Chalon sur Saône

A quelques heures du début du « FESTIVAL ORIGIN'ART », portrait de Rachid Kassi et Jérémy Pirello les deux icônes incontournables du hip-hop chalonnais

Découvrez leur interview, leur rencontre, les rendez-vous hip hop du weekend … et la genèse du groupe ‘TSN’ (Tout Simplement Nous) !

Info-chalon.com propose régulièrement une série de portraits de femmes et d’hommes  de Chalon-sur-Saône ou du bassin chalonnais. A quelques heures du début du « Festival Origin’Art », c’est Rachid Kassi et Jérémy Pirello, de la culture hip-hop qui sont mis à l’honneur. Mieux connaitre ces deux artistes mais aussi, connaître leurs influences, leurs inspirations et leurs modèles…, c’est dans une grande simplicité que ce duo  s’est confié à info-chalon.com :

Jérémy Pirello, pouvez-vous vous présenter ? « J’ai 35 ans, je suis pacsé avec ma conjointe, sans enfant. Je suis danseur et chorégraphe dans la Compagnie ‘Tout Simplement Nous’ et je suis également professeur de danse hip hop au Conservatoire du Grand Chalon et dans quelques associations en parallèle. Le hip hop, c’est ma vie et je vis pleinement de ma passion avec des jeunes et des moins jeunes car je partage cette danse avec des personnes âgées de 7 ans à 50 ans, ce qui m’occupe environ 30 heures par semaine, regroupant entre 150 et 200 danseurs du chalonnais, tout en comptant mon cours adultes dont les adhérents ont entre 25 et 50 ans ».

Et vous, Rachid Kassi ? : « J’ai 45 ans. Je suis marié, j’ai 4 enfants (2 garçons 2 filles). Je suis chorégraphe de la Compagnie TSN, également référent culturel pour le Service Jeunesse de la ville de Chalon-sur-Saône. Je suis conseiller artistique sur les cultures urbaines pour l’Espace des Arts, jury pour le Conservatoire du Grand Chalon (auditions) et je suis expert danse pour la DRAC de Bourgogne-Franche-Comté. J’exerce également le métier d’entraineur de football pour le FC Chalon pour les catégories U 17 ans et pour mon club de cœur l’ACF qui évolue en Régional 3 (séniors) ».

Comment est née votre passion pour le hip hop ?

R.K « Fin 1983, début 1984, nous avons rencontré au quartier quelqu’un qui venait de la région parisienne et qui nous a montré ce qui se faisait en danse hip hop. Je dois dire que nous avons tout de suite accroché. Juste après, il y a eu une émission de télévision sur TF1 animée par Sidney et à partir de là, on a commencé à danser sous les préaux de l’école primaire du Stade. Je dirais donc que je fais partie de la génération 1/2 au niveau hip hop France parce que je n’avais que 11 ans et je suis toujours resté dans ce milieu depuis. C’est important pour moi car le hip hop fait partie de ma vie ! »

J.P « Alors moi, j’ai commencé en 1999 aux Aubépins où je voyais le groupe de danseurs de hip hop ‘Génération Ghetto‘ qui était le groupe de Rachid et qu’il dirigeait depuis pas mal d’années et cette danse c’était une naissance qui me parlait à moi ; un mélange entre la danse, le sport et les acrobaties et donc je me suis intéressé  très vite à ce mouvement. Je me suis informé et là-dessus et le film ‘La Haine’ de Mathieu Kassovitz, a déclenché pour moi ce truc là, de vouloir danser car il y a une scène dans ‘La Haine’ qui a vraiment poussé les danseurs dans un hall à travailler. Moi, j’avais que deux chemins, dans le milieu du quartier, c’était soit de faire du foot et de trainer sur les bancs ou celui de devenir danseur et j’ai choisi de devenir danseur ! ».

Qu’avez-vous fait sur le territoire chalonnais pour faire vivre cette passion ?

J.P « En fait, je dirais que de 1999 jusqu’à 2003, 2004 et 2005, c’est Rachid qui m’a pris sous son aile et qui a fait vivre le hip hop chalonnais. Moi, j’ai fait vivre le hip-hop chalonnais à partir du moment où j’ai commencé à le transmettre, où là, j’ai laissé un message derrière et une certaine pédagogie, c'est-à-dire à partir de 2003 où j’ai commencé mes premiers cours en école de danse officielle et en Maison de Quartier. Faire vivre le hip hop c’est ma raison d’être car j’ai fait de la compétition (battle), du show et de la création et j’ai toujours mis en parallèle l’enseignement parce que j’aime le partage et j’aime transmettre ! ».

R.K « Moi, sur le territoire, j’ai toujours développé l’accompagnement des danseurs avec toutes  les générations qui se sont succédées et c’est vrai que d’une certaine façon, plus eux ils montaient, plus moi je montais aussi, puisque systématiquement je contribue toujours à la montée du hip-hop sur le territoire. Je suis en place depuis le début et puis au niveau de l’enseignement, je tiens à dire, c’est la salle de danse du Stade qui est la salle mythique du hip-hop régional car c’est là pour moi que tout a commencé pour tout le monde. D’ailleurs tous les puristes de danse hip-hop depuis 1984 ont mis les pieds dans cette salle du Stade. Jusqu’à maintenant, les battles et tout le reste se passaient là-bas et cette salle aujourd’hui est utilisée par le Service Jeunesse et cela continue encore à ce jour avec les danseurs du Conservatoire ou ceux qui sont autodidactes ! ».

Peut-on dire que notre territoire chalonnais est attaché à cette discipline ?

R.K «Je pense qu’il y a une grande histoire d’amour entre le hip-hop et notre ville et je dirais même maintenant le Grand Chalon parce qu’il y a vraiment tout ce qui faut : le fait qu’il y ait une énorme collaboration avec le Conservatoire du Grand Chalon, toutes les écoles de danse qui dispensent du hip-hop, le fait que le Service Jeunesse soit un acteur important au niveau de la discipline hip-hop mais aussi l’Espace des Arts avec les projets ‘Let’s Dance’ et ‘Break Storming’ , le CNAREP, l’ Abbatoir… on est une petite ville, une petite agglomération mais  avec une grande histoire avec le hip-hop, je le pense ! ».

J.P « De plus en plus, Chalon devient hip-hop par le nombre de passionnés qui ne cessent d’augmenter depuis des années ! Il faut savoir que depuis 2012 on a été le premier cursus complet et à temps complet en France au Conservatoire, ce qui a généré beaucoup de danseurs car moi j’ai une centaine d’élèves au Conservatoire et toutes mes classes sont pleines. Du coup,  cela a généré énormément de population et je pense qu’aujourd’hui on a un vrai public hip-hop sur Chalon. En effet, il n’y a plus d’apriori par rapport à cette danse car les chalonnais ont compris que la valeur du hip-hop c’est la considération de l’autre et le respect. Je pense que Chalon connait le hip-hop et n’a plus peur de cette culture qui malheureusement fait toujours peur dans certains endroits en France. Chalon-sur-Saône vit le hip-hop comme nous on le vit et il n’y a plus de frontière ! ».

Sur l’événement ‘Break Storming’ quel retour avez-vous eu sur ce festival ?

R.K « Si on a un bilan à faire sur ce festival, il ne peut être que positif parce que quand on a commencé et quand l’Espace des Arts s’est approprié et travaillé pour le hip hop, puisqu’ils le faisait depuis de nombreuses années avec un ou deux spectacles dans l’année, là il y avait la volonté du Directeur de l’EDA, Philippe Buquet, avec son équipe de mettre en avant le hip- hop sur notre territoire. Je pense qu’avec la fermeture de l’EDA pour des travaux de rénovation et l’ouverture du théâtre au Port Nord, sur deux années et avec le projet ‘Let’s Dance’ où le hip-hop était le fil conducteur, c’était logique que des rencontres hip-hop et un festival comme il y a eu avec (rencontres internationales) se déroulent à l’EDA. Sachant que dans l’organisation de ‘Break Storming’ nous avons pu compter sur les plus belles équipes mondiales, un des plus gros jury hip hop, un des meilleur D.J et un speaker exceptionnel ! Donc un retour où il n’y a eu que du positif surtout quand les retours les plus flatteurs viennent de ceux qui ont participé (équipes, D.J …) qui n’ont pas hésité à dire que le public chalonnais est l’un des meilleurs en France ! ».

J.P « Rachid a bien décrit ce festival ! Maintenant moi ce que je peux ajouter à cela, c’est que malgré un public qui était au top, et bien je pense, que les gens n’ont pas idée de l’ampleur de cet événement ! Parce que ce festival là, c’était les meilleurs danseurs actuels internationaux et on a eu  droit à des spectacles présentés par des grandes têtes d’affiches européennes et françaises. Des festivals hip hop comme ça, comme on en avait à l’époque, on en trouve plus beaucoup aujourd’hui et je peux vous dire que cela faisait du bien de retrouver une telle programmation avec ces danseurs et ces nombreux talents qu’il y avait sur cette saison là ! Je pense que même du côté public, au-delà des frontières de Bourgogne, cela aurait pu attirer encore beaucoup plus de monde ! ».

Que pensez-vous de l’entrée du hip-hop comme discipline olympique ?

J.P « Je suis vraiment très mitigé sur la question parce que sur le côté positif, c’est que c’est une valorisation du hip hop et que l’on va toucher un public auquel on n’avait pas accès jusqu’à maintenant. Donc cela va donner une ampleur supérieure, qui est bien pour notre culture, sur cela, il n’y a rien à redire. Maintenant, nous la compétition on la maitrise complètement depuis le début des années 1970 avec les battles, qu’ils vont appeler autrement aux J.O mais nous, c’est quelque chose que l’on maitrise et on n’avait pas forcément besoin de cela pour exister entre nous c'est-à-dire entre acteurs hip-hop mondiaux. Je crains et je ne voudrais pas que cela soit rattrapé par la finance et par le côté commercial mais tout au contraire que cela reste le côté puriste. J’ai peur qu’en 2024, si l’ensemble des acteurs hip-hop sent que le côté puriste (ce qui fait le charme du hip-hop) est toujours présent cela pourra continuer, maintenant si on sent que c’est récupéré par des choses qui ne nous appartiennent pas, il risque d’avoir une rupture ! ».

R.K « Pour moi, je suis également mitigé parce que je me dis que d’avoir une vision planétaire de la culture hip-hop qui n’a peut être plus besoin de l’être, vu que l’on a déjà des grosses compétitions comme les ‘Championnats du Monde’ en France il y a le ‘B-Boy France’, la ‘Break Ligue’ qui tourne au niveau national, on a ‘le Juste Debout’ qui est l’une des plus grosses compétitions au monde. Donc moi, je dis que pour les J.O, si c’est fait pour le hip-hop et par le monde du hip-hop cela fonctionnera. Par contre, si c’est fait pour le hip- hop mais par des personnes qui ne connaissent pas du tout le hip-hop, je pense qu’à un moment donné il y aura deux chemins comme toujours. Mais de toute façon, à ce jour, on ne peut pas être contre cette discipline aux J.O car pour l’instant, on ne l’a pas encore vu ! ».  

Quels sont les futurs enjeux pour le hip hop et que peux porter TSN aujourd’hui ?

J.P « TSN aujourd’hui, je pense que c’est le moteur du hip-hop chalonnais et le meilleur partenaire pour les gros événements hip-hop à Dijon et Chalon avec par exemple ‘Figure de style, HDMI…’ Nous transmettons et  nous faisons vivre le hip-hop régional. Il y a aussi Autun avec Florence qui au niveau chorégraphique fait du très bon travail là-bas. Sur nous, je pense que TSN et Figure de Style, cela reste les plus anciens au niveau régional et l’enjeu d’aujourd’hui c’est d’avoir mis avec Rachid, une formation en place sous format colonie, ou pendant une semaine, une trentaine de jeunes ont mis les pieds dans un nouveau cursus de formation à plein temps de 24 heures sur 24 heures ce cette culture hip-hop. On passe une aventure humaine, basée sur la formation et sur des activités qui tournent autour de tous les aspects du hip-hop. On vit donc ce monde du spectacle avec nos créations car on est toujours sur des créations actuelles avec une nouvelle équipe de danseurs et un spectacle qui sera programmé à ‘Chalon dans la Rue’. Mais on est en parallèle sur la transmission et je pense qu’on a encore un poids en plus avec ce que l’on vient de mettre en place ! ».

R.K « La Compagnie TSN a existé parce que il y a eu un projet qui s’appelait ‘Guet Apens’ déjà au départ qui était une équipe de battles et de shows. Cette compagnie TSN est pour moi une compagnie alternative, qui a ouvert des brèches et des places, pour d’autres et a permis à d’autres compagnies aujourd’hui de s’installer sur le territoire. Tout part de TSN et cela a permis d’enrichir la culture hip-hop sur le bassin chalonnais. Au niveau régional, TSN a une place à part entière et quand on parle des autres territoires, c’est vrai que l’on travaille souvent en partenariat avec ‘Figure de Style’, avec ‘HDMI’, sur de nombreux échanges  tout comme avec Autun avec Florence et sur notre territoire où il y a de nombreuses compagnies. Mais c’est vrai que la compagnie TSN reste pour moi, la compagnie qui fait de la création, du show, des battles et de la formation, nous sommes vraiment présents  sur tous les axes ! ».

Alors justement TSN c’est quoi, c’est qui ?

J.P « TSN, c’est la continuité du 1er groupe qui s’est formé dans les années 1990 qui s’appelait ‘Génération Ghetto’, ce sont des années d’histoires car TSN réellement a été créée en 2006. Cela fait pas mal de temps et maintenant c’est toujours une aventure familiale. On pourrait faire un recrutement avec des auditions comme le font toutes les autres compagnies mais nous, on préfère être basé sur l’échange et nourrir le territoire car on a toujours fonctionné avec des danseurs qui venaient en majorité de la région. TSN, c’est  ‘Tout Simplement Nous’ et on a vraiment voulu s’appeler comme cela parce que c’est une aventure qui nous parle et forcément quand cela nous parle, cela parle forcément à tout le monde, aussi donc, on continue avec nos valeurs ! ».

R.K : « Par rapport à la compagnie TSN, pour moi, ceux qui la compose ce sont principalement des gens qui ont eu un lien ou qui ont un lien avec le territoire car c’est un peu moi, ma politique quand je mets en place TSN ou bien quand il y a eu ‘Génération Ghetto’. Tous les groupes avec lesquels je travaillais, c’est simplement basé sur la proximité car c’est un peu ma marque de fabrique. Donc moi, c’est Chalon et son territoire, on a du talent chez nous, alors pourquoi aller chercher ailleurs si les talents sont chez nous ?        

Quels sont les objectifs de TSN ?

J.P « On a renouvelé l’équipe de danseurs TSN. Il n’y a que moi qui reste comme danseur sur la nouvelle génération qui vient d’arriver puisqu’on a maintenant, tous plus de 30 ans. Maintenant TSN à 35 ans, donc certains ont des enfants, des maisons à construire et des vies d’adulte donc beaucoup de gens ont quitté Chalon. Moi, j’ai la chance de rester sur place et l’objectif de TSN aujourd’hui c’est de faire grandir la nouvelle équipe que l’on a recruté et qui est chalonnaise et d’avancer avec notre nouvelle création qui se nomme ‘Beug’ et que l’on va faire évoluer car c’est notre projet de l’année et que l’on va faire vivre jusqu’en 2020 ! ».

R.K « TSN, c’est la prise de risques. Tout est renouvelé, les danseurs sont de nouveaux jeunes qui sont  issus d’ici et qui sont issus d’une partie pour certains du Conservatoire et pour les  autres qui ont dansé en autodidacte et l’objectif c’est de vraiment faire avancer notre territoire ! ».

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

J.P « Moi, je l’ai la clé de cette rencontre ! C’est en 2001 alors que moi en 1999, j’ai dansé pendant deux ans, dans la Maison de Quartier des Aubépins, sous le Centre commercial des Aubépins et là où je pouvais comme devant  la cafétéria de Géant Casino… On s’entrainait de notre côté et puis il y a eu un événement organisé à Hilaire de Chardonnay. A l’époque où l’on a participé à ce battle, Rachid avait son équipe qui venait du Stade Fontaine aux Loups qui s’appelait ‘Ghetto Famille’ et on a affronté ces danseurs-là, qui étaient très puissants à l’époque, alors que nous, nous étions tout frêles. Rachid a aimé notre authenticité et notre volonté et cela a été la clé de notre rencontre. Après, il nous a proposé de participer et de former un nouveau groupe qui s’appelait ‘Guet apens’ qui réunissait les deux groupes (Stade - Aubépins). Depuis 2001, on a continué, j’ai suivi la pédagogie dispensée par Rachid et en 2006 nous avons commencé à travailler ensemble ! ».

R.K « Au départ je ne voulais enseigner que sur mon quartier du Stade et de sa Maison de Quartier et uniquement à cet endroit là ! Les gamins qui voulaient venir de l’extérieur devaient venir, mais moi je ne me déplaçais pas. Et un jour, j’ai vu Sylvain Chaix qui était graffeur et qui m’a dit « Il y a des petits jeunes aux Aubépins, ils faut les aider, cela serait bien … », moi j’ai répondu non laisse tomber ! Jusqu’à ce fameux jour de battle à Hilaire de Chardonnay où j’ai vu qu’il y avait moyen de faire quelque chose avec eux et maintenant cela fait 18 que nous travaillons ensemble avec Jérémy ! ».

Avec ‘Origin’art’ ce weekend, qu’est ce qui attend le public chalonnais et grand chalonnais ?

R-K « C’est un festival organisé par la ville de Chalon-sur-Saône, mis en place par le Service Jeunesse de cette ville. La Compagnie TSN travaille en partenariat avec l’organisation du battle qui aura lieu ce soir vendredi soir et le lancement du festival avec un spectacle à 19 heures animé par Jérémy Pirello, qui propose une chorégraphie collective où tout le monde est invité. C’est gratuit et c’est sur le site de l’Abbatoir. Ensuite à partir de 20 heures, le festival continue avec 3 battles : 1 battle (1 contre 1 en junior) , 1 battle (1 contre 1 en break sénior) et un battle (Bonnie and Clyde) parce qu’on voulait mettre la lumière sur les femmes car pour nous c’est important, elles ont toute leur place dans notre culture hip hop ! ».

J.P « C’est un festival qui a fait ses preuves l’an dernier, parce que cela a amené pas mal de monde ! C’est un moment convivial, c’est gratuit et cela permet à tout le monde d’échanger un moment, avec la musique et de tester de nouvelles choses. Donc, on se rassemble au lieu des cultures urbaines pour un festival qui va se dérouler sur 3 jours : vendredi, samedi et dimanche, avec des activités multiples : foot free style, BMX, trottinettes, graffitis… Venez nombreux ! ».

Le photoreportage info-chalon

J.P.B

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche