Chalon sur Saône

Cérémonie commémorative à Chalon-sur-Saône à l'occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation

À l’occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, une cérémonie commémorative s’est tenue, ce dimanche matin, à Chalon-sur-Saône, devant le monument Résistance-Déportation. Info-Chalon vous fait le résumé de ce moment de recueillement et de rassemblement.

Au début des années 1950, les anciens déportés et les familles des déportés qui n'avaient pas survécu à la déportation ont exprimé le souhait de voir inscrite au calendrier des commémorations une célébration nationale destinée à préserver la mémoire de la déportation.


La loi du 14 avril 1954, votée à l’unanimité par le Parlement a répondu au besoin de préserver la mémoire de la déportation en consacrant, le dernier dimanche d’avril «Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation».


Depuis, chaque année, à l'exemple des autres villes du pays, Chalon commémore cette journée de recueillement et de rassemblement.

Se souvenir des victimes et héros de la déportation


Dans ce cadre, les autorités civiles et militaires de Chalon-sur-Saône et les représentants des associations d’anciens combattants et patriotiques ainsi que de nombreux anonymes ont rendu hommage aux héros et victimes de la déportation, ce dimanche 28 avril, à 10 heures, au Monument Résistance-Déportation, situé Rue du Maréchal de Lattre de Tassigny.


Les dessins de ce monument implanté dans le quartier Boucicaut ont été réalisés par M. Lucien Branchard, fils de l’un des fusillés du Bois de Marloux, en 1944.


Après «Nuit et Brouillard» (1963) de Jean Ferrat, M. Serge Rosinoff, président de l'Association Chalonnaise israélite (A.C.I), a pris la parole en premier.


«Comment avec des mots, nous souvenir de la déportation et de tout ce que ce mot recouvre d'effroi? (...) Peut-on tout dire de l'horreur?», s'interroge-t-il.


«Aujourd'hui, le germe de l'antisémitisme est plus que jamais vivace mais l'obscurantisme frappe partout dans le monde», lance-t-il.


Lors de son allocution, M. Rosinoff a notamment rappelé les tragiques événements qui ont eu lieu récemment dans des églises du Sri Lanka et «hier dans une synagogue de Californie». Il a souligné le but de cette journée : «La lutte contre l'oubli, l'ignorance, la haine et le racisme reste aujourd'hui l'un des combats les plus nécessaires et les plus justes. Gardons toujours à l'esprit que le renoncement aux valeurs de la République conduit toujours au pire» avant de citer le poète et résistant, Paul Éluard (1895-1952) : «Si l'écho de leur voix faiblit, nous périrons».


Ensuite, ce fut le tour de Pierre Loiseau, petit-fils d'un résistant déporté et ancien forgeron à Fragnes-La Loyère, de lire un message rédigé conjointement par la Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP), la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) et les associations de mémoire des camps nazis, l'Union Nationale des Associations de Déportés, Internés de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR).


«Nous renouvelons notre hommage au courage dont ont fait preuve les déportés, en particulier, ceux qui, face aux souffrances de l'épuisement physique auxquelles ils étaient confrontés et à la menace permanente de la torture et de la mort, n'ont pas renoncé à l'espoir et ont su rester des être humains», dit le collégien de 15 ans, renvoyant à la «l'effroyable déshumanisation de ces victimes», évoquée dans le discours précédent par le représentant de la communauté israélite de notre ville.


Et pour terminer, M. Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, qui a profité de cette occasion pour s'adresser aux membres du Conseil des jeunes, présents, ce matin. Ces derniers vont effectuer un voyage en Pologne, qui les conduira, dès mardi prochain, à visiter le camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau.


«Vous allez effectuer un voyage initiatique, dont vous vous souviendrez longtemps. Lorsque vous serez adultes, lorsque vous accomplirez votre devoir civique, à vous de ne pas oublier!» a indiqué, Gilles Platret.


Ensuite, des gerbes de fleurs ont été déposées, suivi un moment de recueillement avant un cocktail à la Maison de Quartier de la Paix, au 26 Rue de la Paix.


Étaient présents dans l'assistance, Mme Marie Mercier, sénateur LR de Saône-et-Loire, Mme Isabelle Dechaume, vice-Présidente URDC du Conseil départemental de Saône et Loire, Mme Nathalie Leblanc, Mme Francine Chopard, toutes les deux conseillers régionales, M. Sébastien Martin, président du Grand Chalon et M. Vincent Bergeret, Maire de Châtenoy-le-Royal, pour ne citer qu'eux.


Cet hommage a également porté un message d’avenir. Celui de faire prendre conscience de l’indispensable solidarité entre les peuples épris de liberté pour l’emporter sur toutes les formes d’obscurantisme, de fanatisme, d’antisémitisme et de xénophobie.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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