Chalon sur Saône

Richard Berry-Mathilde Seigner, une famille à refonder, et une constante : le rire, jaune, ou en or massif !

Ancrée dans les moeurs depuis x années, la famille recomposée avait par moments des allures de famille décomposée ce dimanche 31 mars à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône. Sous prétexte de « La Nouvelle », une comédie des Théâtrales, la similitude avec une flopée de cas de figure empruntés au quotidien fut tellement palpable qu’inévitablement le contexte, en collant au plus près de la réalité, ne pouvait que faire lâcher du lest au public. Du suspense, de la mésentente, de l’inattendu, des échanges aigres-doux, de l’esprit…un panorama alternant froid et chaud.

Richard Berry, un chef de famille confronté à une tâche quasi insurmontable

Mais aussi, et surtout, grâce à un super Richard Berry au comportement tout à fait plausible dans un rôle où il doit s’employer afin que surnage une autorité naturelle à même d’harmoniser un bon relationnel entre ses fistons et la nouvelle venue, sa compagne qui succède à sa défunte épouse. Pris entre le marteau et l’enclume, la main de fer dans un gant de velours, avec si besoin de la mauvaise foi et un côté faiblard voire faux-cul, des propos échappant à tout contrôle, c’est en permanence que le paternel dut jouer sur plusieurs tableaux, ce dès le repas de présentation, objet de tous les maux ! Mathilde Seigner est Mado, médecin généraliste, la femme sur laquelle Simon (Richard Berry), vingt ans de plus, concessionnaire auto, a jeté son dévolu, amour aidant. Si celle-ci a deux-filles, la descendance de Simon est équivalente en nombre, sauf que ce sont deux garçons. L’un se prénomme Cyril et travaille chez SFR, et l’autre, Axel, a une situation professionnelle bien moins enviable, doux euphémisme, et il est doté d’un caractère exécrable. Cette progéniture est encore très imbibée d’amour maternel, et éprouve toutes les peines du monde à faire table rase du passé, encore plus à ouvrir grand leurs bras et leur cœur pour une inconnue dont ils se demandent s’il n’y aurait pas par hasard tromperie sur la marchandise du fait d’une liaison antérieure à la mort de leur mère…Grandeur et décadence, ces jeunes hommes ont comme tout un chacun leur croix à porter, plus ou moins lourde : séparation, puis réactivation sentimentale pour le jeune papa, en l’occurrence avec l’une des filles de Mado pour Cyril, l’obtention d’un emploi pour Axel , la vie suit son cours…Mado, au comportement plutôt effacé et distancié jusqu’alors, monte sur ses grands chevaux, s’emporte, se métamorphose en furie quand elle apprend ce que mijote son potentiel beau-fils…Ca part dans tous les sens, le verbe est haut, les sentiments, passionnels. Mathilde Seigner, toujours très opérante et persuasive, que ce soit au départ sur un tempo modéré, ou lorsqu’elle perd toute contenance en fin  de parcours. Richard Berry et elle s’entendent comme larrons en foire, ce qui ne manqua pas de provoquer maints gloussements de plaisir chez les spectateurs. Plus encore à l’instant du salut : la standing ovation et le ban bourguignon attestèrent brillamment de leur assentiment.

                                                                                                 Michel Poiriault

                                                                                                poiriault.michel@wanadoo.fr    

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche