Chalon sur Saône

Les Virtuoses étaient touchés par la grâce divine à Chalon...

Ils auraient pu se dénommer les cracks, les cadors ou les as, mais non, ce sont les Virtuoses, Julien et Mathias Cadez, et pour sûr ils n’ont pas usurpé leur rutilante qualification, devant le rendu de leur étincelante copie ce vendredi 12 avril en la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône.

Le public a follement aimé leur prestation haute en couleur, et surtout, leur élégante façon de rendre possible ce qui apparaît impossible aux yeux d’un être normalement constitué. Une somptuosité savamment ouvragée.

La musique n’a pas eu à adoucir les mœurs, elles l’étaient déjà, et la comédie a sorti le grand jeu

Le moins que l’on puisse écrire sur les Virtuoses, c’est qu’ils ne sont pas des masses conventionnels, et qu’il y a une foultitude de raisons pour se faufiler dans leur univers baroque, mais toujours, discipline par discipline, respectueux des fondamentaux. Qui plus est, avec un spectacle sans paroles, hormis les cris d’orfraie comme pour trouer le silence assourdissant dès lors que le piano prenait un peu de bon temps en soufflant.

Le dénominateur commun fut la musique classique et quelques-uns de ses plus grands standards, interprétée excellemment à deux ou quatre mains, sans que les protagonistes ne se prennent à aucun moment au sérieux, ce dans un climat de chahut récurrent. Bien que poutre maîtresse, elle tendait la main à d’autres genres musicaux, à l’instar de la variété : « Les corons » de Pierre Bachelet, un numéro de claquettes sur « Singin’ in the rain »…Puisque les saynètes vivaient leur vie sans mot dire, encore fallait-il que le pantomime se révèle persuasif. Il le fut grâce à son corollaire, la gestuelle humoristique, exerçant son attraction du début à la fin. La théâtralisation s’est d’autre part enrichie de deux sbires complètement barrés, des grooms chargés de mettre davantage de piquant dans des situations qui possédaient de facto un niveau bonifié de lisibilité et de risibilité. L’illusion, la grandiose, a également été adoubée, et ce fut alors des oh ! et des ah ! validant à tous coups l’effet de surprise et l’aboutissement entre les lumières blafardes et les halos lumineux : les flammes voyageuses, l’invasion de bulles de savon, une petite table qui lévite, un verre autonome dans l’espace, un changement de tenue instantané, etc. et même un pianiste dans une position aérienne peu confortable coupé de la terre ferme!

Des métamorphoses peu orthodoxes qui, en convoquant un ensemble onirique, ont comblé d’aise celles et ceux ayant les yeux de Chimène pour un tas d’images fortes et éloquentes, à tel point que d’aucuns ont dû être saisis d’hallucinations au regard de ce qui leur tombait tout cuit dans le bec ! Exemple avec  les trois spectateurs choisis pour êtres des instrumentistes imaginatifs au service du chef d’orchestre, provoquant là aussi des rires. Ce marathon émotionnel méritait bien un ban bourguignon, repris dans le feu de l’action au piano par qui de droit ! Une débauche de réjouissances jusqu’à la dernière seconde…et une soirée qui restera dans les annales.

                                                                                        Michel Poiriault

                                                                                        poiriault.michel@wanadoo.fr

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