Chalon sur Saône

A peine inauguré que le site de Chalon sur Saône de la Croix Rouge soulève des questions

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour que la grogne se fasse entendre. Les agents du centre de soins de suite et de réadaptation Boucicaut de Chalon sur Saône étaient en grève ce mardi. Les explications de d'info-chalon.com.

Un CHSCT extraodinaire est organisée ce mercredi. Entendez par là, un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, "qui n'a eu de cesse de dénoncer ce qui allait se passer" déplore Eric Largy, délégué CGT du personnel.  "Sur les plans qui avaient été diffusés en amont de la construction, nous avions déjà tiré à plusieurs reprises la sonnette d'alarme mais à l'époque on avait qualifié nos remarques de mauvais esprit" rajoutent plusieurs membres du personnel, interrogés par info-chalon.com. 

"Et aujourd'hui qu'est ce qu'on constate ? Tout simplement ce que nous avions dénoncé à l'époque" rajoute Eric Largy, avant de rencontrer la direction, avec laquelle il avoue ne pas s'attendre à des réponses tonitruantes. 

Une politique de rémunération dénoncée

"On nous a vendu l'eldorado chalonnais comme quoi ça allait être une réponse à notre problématique de recrutement. Aujourd'hui, la fameuse pile de candidatures a fondu comme neige au soleil. Les rémunérations sont scandaleuses" crient en choeur les aides-soignantes interrogées par nos soins. L'une d'entre elles affiche ses 1300 euros net par mois, prime inclue, à temps plein après 24 ans de service. "C'est simple, lorsque des recrues potentielles découvrent la rémunération, elles ne restent pas. On a un métier en tension, et elles n'ont aucune peine à trouver ailleurs, mieux rémunéré". Pour accompagner le déménagement, les agents ont bénéficié d'une prime exceptionnelle de 100 euros par mois "à condition de travailler à 100 % et de ne pas être en vacances", une prime valable la première année et fixée à 75 euros la deuxième année. 

"Les recrutements ne sont pas au rendez-vous, il manque des aides-soignantes et pas moins de 4 kiné" rappellent les membres du personnel, "et l'arrivée à Chalon sur Saône n'a rien changé à l'attractivité". 

Le CSSR Boucicaut survendu auprès des agents ? 

La grogne est plus que palpable alors qu'un prochain mouvement de grève est d'ores et déjà annoncé pour début juillet. En cardiologie, en pneumologie ou en neurologie, "le compte n'y est pas". "On nous a vendu Chalon sur Saône comme la réponse à tout nos maux". "Le centre a été inauguré en présence du Président national de la Croix Rouge et même pas le personnel n'a été invité. Croyez-vous que le Président serait venu dans les étages à la rencontre du personnel" s'offusque une autre aide-soignante. C'est dire que l'ambiance n'est pas au beau fixe. 

Les aménagements incessants pour équilibrer les fonctionnements de service entre la cardiologie et la neurologie sont eux-aussi pointés du doigt, considérant que les besoins en personnel ne sont pas identiques entre les services, "mais on fait comme si les patients étaient pareils". D'autres pointent les dysfonctionnements internes, "une salle à manger inadaptée qui obligent les patients à manger à chambre, une climatisation qui a déjà souffert, une plomberie inadaptée aux toilettes des patients...". En l'espace d'un claquement de doigts, le ras le bol des agents a délié les langues et ils n'entendent pas en rester là. Les agents attendent des réponses de la direction et du CHSCT extraordinaire de ce mercredi.

Laurent Guillaumé 

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