Chalon sur Saône

Le totem du Cénotaphe des sapeurs-pompiers de Chalon-sur-Saône inauguré au Cimetière de l'Est

Mardi soir, en présence de nombreux officiels, le totem du Cénotaphe des sapeurs-pompiers de l'Incendie de 1839 qui a ravagé l'ancienne paroisse de Saint-Jean-de-Maisel, à Chalon-sur-Saône, a été inauguré. Plus de détails avec Info Chalon.

À Chalon-sur-Saône, dans la nuit du 17 au 18 juin 1839, vers 2 heures 30 du matin, la sonnerie au feu puis la générale battue par les tambours, bientôt suivies par le tocsin de Saint-Pierre et de Saint-Vincent, alertent la population, mobilisent les pompiers et les soldats de la garnison.


Le feu a pris dans la vieille église, sur la place Saint-Jean-de-Maisel, tout près du Quai de la Saône. Désaffectée, l'église était utilisée comme entrepôt par les frères Vanel de Lyon, commissionnaires de roulage et de transports sur la rivière. La pompe installée devant le bâtiment ne fonctionne pas correctement, obligeant les riverains à faire la chaîne pour apporter l'eau de la Saône; le feu est si intense que, tout à coup, la grande porte chancelle et s'effondre sur les pompiers et les volontaires accourus en grand nombre. Sous l'effet de la chaleur, le fronton s'incline dangereusement et on se met à crier : «Sauvez vous! Sauvez vous!». C'est la bousculade et les hommes tombent les uns sur les autres . Hélas, le fronton s'effondre...


Très vite, on retire des gravats six corps sans vie et de nombreux blessés. Deux d'entre eux, très gravement blessés, ne survivent pas et meurent dans les semaines suivantes. Il y eut donc au total huit victimes dans ce tragique incendie.


Le lendemain, vers 16 heures, toute la population de Chalon-sur-Saône voulut accompagner jusqu'au champ de repos les six premières victimes et leurs familles. Un long cortège partit de l'Hôpital pour rejoindre le Cimetière de l'Est où six tombes avaient été préparées, les unes à côté des autres. À l'entrée du cimetière, un détachement du 32ème Régiment d'Infanterie forma une haie d'honneur au passage du cortège funèbre. De nombreux discours furent prononcées pour rendre hommage au dévouement de ces hommes pour le bien public, avant que la foule ne se retire en silence.


Rapidement, de nombreuses souscriptions furent lancées pour venir en aide aux familles endeuillées. Le Conseil municipal proposa 700 francs pour payer les funérailles, il ouvrit une souscription publique, laquelle récolta 15 099 francs. Il a été prévu l'érection d'un monument du souvenir et un crédit de 4000 francs fut voté pour l'achat d'une nouvelle pompe et du matériel. Le roi Louis-Philippe — nous sommes sous la Restauration — fit un don de 2000 francs pour les familles des victimes. La Compagnie royale d'assurance, quant à elle, leur versa... 10 francs et 50 francs à la souscription. Le préfet appela les maires à participer à la souscription et attribua deux récompenses de 50 francs pour «acte de courage».


Une commission spéciale de cinq notables fut créée pour prendre des renseignements sur les victimes et dresser les plans d'un monument du souvenir.


Un cénotaphe de 2 mètres de haut et de huit mètres à la base fut inaugurée au centre du cimetière en octobre 1843. À son sommet, on peut lire le nom des huit victimes. Aujourd'hui, ces plaques de bronze son parfaitement lisibles sur le cénotaphe, à savoir Jean Baptiste Dromard, capitaine des pompiers, 60 ans; Jean-Marie Goyet, lieutenant des pompiers, veuf de 67 ans; Jean-François Dupuis, jeune pompier de 29 ans, ferblantier de son état; Jean-Louis Polard, voltigeur au 32ème de ligne en garnison à Chalon-sur-Saône, célibataire de 23 ans; Jean-Jacques Bouvier, également voltigeur comme le précédent, 27 ans; Benoît Gaudillière, menuisier de son état, célibataire de 19 ans; Joseph Jacques Bouvier, également voltigeur de 27 ans, et Pierre Millet, apprenti ferblantier de 14 ans.
Depuis lors, chaque année au moins de juin,les sapeurs-pompiers de Chalon-sur-Saône rendent hommage à leurs valeureux prédécesseurs.


Comme hier soir, à 20 heures, en présence, entre autres, du sous-préfet de Chalon-sur-Saône, Jean-Jacques Boyer, du maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, du commandant du du Centre d’incendie et de secours (CIS) de Chalon-sur-Saône, le commandant Thierry Vuillemin et du capitain Gérard Rochet.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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