Chalon sur Saône

Elle n'en loupe pas une, Chantal Ladesou, et il faut la voir pour la croire !

Chantal Ladesou a toujours la langue bien pendue, et elle prend un malin plaisir à taquiner plus ou moins irrévérencieusement celles et ceux qui ont eu le malheur de déplaire à sa force de percussion. Vendredi soir, salle Marcel-Sembat à Chalon-sur-Saône (c’était bondé), sa personnalité pleine et entière a –qui en doutait ?- une fois encore permis de faire étalage de sa propension à inverser le cours normal des choses. Tant et si bien qu’on a ri, mais on a ri…

Un style langagier bien à elle et si parlant !

Son one-woman-show se nomme « On the road again ». Soit. Pour cet exode iconoclaste ce sont les chemins de traverse qu’elle aura parcourus en long, en large et en travers. Inarrêtable, un vrai rouleau compresseur n’ayant de cesse de laminer l’existant, afin de renverser la vapeur  en dotant son objectif d’une identité flambant neuve, une dénaturation qui ne doit rien à rien d’autre qu’à son appétence en faveur du démantèlement de l’ordre établi. Dans le quotidien de l’humoriste brute de décoffrage, les occasions sont légion d’inoculer le virus de l’hilarité.

Sa fille, qui l’a élevée au grade de grand-mère, et son Michel de mari. « Quarante-trois ans de mariage, et sans remise de peine ! » A propos du serveur indiquant à la maîtresse femme : »Votre papa prendra un café aussi ? » Ou cette déconsidération : Un jour vous vous réveillez, vous avez un vieux dans votre lit ! » Les oreilles ont dû lui siffler plus que de raison…comme d’ailleurs à Isabelle Mergaut, Line Renaud, Benalla, lesquels reçurent leur volée de bois vert…Descendue à un moment donné dans la fosse, elle jeta son dévolu sur le commun des mortels, qui subirent également ses vacheries. Elle parodie, parfois fait du rentre-dedans, montre de facto l’étendue de son talent. Ses cadets, elle les supporte…à la rigueur !

«J’adore les jeunes, à condition qu’ils ne fassent pas le même métier que moi ! » mais si elle égratigne sans relâche, sa propre personne n’échappe pas au lynchage en règle. Et elle y met autant d’ardeur qu’à l’adresse de ses boucs émissaires. Vigoureuse, elle danse aussi, notamment sur « Sew Bomb ». Tout un symbole…A ce sujet, la région en-dessous de la ceinture devient un facteur aggravant, ainsi qu’une variable d’ajustement…qui met tout le monde d’accord ! Le public, conquis du début à la fin, a abondé dans son sens. La partie à été remportée sans coup férir. Chantal Ladesou a encore frappé fort, en témoigne la standing ovation qui a crédibilisé en fin de course l’ensemble de son œuvre d’un soir. Chapeau bas. Rideau.  

                                                                                                              Michel Poiriault

                                                                                                              poiriault.michel@wanadoo.fr  

   

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