre le héros du jour jusqu’au bout du bout.  

                                                                                                                    Michel Poiriault

                                                                                                                    poiriault.michel@wanadoo.fr     

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