Chalon sur Saône

Les urgentistes du centre hospitalier de Chalon sur Saône disent stop !

Ils entrent à partir de cette nuit en grève illimitée et dénoncent les conditions d'exercice de leur métier mais aussi les conditions d'accueil des patients. Les explications d'info-chalon.com.

"100% des paramédicaux", le constat est simple et sans ambiguité possible tant le ras le bol, dénoncé depuis plusieurs années, est arrivé à son paroxysme au sein des équipes notamment paramédicales des urgences de l'hôpital William Morey. C'est un vrai signal d'urgence déclenché une nouvelle fois par les infirmières et aide-soignantes de l'hôpital chalonnais, qui déplorent le "manque de courage de la direction" mais aussi "une vraie prise en compte de la spécificité des urgences". 

Malgré un soutien des organisations syndicales que sont la CGT et Fo, le mouvement de protestation se veut totalement indépendant et sans arrière-pensée syndicale, et nombre d'entre eux revendiquent le fait de ne pas être syndiqués. "C'est un combat inhabituel pour nous, on débute mais c'est pour dire le sentiment qui nous anime" lancent les porte-paroles au nom de leur collègue. Un mouvement qui reçoit le soutien des professions médicales. 

"Des couloirs des urgences parsemés de patients"

"En une année, nous avons que 5 jours sans aucun patients dans les couloirs des urgences". C'est dire l'ampleur de la situation, "avec parfois jusqu'à 18 patients qui dorment dans les couloirs. Et tout ça, faute de lits dans les services, avec des services qui ferment de plus en plus lits". 

"Nous sommes des ajustements variables des politiques de santé"

L'amertume est grande dans les rangs des urgentistes, tant l'hôpital repose finalement sur eux. "Qu'on soit à huit patients dans une nuit ou 50, pour nous les moyens alloués sont identiques. Charge à nous de nous adapter. Nous avons une très forte cohésion, c'est ce qui nous permet de passer à travers les gouttes mais le ras-le-bol est palpable. On a trop tiré sur la corde !". 

Des exigences concrètes

Les urgences réclament deux postes d'aides-soignants par jour et par nuit avec des postes non requalifiés, le remplacement systématique de tous les arrêts maladies, le paiement des heures supplémentaires réalisées par les agents, la création d'un poste d'astreinte infirmier adaptable en fonction de l'activité, la reconnaissance de la spécificité du travail aux urgences par une revalorisation financière de 300 euros net mensuel, la déclaration systématique du Plan Hôpital en tension à chaque situation de crise, l'arrêt de la fermeture de lits dans les services, la titularisation et stagiarisation rapide des agents et un agent de sécurité en poste 24h/24 - 7 j/7.

Des demandes qui ont été adressées à la direction mais également et surtout à l'Agence Régionale de Santé. 

Une question d'insécurité de plus en plus prégnante

Sur cette question d'insécurité alors que suite à plusieurs incidents au sein des urgences, un protocole d'action avait été mis en place, les urgentistes dénoncent le retour en arrière faute de moyens. "C'est simple, pour les plaintes, c'est à nous de se déplacer au commissariat, et évidemment en dehors de notre temps de travail. Sur la question des agents de sécurité, nous sommes passés de 2 à 1 et uniquement de nuit et les jours fériés. Le protocole mis en place a été vidé de sa substance. La question de l'insécurité, de la violence verbale et physique est devenue quotidienne". 

Les urgences prendront dès ce soir des couleurs de protestation même si tous les agents ont été réquisitionnés par la direction et qu'aucun impact sur l'activité n'aura lieu. Les patients ne seront donc en aucun cas impactés. Pour autant, une pétition et différents moyens de sensibiliser le public vont être déployés rapidement. 

Laurent Guillaumé 

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche