Chalon sur Saône

L'amour accaparera Patrick Chesnais le 28 février à Chalon

« Tant qu’il y a de l’amour », c’est la prochaine pièce des Théâtrales au sein de laquelle ce sentiment merveilleux, et perfide lorsque l’enclenchement moral s’enraye, s’emmêlera gaillardement les pinceaux en guidant les spectateurs jusqu’aux vertes prairies d’une mini-cure de relaxation établie sur la rirothérapie. L’hétérogène quatuor formé par Marie-Anne Chazel, Patrick Chesnais, Laurent Gamelon et Valérie Bègue mettra tout en œuvre le jeudi 28 février à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône pour qu’il en soit ainsi. Apprenez toutefois que c’est complet ! Interview de Patrick Chesnais pour info-chalon.com

Vous jouez en ce moment « Tant qu’il y a de l’amour », alors que faites-vous pour qu’il y en ait toujours ?

«Question difficile, la réponse est difficile…Je suis très sensible à ce que l’amour circule entre nous, dans la famille, avec des amis, dans le monde en général. Qu’est-ce que je fais ? Eh bien j’essaye qu’on fasse en sorte que l’on sente que j’aie de l’amour à donner, c’est peut-être ça. » 

Avec les soldats aguerris de l’interprétation que sont Marie-Anne et Laurent, avec également la p’tite dernière Valérie, l’alchimie a-t-elle fonctionné de suite ?

« Oui, oui, très vite ça a fonctionné. La p’tite Valérie a compensé son manque d’expérience par une espèce d’énergie, de personnalité, et voilà, c’est-à-dire que le manque de savoir-faire théâtral est largement compensé par une belle présence. » 

Quelle difficulté majeure attend un acteur dans l’exercice de sa fonction ?

« C’est être dans le film ou la pièce. Prenons le film, car beaucoup de films ne marchent pas, même s’ils sont très bons. La difficulté c’est d’être dans le bon wagon, sur le bon rail, dans la bonne œuvre, le hasard enchanté j’appelle ça, qui fait que brusquement quelque chose que l’on a fait rencontre un gros public avec de belles proportions. Avoir du succès, je crois que c’est le plus difficile. » 

Etre compétitif dans une pièce de théâtre dépend-il totalement, partiellement, ou pas du tout, de ses partenaires ?

«Les partenaires sont très importants, c’est sûr. Ca ne dépend pas que d’eux, ça dépend du public beaucoup ; comment on se situe par rapport à lui, comment on est ensemble ou pas, comment on se renvoie la balle,…»

Le public, lorsqu’il se rend à un spectacle, souhaite bien entendu y trouver du plaisir. Sur scène est-ce que cela doit être obligatoirement identique, ou bien est-ce plus sûrement un travail, quoi qu’il en soit, mené dans les règles de l’art ?

« Pour que les gens aient du plaisir, il faut en avoir soi-même. On ne peut pas en donner sans en éprouver soi-même. Plus on éprouve de plaisir en scène, plus c’est perceptible, et plus les gens ont du plaisir eux-mêmes. »

Vous vous êtes énormément mis au service du cinéma et du théâtre. Entre les deux votre cœur balance-t-il ?

« C’est difficile, c’est comme si vous me demandiez si je préférais mon père ou ma mère…Le théâtre, c’est plus sportif, plus physique, c’est plus le déroulé du show dans le temps. On a une réponse immédiate qui est le public, dans le sens où on sent si quelque chose se passe ou pas, et le fait que ça se déroule pendant une unité de temps, une heure et demie ou deux heures, fait que l’acteur est beaucoup plus en prise avec la réalité du show. Il doit sentir lui-même si c’est bien, si c’est moyen, ou pas bien, alors qu’au cinéma c’est beaucoup plus difficile à discerner. Le cinéma, c’est davantage la fabrication, l’utilisation, beaucoup de choses nous dépassent, peut-être pas pour tout le monde. Il y a une équipe, on essaie de construire, fabriquer une œuvre, et personne ne sait exactement ce qu’il en sera, c’est un mystère. »

Pour garder un niveau élevé de jeu et le rendre pérenne, quelles sont les solutions ?

« Il ne faut surtout pas abîmer le talent, ne pas faire n’importe quoi. Il faut le mettre au service de choses qui en valent la peine, donc il faut être très vigilant, parce que même si on a du talent, si c’est mis au service de quelque chose de mineur, ou sans intérêt, médiocre, ça le ternit. Et après c’est très difficile de revenir. Donc il faut faire attention. » 

Quand vous campez un personnage, vous en échappez-vous facilement lorsqu’apparaît le mot fin ?

« Très vite on revient à la réalité, avec l’expérience, j’ai tellement d’heures de vol… Même sur scène je suis aussi dans la réalité, vous savez il m’arrive de penser à autre chose. Je joue, et simultanément pendant quelques secondes je pense au restau où je vais aller après, ou j’ai oublié d’appeler ma femme, ou des trucs comme ça. Pas tout le temps, mais parfois il y a des pensées un peu parasites qui me traversent ! »

Si c’était à refaire, remettriez-vous à nouveau de côté votre ascension footballistique (Patrick Chesnais était promis à l’époque à un avenir radieux NDLR) ?

« Oui, oui, je ne me suis pas trompé je crois. »

 

 Crédit photo : William Let                                                  Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                                 poiriault.michel@wanadoo.fr  

 

 

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